Met Barran

samedi 25 février 2017

File chez le coiffeur

Deux chatons blancs comme neige me demandaient de les rejoindre sur le lac noir. J'ai porté mon regard vers l'est.

Il ne pouvait pas dire que la conversation voulait l'exclure, le mettre sur la touche, mais il s'y sentait mal à l'aise (une curieuse démangeaison que le mal-être), trop souvent contré dans ses élans de clarification, quelquefois sonné -tel ce puncheur maladroit qui s'écroule sur le ring. La conversait ne l'excluait pas, elle continuait et lui aussi, enragé de ne pas y tenir le beau rôle-le plus beau, celui de Zorro. Non la conversation qui se déroulait alternant plans courts et longs n'était pas à son avantage. Il retint son souffle, pour réfléchir un bon coup. Celui-ci lui fut fatal, il s'affaissa, comme une masse, sur le tapis. IL était en sueur et k.o.

Ce n'est que justice dans nos sociétés accélérées de voir le trottoirs faire reculer les chaussées, les réduire, les obliger à rétrécir. Dans la langue française il existe une expression un peu archaïsante de nos jours, la voici "battre le pavé". (En marge, cette observation: Tu as le cheveu trop longue, file chez le coiffeur.)

Si tout n'est pas parfait, pourquoi ne pas oser l'hypothèse que la perfection serait soit inaccessible soit lassante.

Allez, cela ne te coûtera pas énormément, un peu de sérieux, tu le sais bien, reconnais-le, dis-nous le donc que l'on ne peut éternellement vivre sous les toits de l'enfance.

Marin d'eau douce, Albin ne se désaltérait qu'aux limonades, qu'il ne cessa jamais de préférer aux alcools et à nombre de stupéfiants stupéfiants. Il lui importait, par-dessus tout, de tenir la barre jusqu'au jour où, du côté de Castelnaudary, une doublure de Nausicaa -qu'il avait prise à son bord-le délivra de son voeu de limonade.

C'était-il en restait encore- un esprit cartésien, une espèce de raisonneur, grincheux et impénitent.Il appela auprès de lui deux assistants, l'une en blouse blanche, l'autre en blouse bleu -lui, bien évidemment, vous l'aurez compris, en portait une de rouge. A l'un des deux assistants, disons le bleu, il demanda de prendre une feuille de papier et d'y tracer une large colonne. Au deuxième de ses assistants, le blanc, il demanda la même chose. Les deux assistants ayant fait ce que leur avait demandé l'homme à la blouse rouge, dont ils étaient, apparemment, les petites mains , se rangèrent tous les deux à la gauche du rouge, le cartésien. Il demanda au blanc (lequel se saisit de son crayon -un conté!-prêt à bondir sur la feuille de papier-il avait choisi du vélin d'arches) de faire une liste de menteurs: des deux sexes, de toutes origines, tous âges et de toutes situations familiales. Ensuite, il demanda au bleu (lequel dans son attente comme dans ses choix et ses gestes imita le blanc -preuve de sa pauvreté imaginative!)-de faire une liste d'arracheurs de dents. Vous m'avez bien compris, demanda-il- à ses assistants? Il entendit un petit oui, un caractère fluet qui indiquait qu'ils s'étaient déjà mis au travail et ne voulaient pas se voir distraire de leur haute mission de dénombrement. Le blanc, colonne des menteurs! Le bleu, colonne des arracheurs-dents!  Les deux assistants, auxquels l'esprit cartésien offrit laboratoire, logement et nourriture (conditions de chère et d'aise qu'ils ignoraient au moment de leur emploi) accomplirent leur mission nuit et jour, pendant des mois, des années. Sept au total. Grincheux impénitent, le rouge n'avait pas manqué (qui peut en douter  s'agissant d'un esprit cartésien) de les obliger à affiner leur listage de menteurs comme d'arracheurs de dents. Mais, arrivé à ce stade de la chroniquette, sans doute voudriez- vous connaître ce qui était attendu de lui, ce qu'il allait faire des deux colonnes si docilement tracées et remplies. L'esprit cartésien chaussa de petites lunettes, il prit dans sa main droite la colonne des menteurs que lui tendait l'assistant bleu, et dans sa main gauche la colonne des arracheurs de dents que lui tendait l'assistant blanc, il compara, jaugea, jugea et donna un tiercé, suivi d'un quarté des plus grands menteurs arracheurs de dents...oh! pardon ARRACHEURS DE CONFIANCE. Le rouge s'était mis à table et demandait aux deux assistants de partager avec lui ce dernier repas.

Deux chiens furieux se disputaient un arc-en-ciel, comme si l'orage leur avait offert cet os céleste multicolore.

On frappe à ma porte. Au moins cinq fois. Je ne m'étais pas précipité. Je ne me précipite jamais. Mais il fallait bien arrêter les coups. J'ai ouvert la porte et qu'ai-je vu devant, moi un revenant déguisé en bonhomme de neige qui me réclamait une poignée d'euros pour se réchauffer un peu. 

Une moquerie dans le dos fait plus de mal qu'une plaisanterie en face.

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vendredi 24 février 2017

Belle aubaine...catalane

Pas si mal que ça...pour un petit pays et pour une langue peu étendue comme le catalan. Peu étendue mais réelle et heureusement bien servie. Rappel en quatre titres -sans commentaires- d'un début d'année 2017 sous les meilleurs auspices:

"9". Recueil de poèmes de Pere Figueres, mis en livre par Esteve Sabench et Mercè  Serrano. Barcelona.

"El Navegant". Roman de Joan Lluís Lluís. Proa Barcelona

"Cants de la Cerdany i el Rosselló". Jordi Pere Cerdà. Editorial Mediterrània. Barcelona.

"La Ballarina de Berlín". Roman  de Joan Daniel Bezsonoff. Empúries.

 

De la poésie, du roman historique et d'aventures, de la chanson traditionnelle, du roman politique et d'espionnage, un plutôt large éventail, non? Aux lecteurs, libraires, maîtres et quelques leaders d'opinion ou plumitifs des marges de faire le reste, c'est-à-dire faire savoir que cette belle aubaine, lire en catalan, existe.

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"Dorm tranquil"

"Carregat, pit, braços i cinturó, de rellotges, encenedors i d'altres  cosetes joies i olors del quotidià travessa, d'un pas decidit, baixet i senyorial, la pipa apagada als llavis, la plaça dita de Llotja. Saludant amb elegància, murmurant per discreció i deixant el tràfec de la dita plaça, entra als bars, a les botigues, als hotels i als despatxos, proposant un article del seu molt ostensiu capital que, no fallava mai, us baratava si se li feia un somriure de bon acull o si se li donava un cigarret o tàbac per omplir el broquet de la seva pipa." Es diu Lluís, Pep, o Manel, no sé! Vè del barri alt de Sant Jaume, va contar-nos un metge del Vallespir, poeta i aficionat a rugbí.

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Sota el porxo d'un castellet, un perdulari recolzat a la paret, amb una bufanda roja entorn del coll, cantava una avemaria com si fos a l'altar  d'una catedral o sobre l'escenari d'un Palau de la Música. Tothom  l'evitava, passava corrents, llevat de Màrius pensant a Gounod o Brahms.

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Algú pot explicar-me perquè les cigales quan es posen a cantar no demanen a cap conjunt de cordes o de coures d'acompanyar-les?

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Si no veus el que vull dir, no t'espantis, no corris a cap oftalmòleg, menja i dorm tranquil.

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Mes l'exagerat feia i més la seva llanterna il·luminava el camí al davant seu i tots els que el seguiren acabaren il·luminats fins a
l'enlluernament que t'impedeix decidir d'on ve tota aquesta llum, del  dedins de tu, o dels afores.

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Hi havia aquell obrer triper que, la jornada acabada, agafava la bicicleta per anar a la seva casa i que passava per l'antiga avinguda
del Camp de Mart, cridant no com un esbojarrat sinó com un emancipat del món interior de l'animal.

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Si encallat tens el magí no beguis més vi i canvia de coixí.

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No es poden passar per alt totes les malifetes de tinta encara que no siguin totes fetes amb tinta roja.

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jeudi 23 février 2017

Programa calçat

 

Dues firmes la "ni Poc ni Massa" i la "Xo i Llo" estudien actualment amb sous trets de bancs de dos paradisos fiscals ("El Tu" i "El Jo") un primer programa de telecomanda per descalçar-nos (de qualsevol calçat: de l'espardenya a la bota) només aixecant una mica el peu, i mitjançant un senyal exterior que llança l'ull dret al dit gros del peu esquerre. Els primers assaigs qualificats "de bastant positius" acaben de ser presentats a la premsa "Silenci, no hi ha mai urgència". Segons va dir Fermi Jotacu - en nom de les firmes i dels magatzems "Les vespilles de la farga"- es pot pensar que no tardarem molt a veure pels mercats els primers exemplars comercialitzats d'aquesta nova telecomanda "que podrem fer servir tant si ens trobem caminant, com asseguts o també ajocats" (aquesta paraula del vocabulari oceller és la que, precisament, va emprar el representant de les firmes). Pel que fa al preu del programa encara no se'n pot dir res.

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Cueillir, effeuiller

Une certaine presse que l'on appelle des "réseaux" annonce que nos paysages vont se remplir de loups, de renards et de blaireaux...Chasse ouverte: à chacun son gibier et son arme. L'opposition crie: des Confettis, oui, des Pruneaux non.

Il becquetait avec plaisir et frétillement d'ailes un petit pain de soleil à la surface du petit bassin de la fontaine. Quel dommage que j'ai oublié mon smartphone!

Il est des écrivains, petits et grands, qui ont besoin d'un code la route, d'autres écrivains s'en passent qui ne seront jamais ni petits ni grands.

Puisque l'on nous prend pour des rigolos, rigolons à en nous en décrocher les côtes à et luxer les zygomatiques.

L'attelage politique et éthique serait un bien beau attelage mais la voie humaine est bien trop cahotique pour qu'il ne verse pas dans les fossés.

Au moins dix minutes par jour soyez légers et si d'aventure on vous le reproche répondez sans hésiter: je vais m'amender.

Soyons excessifs en tout: Pas un mot, pas un regard, pas un geste.

Après le troisième roulement de tambour, ses idées -déjà rangées par trois- se mettaient en marche et il n'avait plus à se soucier de savoir où elles bivouaqueraient. En quel désert, en quelle jungle, en quelle ville rasée ou en construction? Il ne lui appartenait pas de le dire.

Les mots Bienfaiteur, Bienveillant, Bienséant n'ont pas bonne presse est-ce le préfixe Bien qui a le mauvais faciès?

C'est que le voile s'est déchiré si l'amour a viré à la haine.

Une pile de bonheurs est aussi fragile qu'une pile d'assiettes.

Je me crois mandaté pour nous dire: "Ne baissons pas les bras, il nous reste encore tant de fleurs à cueillir et à effeuiller." 

On regrettera, naturellement, qu'en certains endroits le silence ne soit pas fermement et durablement obéi par la parole.

La chatte me fixait depuis un instant, elle me dit, tu vois, cette chatte te connaît beaucoup mieux que tu ne la connais, elle sait, malgré tes yeux baissés, que tu vas remplir son écuelle.

Le fleuve est tortueux, faut-il pour cela en refaire le lit? En rectifier le flux?

Dans  la compétition vers l'An Demain le meilleur et le pire ont les mêmes entraîneurs. Soit, mais cela ne nous dit rien des chances de l'un pour l'emporter sur l'autre.

Si, aujourd'hui, vous me lisez, imaginez que je retire, successivement, un filament roux, un filament blond, un filament noir, un filament postiche (donnez-lui la couleur que vous préférez),oui autant de cheveux -il en est un plus petit et tout poivre-et-sel- qui encombrent les épaules de mon veston et que, devant vous, vous le voyez, je brosse et élimine...

Converser avec son hologramme pour ne jamais être contredit ni coupé.

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lundi 20 février 2017

A les llibreries

 

Una obra pòstuma del poeta Jordi Pere Cerdà (Antoni Cayrol)

a les llibreries

I)

Una edició a cura de Jordi Julià i Pere Ballart de "Cants populars de la Cerdanya i el Rosselló" arriba com un inesperat present cultural i artístic a les llibreries nordcatalanes. "Cants populars dela Cerdanya i el Rosselló" recull prop d'una centena de cançons que, des de finals dels anys 40, Jordi Pere Cerdà (1920-2011) va anar aplegant de boca de pastors, cantaires i gent de muntanya. Aquesta edició inclou els estudis que l'autor va deixar d'aquest material, la transcripció de les seves lletres i la interpretació cantada que ell mateix en va enregistrar (2 CDs). L'afinada sensibilitat del poeta que va ser Cerdà s'afegeix, en el resultat final, al valor de la preservació d'un patrimoni literari, musical, lingüístic i humà arrelat a la història del nostre país." Publicat a Editorial Mediterrània, gràcies al suport del departament de cultura de la Generalitat de Catalunya  i del Consell departemental dels "Pyrénées-Orientales", el llibre (180 pàgines, amb textes de cançons, fotografies i diversos documents) serà presentat oficialment al public pels Amis de Jordi Pere Cerdà aquest dimecres vinent 22 de febrer a 17 h 30 a la llibreria Torcatis, carrer Mailly, n° 10, a Perpinyà .

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2)

Grâce à Editorial Mediterrània nous arrive une oeuvre posthume de Jordi Pere Cerdà (1920-2011) qui nous révèle une dimension moins connue de notre grand poète, conteur, dramaturge et essayste. Celui de son attachement à la chanson traditionnelle dont il collectait les trésors éparpillés et oubliés, depuis les années 50 et dont ce livre "Cants populars de la Cerdanya i el Rosselló" constitue la somme et l'écrin. Cette publication de raison et de coeur, fera l'objet d'une présentation publique ce prochain mercredi 22 févvrier à 17 h 30 à la Librairie Torcatis, 10 rue Mailly, à Perpignan

Au coeur de ce livre de 180 pages avec en couverture un portrait de Cerdà en jeune berger, un travail sans pareil depuis longtemps mis en oeuvre et en relief par deux universitaires barcelonais, Jordi Julià et Pere Ballart. A la fois: matériel d'enquête et fruits de l'enquête. Auprès d'informateurs: dans l'entour parental d'Antoine Cayrol (non d'état-civil de Jordi Pere Cerdà) et de son épouse et, bien sûr, d'autres personnes du département. Un échantillon de 21 personnes, nommées et localisées. Autant de maillons de la transmission d'une part du "cançoner" autochtone. Secrets ou vestiges, précieuses survivances, mises au jour qui plongent leurs racines dans des époques anciennes. Pièces uniques ou variantes, préservées dans un foyer, sauvées par une mémoire. trois exemples: "M'estima més soleta ser", "els fadrins de la Valentona", "Som vingut de llunyes terres".

Au total: 88 titres de "cants" collectés; 43 "cants" avec leurs paroles - imprimées (p 118-179) et enregistrées (24-CD1, 19-CD2), toutes interprétées par... Jordi Pere Cerdà, mais... seulement 7 bénéficiant d'un appoint musical et instrumental. Cette partie explicitée par des notes méthodologiques et critiques des éditeurs, contient une dizaine de photographies. Petite galerie d'ancêtres ou géographie humaine émouvante d'une collecte. Ce beau livre qui s'adresse à un public large, du chanteur à l'ethnomusicologue, en passant par l'historien ou le sociologue, contient également le texte d'une passionnante conférence sur les bergers et la chanson ainsi qu'une présentation de Jordi Pere Cerdà par Jean-Baptiste Para, poète et directeur de la revue "Europe". L'ensemble une contribution essentielle au patrimoine.

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Le grand écart

Au pays des merveilles, d'où j'arrive, aucune ne m'égalait, disait un petit gros fat à un lévrier qui passait au pas.

Ayant cessé de courir après le monde (pour des raisons que rien ne m'oblige à avouer ici), je m'aperçus que celui-ci vraisemblablement fatigué de s'obstiner à me distancer, s'était essoufflé en mille miettes, chacune d'elle  se reposant sur l'un des bords -voire dans l'un des fossés- du chemin de course qui fut les nôtre, se refaisant une énergie nouvelle, sachant que je ne le rattraperai plus, que j'avais abandonné la partie (pour des raisons, disais-je, que je n'ai pas à avouer ici) et donc que je ne le menaçais plus de le faire voler en éclats -si l'ayant rattrapé je l'avais pris au collet-, de l'atomiser, de le pulvériser, de le néantiser; sans doute était-il las (voire haletant) mais tout à la fois heureux de ne pas avoir été la proie de mes mains avides. 

Si l'on parvenait à arracher le Mont Canigou et à la transplanter en mer, une fois construit un pont le reliant à la terre, entre Canet et Saint-Cyprien par exemple, nous aurions une espèce de Mont Saint-Michel.

Bomber le torse, rouler des mécaniques, craner. Ah! que voilà un argot d'un temps bien éloigné.

Gravés sur du marbre, les mêmes vers, font plus épitaphe que lors qu'ils sont imprimés sur du papier.

On aura beau nous materner, nous paterner, nous gouverner on ne verra jamais, nous les pauvres enfants et citoyens protégés, non, nous ne verrons jamais la vie dans le même ton de rose.

Ne tenant jamais en place, frappé de bougeotte aiguë, il n'a jamais pu apprécier le confort, la mollesse, la quiétude de son fauteuil Voltaire.

Il noircissait ses tableaux pour que le commanditaire n'en vît pas les défauts.

Heureusement, chez nous, il n'y a que des grands artistes. Si je vous le dis, c'est que je le sais, car chacun d'eux me l'a dit, confirmé et répété autant de fois que je l'ai voulu..

A son grand étonnement, comment pouvait-il imaginer, qu'ils passeraient à l'acte?, il vit des centaines, quelques milliers de complément d'objet, s'extraire des phrases auxquelles ils s'étaient montrés fidèles, de se regrouper sur les marges qu'ils n'avaient jamais -ou si peu- souillé d'une incorrection, et de là, le bon droit sur le coeur, les compléments par rangées de quatre -plus hurlantes que silencieuses- quittaient dans un si bel ordonnancement qu'on l'aurait dit orchestré, toutes les pages du Livre, arborant des banderoles où lui et tous les siens pouvaient lire " Non, non, non. Nous ne voulons plus être des compléments d'objet." Hors du livre, ils empruntèrent -parfois applaudis parfois conspués- rues et ruelles, places et placettes -évitant tout impasse, coupe-gorge ou pas de porte de boutiquier vindicatif- pour se rendre à la préfecture de la République des Lettres, où après la traditionnelle aubade polyphonique, ils déposèrent au pied de la grille d'entrée une motion réclamant la fin du statut du complément d'objets. "Non, non, non. Nous ne voulons plus être des compléments d'objet". A son grand étonnement, il entendit, s'étant frayé un passage dans ce brouhaha devant la grille de la République des lettres, une dame qui demandait: "Mais au juste, c'est quoi ce complément d'objet?".

Être et avoir été. Serait-ce que l'on appelle le grand écart?

On ne dit des bêtises, aurait du un directeur de station radio, que parce qu'il y a des gens qui en raffolent.

Une tête lourde copine avec tout ce qui est récalcitrant ou réfractaire. Laissez-la se défouler, qu'elle s'allège un peu et ensuite... reprenez-la.

Un coeur c'est comme un oiseau en cage: où il chante ou il s'évade. Où en est le votre à l'instant où vous me lisez?

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samedi 18 février 2017

Le "9" a été célébré à Céret.

Très beau succès ce matin à la Médiathèque de Céret de la présentation de l'opus "9", recueil poétique du créateur catalan Pere Figueres. La manifestation qui a commencé à 11 h s'est déroulé au 3 étage de l'établissement en trois temps. Un premier temps dédié à la présentation proprement dite du livre, en tant qu'objet a insisté Marie Grau qui n'a pas non plous manqué d'éveiller la curiosité de l'auditoire en recensant avec pertinence les traits qui distinguent le poète du chanteur Pere Figueres. Un deuxième temps a vu la lecture, en alternance, d'un échantillon de poèmes par un cercle de lecteurs (très applaudis) et composé de Maïté Barcons, Cristina Giner, Maria López, Guillem Caux, Jaume Pereta, Esteve Sabench, Didier Verdeille. Goût et passion de la poésie: célébration. Dans un troisième temps, Pere Figueres -ému par l'offrande ses lecteurs- a offert à tous et à toutes un joli bouquet de chansons avec lequel il rappelait qu'il était, d'abord, musicien, guitariste et chanteur. Dans cette prestation, qui a été aussi élégante aubade pour Mme Annie Alric, la responsable de la Médiathèque Ludovic Massé, l'invité était accompagné par une jeune et brillante instrumentiste Paola Mauréso- à la bandurria. Un quatrième temps a été occupé à une séance de signatures du (très recherché) "9". Enfin, sacre du poète et de sacour, un apéritif servi en plein air (la matinée étincelait) sur une petite mais magnifique terrasse d'où l'on pouvait voir la cime enneigée du Canigou, le bel arrière absidial de l'église, et un nid orphelin au plus haut d'un platane. Très belle matinée avec les mots de la langue catalane. Celle-là même que trois cérétans servirent durant toute leur vie: Edmond Brazès (1893-1980), le poète, Pere Guisset (1920-2000), l'auteur de comédie et Renat Botet (1922-2012), le lexicographe, l'Alain Rey du catalan.

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vendredi 17 février 2017

Les Adieux de "Blues de Picolat"

Formé au cours de l'année 1993 qui voit la fin de l'expérience de l'hebdomadaire catalan "El Punt" (lancé en 1987 par "El Punt" de Gérone), le groupe "Blues de Picolat"1 devrait tirer sa révérence à la fin de cette année 2017, après près d'un quart de siècle de présence sur les scènes catalans au nord et au sud des Pyrénées. Leadéré par Carles Sarrat, guitariste et chanteur, de belle présence sur scène, il avait relevé le défi d'importer le blues made in America au pays de la cobla et de la sardane, des bords du Mississipi aux bords des trois rivières Tech, Têt et Agly. Opiniâtre, évolutif et innovateur, le groupe a défendu indéfectiblement une qualité musicale puisée aux meilleures sources et associée à la qualité littéraire des textes, des paroles jamais à l'emporte-pièce.  Deux des écrivains nord-catalans les plus solides et créatifs (consultez des journaux récents): Joan Lluis Lluis et Joan-Daniel Bezsonoff y ont prêté leurs plumes impertinentes, malicieuses et poivrées. Des musiciens, parfois changeants, mais toujours aguerris.

 Se faisant connaître par le concert et le disque, les prestations et opus de "Blues de Picolat" méritèrent très tôt le soutien d'un Christophe Driancourt du magazine "Jazzman", ou d'un Donat Putx du journal barcelonais "La Vanguardia", comme celui de journalistes nord-catalans comme Gregroy Tuban et Jean-Michel Collet. (C'est vrai le groupe avait presque pris le son dans les colonnes d'un journal). La revue "Enderrock" l'a naturellement cité assez régulièrement et divers festivals l'ont mis (sur sa bonne réputation) à l'affiche. Mais la musique est rarement une sinécure, tout particulièrement pour qui oeuvre en catalan et sur un petit territoire -ce qui compromet le trop long cours d'une carrière. Celle du groupe de Carles Sarrat est particulièrement honnête et estimable, d'autant qu'elle est jalonnée par un sextet de magnifiques opus. Ce sont  "Ah! Perpinyà- 1996 (11 titres)- Carrer de l' Àngel-1999 (13 titres)-Dona del cami-2003 (12 titres)-Fer-li un peto-2008 (13 titres)-Soul de Picolat-2009 (13 titres)-Àngel de la nit-2012 (13 titres)". Une non négliegable contribution au patrimoine musical et vocal d'un pays, dont nous pouvons, par le miracle de la vidéo et de l'internet, rapprocher quelques pages de nos oreilles jazzy et de nos yeux soul & blues. De la bonne musique habitée, joyeuse et espiègle...

Le groupe "Blues de Picolat" c'est de la bonne cuisine beat & chorus, de la musique habitée, entraînante, expressive, joyeuse et espiègle. Nous en serons -si l'annonce est tenue- privée à la fin de l'année. Mais -et le groupe tient sa promesse- 2017 étant l'année de ses "Adieux" -oui, c'est ça, comme les grands du show-business (et pourquoi pas), nous pourrons encore l'écouter ici ou là. Commençons  par l'ici et bientôt. Dans le cadre des "Cartes blanches du département" une Carte blanche sera donnée à Blues de Picolat" au palais des Rois de Majorque, à Perpignan, le dimanche 26 février à 17 h 30. Bonne nouvelle, n'est-ce pas? Autre bonne nouvelle, l'entrée sera gratuite mais précaution doit être prise vu que sur l'affiche on lit "jauge limitée.

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1) Le mot catalan "Picolat" n'a rien avoir avec le mot français argotique "picoler" = boire (un peu trop). "Picolat" vient de "Picolar" qui signifie hacher (de la viande). Le plat roussillonais dit "Boles de Picolat" (lequel de nos jours existe en conserve) est un plat très cuisiné,  goûteux et nourrissant à base de boules de viande hachée

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L'Opus "9" à Céret, ca samedi

Pere Figueres dont le bouche à oreille ne cesse de vanter les nombreuses surprises contenues dans son premier recueil de poésie sera ce samedi 19 février à Céret. Il y présentera son "9". C'est ainsi qu'il a titré un choix des 44 poèmes de son cru, étapes et miroirs d'un trajet de vie. Ce livre d'une facture à la fois classique et très élégante contient plusieurs allunographies de ses propres travaux sur liège (travail qui dans la capitale du Vallespir ne peut laisser indifférent). Un livre de création, intimiste, qui se mérite. Mais qui a peu à voir avec la science des chiffres et la  numérologie. Si, à Perpignan ce sont deux librairies qui ont tenu à le soutenir, à Céret c'est la belle et dynamique Médiathèque Ludovic Massé  qui a tenu à lui faire écho par la présentation qu'elle propose ce samedi à 11 h du matin. Jour de grand marché, de culture et d'art avec deux remarquables expositions de plasticiens, Jean-Louis Vila chez Odile Oms et Alain Clément au M.A.M.  Ce musée qui a accueilli Pere Figueres dans un hommage à Tàpies, via Joan Brossa; Céret, cette ville de platanes et d'eaux, ou le même Pere Figueres, montra  pour la première fois, chez Marie Dos, ses "kanyataps". Comme à Perpignan, l'opus "9" fera l'objet d'une lecture polyphonique de quelques poèmes et, l'on croit aussi savoir, que le poète y prendra la guitare et fera entendre sa voix. Rappelons que cette année 2017 est celle du 40ème anniversaire de ses premiers enregistrements. N'oubliez jamais (ou renseignez-vous): "els ulls granats d'una morena"...c'est lui.Avec le concours de Marie Grau, Maïté Barcons, Cristina Giner, Jaume Pereta, Esteve Sabench etc...,

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ra servi par un cercle de lecteurs.    

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