Met Barran

lundi 15 octobre 2018

Pourquoi pareille question?

Observateur de la société de son temps, il était effaré par le nombre de chantiers de commémoration comparé  à celui des travaux d'invention engagés. 

Maintenant, mon biquet ainsi que je l'ai entendu dire dans le temps, à toi de choisir: Ou réparer le vase de Soissons ou la cruche de Kleist.

On ne fait pas toujours l'effort nécessaire pour abattre le mur d'a-priorismes qui nous sépare des riras avec un Bernard ou une Sophie.

Les réseaux sociaux? Je suis resté à quai, en loupant le marche-pied du premier train qui faisait tweet tweet. A présent, je roule à pied même si cirer mes chaussures me coûte cher.

Il était d'accord avec Clément qui lui avait dit...je juge que le mot bavardage est trop usé pour continuer à désigner en pleine sécurité "ce qu'ils disent  en bande sur un petit écran"...mais quel autre mot lui substituerais-tu, lui demandai-je...et Clément, que rien ne désarçonne, qu'il soit en position de raison sédentaire ou de raison nomade, me lance... j'aurais beaucoup de plaisir à chasser l'insuffisant au profit de "bavarderie": un mot dont le tonus méridional est évident.

Marier Pierre Dac et Groucho Marx pour le confort intellectuel de mes dernières marches, lui traversa l'esprit.

A la télé les revenants du XX° siècle dont on fait commerce ont plus de gueule que ceux du XVII° siècle.

La rencontre "Egon Schiele Jean-Michel Basquiat" ne doit pas faire bisquer, c'est un magnifique octosyllabe visuel. 

Il était cent fois plus avisé dans l'art de la moquerie que dans celui de la compréhension critique de ce que fait l'autre.

Triade calendaire: jour saint(e) anniversaire. Remember!

Dis, pourquoi, tu ne commémores jamais rien?- Mais parce que je crains de ne pas trouver la cravate convenable. Alors, je me souviens mais je m'abstiens.

L'habit politiquement correct, se taille dans tous les milieux et n'est qu'un habit d'arlequin.

Les fans sont-ils moutonniers? Pourquoi pareille question?

En démocratie parlementaire, quel est le fromage? qui est le corbeau? qui est le renard? Tout dépend, de qui mène le bal, le jacobin? le girondin? ou le sans-abri (apparent) ?

Ils sont combien d'artistes, musiciens ou architectes à attendre la nouveauté pour se mettre à son service. On dirait qu'en nos lieux et temps, la nouveauté se nomme Godot.

Le bruit et la musique ne cessent de jouer à cache-cache.

Ne pas être lu...bof! Tant d'autres qui voient leur prix de papier remboursé sont si mal lus.

Sera bon photographe celui qui finit par oublier qu'une vidéo l'épie.

Il passa sur son âne, sifflotant et son âne, heureux, le jarret sûr.

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samedi 13 octobre 2018

Lignes et points dans un paysage méditerranéen

Lignes et points dans un paysage méditerranéen

(NOTES)

Autour de quatre grands du XX° siècle:

 Victor Brauner, Walter Benjamin, Felix Nussbaum, Sasha Stone

 

En 1940-lors de l'invasion de la Belgique et dunord de la France par l'armée nazie allemande c'est pour beaucoup de résidents autochtones ou étrangers un sauve qui peut qui voit son salut vers le centre ou le Sud de l'Hexagone. Pierre Miquel (1930-2007) a laissé un livre (le premier sur le sujet) qui fait référence référence "L'EXODE 10 mai-20 juin 1940 (Plon, 2003). Pour quelques uns ( fortunés ou pas, des intellectuels, des artistes), le Sud, par exemple le Roussillon, est vu comme une étape pour passer à l'étranger avant d'embarquer ou s'envoler pour les États-Unis d'Amérique du Nord.

 

Un photographe: Sasha Stone (1895-1940) et un penseur: Walter Benjamin (1892-1940)) furent de ceux-là. Hélas! Ils ne purent atteindre le sol qu'ils avaient espéré. Stone y avait émigré et vécu jusqu'à la fin de la première guerre mondiale, il en avait la nationalité, il s'y faisait appeler, dans une équivalence claire comme eau de roches de ses prénom et nom russes Aleksander Steinsapir, pour Sasha Stone, il y connut celle qui devait devenir, à Berlin, sa première épouse: Cami Stone. Le second y était attendu par des amis et compatriotes d'Allemagne, tel le philosopha Theodor W .Adorno (1903-1969)

 

Le premier bloqué, avec sa famille, à Perpignan. Malade, il s'éteignit à l'hôpital de Perpignan...Le second, descendu à la gare de Banyuls- sur- Mer, réussira l'éprouvant passage des Pyrénées à pied... mais arrivé à Port-Bou, sachant perdu tout espoir de passer outre-Atlantique, il se donna la mort dans sa chambre d'hôtel. Deux migrations à travers le territoire français et roussillonnais. Celle de Sasha Stone -le juif russe- long périple par la route. Son véhicule, immatriculé en Belgique, sera caillassé à hauteur de la patte d'oie au haut-Vernet). Celle de Benjamin -le juif allemand-par le train...

 6 août 1940. Mort de Sasha Stone à Perpignan. Il avait 45 ans. (Saint-Pétersbourg-Perpignan)

 26 septembre 1940. Suicide de Walter Benjamin à Port-Bou. Il avait 48 ans. Berlin-Perpignan)

 

"La filière « F » de Cerbère à Port-Bou, organisée par Lisa et Hans Fittko, des militants antinazis, pour rejoindre Lisbonne par Barcelone ou Madrid, est utilisée par Walter Benjamin. Poussé à bout, cardiaque, menacé d’être refoulé par les Espagnols, l’écrivain se suicide à Port-Bou le 26 septembre 1940 : « Dans une situation sans issue, je n’ai d’autre choix que d’en finir »( http://www.cercleshoah.org/)

 

Cette même année Félix Nussbaum (Osnabrück 1904-Auschwitz, 1944) .peintre juif allemand émigré en Belgique va être acheminé vers les Pyrnées-Orientales. Arrêté à Bruxelles le 10 mai 1940 par les autorités belges comme "étranger ennemi", il se voit déporté au camp de concentration de Saint-Cyprien plage. Nussbaum, à la différence de Benjamin et de Stone, qu'il ne connaît pas et ne peut les savoir dans la même tourmente,  fait la traversée du territoire comme prisonnier. Certes les Pyrénées ne seront pas le terme de sa vie. Mais il connaîtra le camp d'internement de Saint-Cyprien. La "(sur)vie" entre mer et barbelés, le sable comme matelas. Pendant ce séjour et pour en supporter la précarité des conditions de vie, il trouve la force de dessiner des portraits et des scènes de sa vie au camp. Sinon tous aboutis en tableaux, du moins nombre dans l'état d'ébauches graphiques. Par exemple, un dessin dit "la synagogue du camp", dont il tirera, en 1941, revenu en Belgique, une huile sur bois de 49,8 x 64,8 cm (avec le même titre). D'autres oeuvres de lui renvoient à Saint-Cyprien: "Dans le camp" (1940), ou "Autoportrait à la clef" (1941) ou encore "Prisonniers" (1942)... L'endurance contre la souffrance, physique et morale.

 

Le "Musée d'art et histoire du Judaïsme" de Paris présenta il y a huit ans une exposition consacré à Félix Nussbaum. Sur la couverture du catalogue est reproduit un Autoportrait peint au camp de concentration de Saint-Cyprien. Des témoignages donc. D'une situation d'enferment. Du style d'un peintre.  Simples croquis de la plage carcérale ou tableaux terminés ou réalisés dans l'atelier bruxellois du couple Nussbaum, pour ne pas oublier, témoignages d'une expérience de la captivité dont Liz Elsby de Yad Vashem (Institut international pour la mémoire de la Shoah) nous dit:

 

" It was here that Nussbaum began to fully understand that, as a Jew, his life – and the lives of the entire Jewish People – were now under existential threat. It was a shattering revelation for him." Liz Elsby "Félix Nussbaum: Self Portraits of a Jew in Turmoll (The International School for Holocaust Studies.)

 

"C’est là que Nussbaum a commencé à comprendre pleinement que, en tant que Juif, sa vie - et celle du peuple juif tout entier - était maintenant menacée de manière existentielle. Ce fut une révélation bouleversante pour lui."

 

 

Nussbaum dut demeurer sur les sables aux grains si peu accueillants de la plage de Saint-Cyprien une ou deux semaines en mai, tout juin, tout juillet ainsi que quelques jours en août. Il tirera profit de la venue d'inspecteurs des camps de concentration pour leur demander un possible rapatriement en Allemagne. Ce sont des inspecteurs de la commission Kundt. "La commission Kundt, de passage à St Cyprien fin Juillet 1940, effectue un décompte par nationalité des internés ; ils établissent un total de 5065 personnes avec une majorité d’Allemand (2675) et d’Autrichien (989)" (http://jewishtraces.org/)

Nussbaum va voir transféré à une caserne de Bordeaux. Il s'en s'évadera dans le courant du mois d'août pour rejoindre la Belgique, sa femme Felka Plater, peintre d'origine polonaise. Le couple vivra clandestinement -continuant à travailler pour vivre décemment- avant d'être pris (sur dénonciation) par la Gestapo. Arrêtés le 21 juin 1944, Félix et Felka, ils sont emmenés le 31 juillet 1944 dans le dernier convoi pour Auschwitz depuis la Belgique. Ils y arrivent le 2 août 1944. Felka y aurait été tuée dès l'arrivée et Félix -pense-t-on aujourd-hui- entre le 20 septembre 1944 et le 27 janvier 1945.

 

Le départ de Nussbaum du camp de Saint-Cyprien a pu plus ou moins coïncider avec la mort de Sasha Stone, le 12 août, à l'hôpital de Perpignan. La "Croix Rouge" acceptant de prendre la dépouille du photographe, sa veuve la ramène en Belgique, plutôt que de l'inhumer dans la capitale roussillonnaise. Sasha Stone n'aura connu que pendant quelques semaines le soleil, le vent, les paysages de la traversée des Corbières et des alentours de Villelongue de la Salanque, où lui, souffrant, et les siens, fatigués, par le voyage, trouvèrent hospitalité, réconfort, gîte et couvert. On ignore le regard qu'il porta sur ls leix et les gens.  On ne sait comment Nussbaum a regagné le plat pays au climat incertain. Il était revenu en confiance.

Sasha Stone comme Félix Nussbaum avaient quitté l'Allemagne, fuyant l'ascension du nazisme, ils avaient trouvé repli et répit en Belgique, à Bruxelles. Peut-être les deux artistes s'y étaient-ils rencontrés à l'occasion d'une exposition, ou d'un spectacle au palais de la Culture de Bruxelles ou au sommaire d'une même revue.  

 

 

("Le nom qu'ils nous ont donné - émigrés - est fondamentalement erroné, car il ne s'agissait pas d'une migration volontaire ayant pour but de trouver un autre lieu d'installation. Les émigrés se sont retrouvés dans une nouvelle patrie, mais dans un refuge en exil jusqu'à ce que la tempête passe - Les déportés, voilà ce que nous sommes, exclus. " écrira un autre exilé, Bertold Brecht (1898-1956)

 Stone quitta à la hâte avec toute sa famille Ixelles-Bruxelles, où elle vivait. A bord d'une automobile prêtée par un voisin. Nussbaum, sera lui arrêté dans la même ville. (Les deux hommes s'y étaient peut-être croisé). Lui ne fila pas vers le Sud, vers la frontière franco-espagnole. Il y fut conduit de force, manu militari, déporté. Un même péril planait sur le photographe comme sur le peintre; tous deux juifs. Ceui-là même qui menaçait Walter Benjamin. Mais ce dernier descendant du train à Banyuls-sur- Mer, comment aurait-il pu savoir que quelques semaines auparavant et à quelques dizaines de kilomètres son ami photographe qu'il cite dans sa "Petite histoire de la photographie"(« La photographie comme art, dit Sasha Stone, est un domaine très dangereux ») et qui avait réalisé un photomontage fameux pour l'édition originale de son livre « EinbahnstraBe" ("Sens unique") venait de mourir. L'Alexandrer Steinsapir dont L'Indépendant avait publié le nom n'aurait pas été, pour lui, celui d'un inconnu.

Benjamin savait-il qui était Félix Nussbaum, son cadet d'une douzaine d'années, allemand né à Osnabrück, dans la même ville que le romancier d"A l'Ouest rien de nouveau", Erich Maria Remarque (1898-1970). Le passager du train Narbonne-Cerbère, lisait-il? Écrivait-il? Regardait-il par la fenêtre défilait les paysages du littoral roussillonnais? Avait-il entre ses mains une serviette? A quoi pensait-il, à chaque station d'arrêt ? A celle de Perpignan, que Dali n'avait pas encore mise sur orbite universelle par son grand tableau "Gare de Perpignan", le "Pop, op, yes-yes, pompier" (1965)? A celle Collioure, cette plage fauve à laquelle Trenet n'avait pas encore offert "La jolie sardane"? Songea-il à la tombe du poète Antonio Machado? Que pouvait-il savoir des camps de concentration de réfugiés républicains espagnols (ouverts dès février 1939 à Le Barcarès, Saint-Cyprien, Argelès-sur-Mer)? Comment appréhendait-il le franchissement des Pyrénées qui se rapprochaient et sa réception par des autorités franquistes? De ses pensées et émotions, nous ne saurons rien.

 Le peintre surréaliste Victor Brauner (1903-1966), juif d'origine roumaine, emprunta lui aussi la route de l'Exode songeant à l'Exil en Amérique du Nord. "Après la défaite de juin 1940 et l'occupation de la France par l'armée allemande, il prend la route de l'exode et se réfugie dans le village de Canet-plage dans la famille du poète Robert Rius." (selon ajpn.org). Dans les Pyrénées-Orientales, il ne demeurera guère plus de quatre mois demi, puisque (toujours selon ajpn.org) il arrive à Marseille le 14 novembre 1940 avec l'espoir de pouvoir, grâce à Valérian Fry (1907-1967), obtenir un visa et embarquer vers les Ets-Unis... Victor est un ami proche de Robert Rius (1914-1944). Il venait de graver un frontispice pour son recueil de poèmes Frappe de l'écho, publié "en mai 1940 aux Éditions surréalistes" comme le rappelle André Balent, dans la revue "Le Midi rouge" de juin 2014. (Frappe de l'écho a été réimprimé ces dernières années). C'est donc dans la famille d'un ami que trouve...cache et refuge. A Perpignan "au n° 26, rue Racine, adresse de la mère (et du beau-père) de Rius. A Canet plage, à la "villa Crépuscule" (assure http://www.robertrius.com) et  à Saint-Feliu d'Amont en résidence surveillée,. Le peintre borgne, depuis une rixe avinée avec son collègue Esteban Francès (1913-1976) sous ls yeux d'un troisième bacchique et peintre Oscar Dominguez (1906-1957), aura l'occasion de travailler pour subvenir à son quotidien dans une papeterie de la très commerçante rue perpignanaise des Augustins, et d'entreprendre, en sculpteur, plusieurs chantiers  dont (son premier) "Congloméros" à Saint-Féliu d'Amont, cette petite commune du Ribéral (où il avait pu aménager  un atelier) qu'il poussa...mais si... dans l'histoire de l'art contemporain.  

Brauner qui ne parvint pas à s'exiler hors d'Europe comme certains de ses collègues. Il lui fallut donc dans les années qui suivirent se déplacer avec prudence pour ne pas être pris dans quelque contrôle ou rafle,quand après avoir quitté le Roussillon, il séjournera en Provence, par exemple. Mais il verra Libération de la France. Et il peignit, en dépit des désagréments de coterie qu'il eut avec le pape surréaliste André Breton, de retour des États-Unis et dont le secrétaire particulier, un certain Robert Rius, lui, resté à Paris et entré en résistance armée (avec La Main à plume) sera fusillé par les nazis le 21 juillet 1944 près de Fontainebleau . "Le Gall" (Coq), c'était son nom dans la clandestinité, comme la rappelé l'historien André Balent. Il n'avait que 30 ans.

Quatre noms: Victor Brauner, Walter Benjamin, Felix Nussbaum, Sasha Stone. Quatre noms qui, à leur corps et esprit défendant, ont laissé des points et des lignes sur une carte nationale et régionale des fuites et des poursuites, d'enfermements et de deuils. L'oeuvre de trois de ces créateurs européens se vit interrompue par le climat tragique, persécuteur, chasseur et assassin de l'époque. L'oeuvre du quatrième, celle de Brauner, put se déployet, en maturité et liberté, jusqu'à la notoriété. Il sera, en 1966, le représentant officiel de la France à la Biennale de Venise. Cette même année, la maladie l'emportera, à l'âge de 63 ans.

Quatre noms qui, diront certains, ont peu à voir avec les Pyrénées-Orientales mais qui tout de même ont à voir avec eux si l'on descend du pic du Canigou en se frottant les yeux. Oui, cette question, des passages et des...fins. Cette question d'ennemis, de fugitifs et de raflés... Question d'histoire, de vigilance, de résistance!

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mercredi 10 octobre 2018

JEAN LABELLIE à SAINT-CYPRIEN

C'est une bien belle affiche que propose la ville de Saint-Cyprien aux amateurs d'art de toute la région en accueillant aux Collection Saint-Cyprien l'un de nos peintres majeurs et doyens: JEAN LABELLIE. Aussi discret que courtois et fidèle en amitiés que ce soit dans son Cantal natal, région où il a laissé son empreinte dans des lieux sacrés, que dans le département, à Perpignan qui le reçut avec honneur en l'Espace Maillol de son palais des Congrès et en Conflent, et dans ce village haut-perché d'Eus, où il a résidence et atelier. Oui, le maître d'Eus, JEAN LABELLIE -le cantalois catalan- à Saint-Cyprien (PYrénées-Orientales). Il y vient avec ses couleurs, ses galets, sa poésie des "carrers" (mot catalan signifiant "rues"), sa philosophie des chemins (et d'un cheminement intérieur). Un monde du silence et de bruissements de rayons de soleil. C'est une longue trajectoire que celle de JEAN LABELLIE, soutenue, davantage  que par des théories, par le plaisir de peindre un oeil sur les paysages d'alentour et un oeil sur leur recréation sur la toile. Une trajectoire également soutenue par son amour de la poésie (et de l'ellipse), de la musique (et de la note juste), du cinéma (et du jouer vrai). La force principale de la peinture de LABELLIE est double: un engagement toujours élégant et -la plupart du temps- serein et joyeux; une liberté de propos dans un langage épuré, loin d'un quelconque naturalisme ou surréalisme.

Le vernissage de l'exposition Jean LABELLIE dont le titre - à orientation philosophique et d'une tonalité d'un autre temps- est l'être et l'essence aura lieu le vendredi 19 octobre à 18 h aux Collections Saint-Cyprien village). L'exposition restera en place jusqu'au 30 décembre et sera ouverte du mardi au dimanche de 14 h à 18 h 30.

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mardi 9 octobre 2018

Joseph Mauréso: Octobre à Alénya

Il est des caves viticoles aussi imposantes et belles que basiliques ou cathédrales. Enlevées par la marche du temps à leur vocation économiques mais sauvées de la destruction ou de la ruine par une requalification fonctionnelle dans le champ de la culture, de l'art et de l'éducation. C'est le cas de la Cave Ecoiffier, à Alénya (Pyrénées-Orientales), que la 18 ème édition du Festival Vendanges d'octobre met en lumière à la fois par les arts de la scène et par les arts plastiques. Les visiteurs, les spectateurs, passée la porte d'entrée, découvrent une gigantesque et vertigineuse architecture, dont la clef de voûte est un puits de lumière. De  l'ancien chai de vinification, il ne reste qu'une imposante carcasse -cela les familiers du festival le savent. Ce n'est plus un sanctuaire du vin, preuve d'une richesse domaniale mais un lieu éphémère offert au talent artistique.

Le lieu est monumental par ses dimensions et ses volumes, la charpente de sa toiture mais n'est pas tout à fait un vaisseau fantôme du fait des survivances d'objets, outils de son ancienne fonctionalité, ces objets (peut-être encombrants) se revêtant d'un statut d'ornement ou de pièce d'un musée d'outillage traditionnel, de rappel d'une circulation du sol à un premier niveau par un étroit escalier latéral à colimaçon en fer, de la permanence de matériaux classiques de l'architecturale rurale méditerranéenne dominée par des galets et des cairons qui donnent aux murs des textures et des coloris particuliers en correspondance douce ou tendue avec les lignes, les formes et les chromatismes des toiles.

 Toutes choses qui sont là et ne peuvent échapper à la lecture spatiale d'un artiste dont la première honnêteté est de verser l'obole à l'hospitalité d'un lieu, par exemple en ne déconsidérant pas l'esprit du local (écho du cycle "du raisin au vin").  C'est une obligation, semble-t-il, lorsque l'on montre son travail hors des sacro-saints lieux d'exposition (musées et galeries). La Cave Ecoiffier qui n'a plus de cave que le nom et un ensemble d'objets et outils, encombrants diront certains mais signes d'un ancien temps, parle bois (charpente), cairo/caillou (murs) et fer (escalier et balustrade)...Elle a une gueule. Avec des dispositions qui mettent à l'aise et d'autres avec des aspérités de nuisances. Traits plus ou moins attractifs, plus ou moins répulsifs qui font que ce ventre de bâtiment n'est pas passif ou muet, et qu'il ne pliera pas au premier assaut de conquête spatiale.

S'il est une belle rencontre dans l'actualité artistique, c'est celle de la Cave Ecoiffier et Joseph Mauréso. Le peintre est habitué à "dialoguer" avec des lieux caractérisés: profanes, sacrés, en désaffection ou recharge spirituelle. Avec des oeuvres qui si elles ne sont pas réalisées in situ entreront néanmoins en résonance avec les spécificité de chacun d'eux. Le cloître dElne n'est pas le fort Bellegarde du Perthus ou le fort Lagarde de Prats-de-Mollo, la ferme "Cal Mateu" de Ste Léocadie n'est pas le cloître d'Elne ou la chapelle Notre-Dame-de Riquer (Catllar). Chacun de ces lieux a permis à l'artiste qui s'y frottait de "dégager" son travail de l'atelier, de le sentir "respirer" différemment, de le voir affirmer des nuances qui, dans d'autres conditions d'exposition, auraient pu être atténuées ou exacerbées du fait d'un manque de surface d'installation, de profondeur, de hauteur, d'éclairage.  

A Alénya, Mauréso est comme sur des petits nuages. Il y donne à voir des oeuvres récentes, de fraîche composition et d'autres réalisées dans un période plus ancienne mais que leurs grands formats ne lui avaient pas encore permis de montrer. Par le nombre de pièces présentées (plusieurs dizaines) et par leur mise en espace et des risques pris au montage, l'exposition est remarquable. Elle l'est aussi par la qualité des peintures (elliptiques, dynamiques, loin d'un tohu-bohu conceptuel, proches des élans de vie). Des pièces aux murs qui ne sont pas unis, lisses comme sur des cimaises classiques, de galeries ou musées (qui tardent, glissons le en passant, à mettre cet artiste très singulier, sur leur catalogue) et des pièces suspendues dans le vide (merci la technique et la nacelle!), pouvant faire penser à des tentures et des tapisseries et composant un choeur plastique sous un puits de lumière. 

Ce sont ses oeuvres qui s'offrent frontalement au visiteur lorsqu'il pénètre dans ce qui est hall et nef à la fois. Les autres oeuvres aperçues, dans le trajet d'un regard latéral, ou dissimulées, par la structure de la salle et la géographie de l'accrochage, il les découvrira par sa déambulation le long du périmètre du sol de la Cave, puis à  l'"étage", auquel il accède par un étroit escalier en colimaçon placé dans un coin. Il atteint alors une tribune-promenoir, bordée sur le côté intérieur par un garde-fou en fer forgé (comme d'ailleurs) l'escalier.  Déambulation (s), riche (s) en stations et en coins de découverte, selon les clartés et les pénombres. La répartition/ disposition des toiles -par alignement mural ou en composition aérienne - force le visiteur à percevoir le travail de Joseph Mauréso (qui ne se gobe pas d'un trait, qui ne se lit pas le nez collé sur la toile) à partir de points de vue différents: de face, en plongée ou contre-plongée, dirait le photographe, et  de l'autre côté aussi puisque le titre donné à l'ensemble par Joseph Mauréso qui lui injecte, du même coup, une dose de poésie et de mystère, est "Et si l'autre côté c'était toi". 

Passée la porte, le regard du visiteur amateur tranquille d'expositions se sent happé par un dispositif gigantesque, un contexte inattendu de présentation, une sorte de théâtralité, une inscription d'un travail artistique fait dans un vaisseau-bâtiment, orphelin de sa raison d'être vinicole, ayant perdu ses fonctionnalités historiques de chai et arraisonné par un artiste contemporain que le rural et l'ancien n'épouvantent pas, édifie son architecture (une partie du moins) sur ces pertes, sur cette absence. requalifiant par iconographie du chaos et de la germination, un retour à la vie, à la lumière d'un lieu qui fut cardinal en une époque bien oubliée de l'économie villageoise, lumière qu'il est légitime que la lanterne magique de l'Art Vivant récupère.

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lundi 8 octobre 2018

"Literatura crítica"

Castanyes,
collides de l'arbre
o arramassades
al seu peu,
despellugades,
la pell dolça
i brillant
per favor!

T'agraden,
les castanyes,
oï?
Crues
bullides
torrades.

Castanyes o
castanyons,
si vols!

Castanyes tendres
aquí,
castanyons secs
allí,
o allà,

sinó allò.
Als veïns de la terra,
-escolteu el brogit
de cassoles i de patnes-
sembla
que la saviesa
de la pau
els desplagui.

Que no veieu,
a cada autumne,
aquests cadavèrics
pilots
de bogues
de cossets,

relíquies castanyeres!


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Presentment treballo, i necessitaré un parell d'anys per a finalitzar-la, a una antologia plurilingüe de texts en prosa del món enter i tots cosits amb fil blanc, mai ningú encara havia portat un projecte tan intrèpid en el camp de la literatura crítica.

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: Les llegendes són contes que encaminen a la veritat. No passis per alt aquest aforisme que passa per àrab.

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Un bri d'intel·ligència t'ajudaria a anar més bé. -Potser! Mes com ho puc saber si ningú no s'acosta de jo per em donar aquest bri.

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Iré a buscar tota la llenya que calgui per fotre-li...- Però, que vols ser un predador de bosc a més de fer-te botxí d'un bípede.

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No t'he vist mai preocupar-te del nostre esdevenidor.- Avui, et diré perquè, tot i pensar que no m'entendràs. L'esdevenidor és una faula. El que visc i vius, en concret, cada dia, els ulls clucs o ben esbatanats, és un avui que esdevé, irreprensiblement, un passat. Allavores...

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La filosofia avui farà migdiada sense roncs.

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 No pas tothom pot trobar tres Lluïses d'or cercant bolets. Troballa que li va canviar el gust de la micologia. Però de bots de monedes no se'n troba sinó els dies fausts en què un grapat d'àngels ha baixat per repartir-ne en claps ben escollits i ben guardats.

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Qui ha vist en un poble del Riberal un batlle a cavall entrar en un dels seus cafès a l'hora de l'aperitiu, no pot considerar absurd que en un poble, situada la Salanca, un burro va muntar (repeteix una llegenda d'un temps remot) sus del terrat de l'església per assaborir-hi lletissó de primera en tota quietud. La llegenda no diu si el burro hi va anar volant i si el seu amo va anar a cercar-lo.

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El sentit comú no hi ha cap remei de salvar-lo del populisme.

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Encarnava en la vida mostrant-se en diferents llocs de la societat i de les seves mundanitats els personatges més malenconiosos de la història del cine occidental. L'ofici (ell negava aquesta paraula per tenir un so materialista) l'havia après entre els seus 10 i 15 anys en una mateixa sala de cine., el lloc i el nom de la qual ara no es recordava.

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dimanche 7 octobre 2018

En libraie: "Estudis Esènics nord-catalans"

FROM PERPINYÀ (CATALONIAN). "Estudis Escènics nord-catalans", n° 5 de la "Col.lecció Aïnes noves" (P.U.P) dont la sortie nous était promise début octobre et qui était attendu "amb candeleta" a été présenté ce samedi 6 octobre à "La Llibreria", 7 place Jean Payrà. Bon vent dans la micro-sphère catalane, où l'on ne pourra pas dire "un livre de plus sur le sujet", tant ce genre de recherches et d'études est maigrelet du côté universitaire comme du côté journalistique.  Ce n° bienvenu pour écarquiller nos connaissances en un domaine populaire mu au fil des vicissitudes socio-linguistiques en un domaine élitiste. Mais nous nous garderons de dire pour "happy few".

Cette publication fort bien réalisée rassemble des travaux sur le théâtre catalan en Roussillon par des chercheurs roussillonnais et dont les éditeurs sont Domènec Bernar et Marie Grau, qui par ailleurs signent la quasi totalité des études de la livraison. A lire donc  (si vous n'avez pas perdu, si vous avez récupéré et si vous venez d'apprendre la langue catalane), à lire bien sûr avant de ranger votre achat sur l'étagère des oublis de votre bibliothèque, sous la plume (je sais ça fait ringard) mais!- de:

Marie Grau: un survol bien documenté sur "Le théâtre catalan joué à Perpignan dans la première moitié du XXe siècle (1903-1955)" (pp 93-116)

Domènec Bernardó: trois contributions essentielles pour qui a le vif souci de la culture locale, d'hier à aujourd'hui : "Perpinyà i les arts escèniques: espais i pràctiques" (pp 81-92), "La Revue Catalane (1907-1921) et le théâtre" (pp.117-128) et "Histoire des arts du spectacle en Catalogne du Nord: quelques documents inédits"(pp 129-).

Complètent ce n° 5 de la revue '"Aïnes noves",

 Michel Adroher avec une érudite et brillante analyse consacrée à une pièce délicieuse de Josep-Sebastià Pons "L’Amor i el papagai adaptació ponsiana de Las Novas del Papagay d’Arnaut de Carcassès: «un exercici literari».

Pierre Grau avec la poursuite de sa fine investigation de la revue-mouvement,"Nostra Terra" (1936-1942), portant son regard cette fois-ci sur le...théâtre.

Des noms connus bénéficiant d'un réel crédit dans leur discipline, ce qui ne peut qu'encourager à les lire.

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vendredi 5 octobre 2018

Boule rouge nasale

La malignité intellectuelle arrive à faire rosir les joues de la malignité juridique.

Comment aurait-il pu imaginer s'enrichir autant et si vite en restaurant et inventant des billevesées? La société sans doute l'attendait, comme l'on dit.

HaHa à Hoho: "Moi je ne sépare jamais de néophobes qui s'empoignent au nom du meilleur des passés"

Où pourrait s'arrêter un penseur profond duquel on n'arrêterait pas le bras de peur le mettre à l'abri de quelque un coup de grisou?

Méfiance! Lorsque ce Monsieur, ou cette Dame vous serra la main du bout des doigts comme par crainte de se les voir briser! Méfiance, c'est un.e tendre! 

Non sans une certaine surprise, j'entrevis un jour en moi, comme juste après un lever de rideau de théâtre, un singe déguisé en clown, ou l'inverse. Cela ne m'amusa pas et, sans m'inquiéter de ce que pourrait dire la direction du théâtre je baissais le rideau après quatre ou cinq grimaces ou quatre ou cinq chutes de la boule rouge nasale.

Visiblement heureux d'avoir trouvé (il avait perdu son habituel regard de caniche mal nourri), il nous demanda de nous taire et lâcha à secouer les murs du brain-storming "Tout ce qui naît de l'esprit n'st pas d'ascendance intelligente!"  

Savez-vous que le Temps des Cerises de Michel Serres a été publié par les éditions Le Pommier?

J'ai trois amis qui ont une passion si ardente du patrimoine qu'ils ne parlent que de reconstruire des remparts, les "si beaux remparts du temps jadis, où nous étions une forteresse, imprenable." La rivière qui coulait au pied du rempart et qui lui avait survécu sourit et entonna un chant de lavandières.

Une philosophie du pot'être serait-elle possible? Heidegger, ne répondez-pas le premier!

Tout n'est pas vrai dans les livres, me dit le premier bibliothécaire qui me conseilla, mais ce sont de vrais compagnons de voyage.

Certains vivent sur des franchises de démoralisation.

Il lui confessa qu'il aimerait bien entrer en saines colères plus souvent si ces saines colères ne l'enlaidissaient pas au point d'effaroucher les siens.

On court, on court, on court...et puis, le visage entre les mains, on martèle "mais où avais-je donc la tête?" 

Mieux vaut une passerelle qu'un mur. Elle facilite la correspondance. Comme aurait pu dire Baudelaire ou Walter Benjamin. Ce dernier disait aussi  (repris à l'intention des boulimiques des expositions)„"Nicht gelehrter sollen die Besucher eine Ausstellung verlassen, sondern gewitzter"., soit dit en français: "On ne doit pas sortir d'une exposition plus savant mais plus sage."

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mercredi 3 octobre 2018

Deux amis à Sant Vicens: AGUADO & DE FOSSA

On ne le sait peut-être pas assez mais c'est une même passion partagée, François de Fossa, qui a scellé en Juan-Francisco Ortiz (guitariste) et de Nicole Yrle (romancière), un couple sans pareil au service du rayonnement de la musique du Haydn de la guitare et non moins maître de Perpignan. Aujourd'hui, tous deux libérés de leurs obligations pédagogiques -lui de Conservatoire, elle de Lycée- consacrent une partie de leur loisir à l'illustration sinon à la défense d'une musique que même les moins de vingt ans... peuvent aimer. Ortiz -le premier en France- à avoir enregistré des pièces du compositeur à l'ombre des garnisons et Yrle -la première également- a extraire lectrice bénédictine une biographie romancée de la monumentale correspondance de François de Fossa avec sa soeur Thérèse. A l'occasion d'un hommage, pour célébrer une anniversaire marquant, ou telle et telle rencontre intellectuelle ou festive concernant ce Haydn né rue de la Pincarda, à Perpignan, Juan-Francisco Ortiz et Nicole Yrle ne manquent jamais , de passionner les auditoires par leur art, leur science et leur élégance.  Ce  prochain jeudi 11 octobre à 18 h, à Sant Vicens.  Deux amis ne pouvaient ne pas imaginer une soirée d'Amitié et célébrer les liens très forts qui unirent le guitariste perpignanais de Fossa  (1775-1849) au guitariste madrilène Dionisio Aguado (1784-1849), de neuf ans son cadet. 

L'histoire ne nous dit pas  si les deux compositeurs se connurent en Espagne ou en France. On ne sait ni où ni quand er comment ils entrèrent en contact Sous le règne de Joseph Ier, Aguado s'était retiré de Madrid à Fuenlabrada, auprès de sa mère. Au retour de Ferdinand VII  sur le trône d'Espagne (retour auquel contribua le capitaine de Fossa qui y gagna même le grade de Chef de Bataillon lors de l'expédition victorieuse des Cent mille fils de Saint-Louis (1823-4) pour son commandement de la place de Molins del Rey, près de Barcelone, Aguado s'exila en France, à Paris. Il y vivait en 1825. Ce doit être durant cette période que les deux hommes, l'Espagnol de 1823, émigré en France et le Français de 1793, émigré en Espagne durent se rencontrer. Par l'entremise de quelque tiers: compositeur (militaire ou pas), graveur, imprimeur, éditeur, libraire, professeur de musique...

Les documents font défaut pour être davantage précis. Ce que l'on sait, c'est que Dionisio Aguado résidait à l'Hôtel Favart. (Fernando Sor y  sera lui de 1827 à 1832). Aguado demeurera dans cet Hôtel jusqu'en 1838 (ou au début de 1839). Sans doute y donnera -t-il des cours de guitare et -imaginons-le- il eut parmi ses élèves une jeune fille qui s'appelait Sophie Vautrin...à laquelle il dédia l'une de ses oeuvres, cette Sophie Vautrin qui, le 29 novembre 1825, devint à Strasbourg , Madame de Fossa. Une interrogation, ici, n'a aucune sonorité d'absurdité: Serait-ce le maître Aguado qui aurait fait connaître à de Fossa une de ses élèves douées? Et il s'en serait suivi une idylle amoureuse...

 

  Ce que l'on sait c'est que  le Journal général d'annonces des oeuvres de musique, gravures, lithographies, etc...publiées en France et à l'étranger, dans son n°8 du vendredi 25 février 1825 signale dans sa rubrique Musique instrumentale

"Six pièces d'études pour guitare, de la composition de M. Aguado. Elles renferment toutes les dificultés qu'il est possible de faire sur cet instrument, et quand l'élève studieux saura les jouer, il pourra aisément se passer de maître. Prix......6-00. / A Paris chez Meissonnier, boul. Montmartre, N° 25."

   Cela nous incline à avancer que Dionisio Aguado serait arrivé à Paris dans le courant de l'année 1824 et que la rencontre avec de Fossa a pu se faire par l'entremise de Meissonnier.Peut-être même se sont-ils rencontrés dans son magasin de musique? La "Prremière Fantaisie" pour guitare seule (OP.5) de Fossa n'est-elle pas dédiée à "Monsieur Antoine Meissonier"?

Aguado et Fossa avaient au moins deux points communs, l'Espagne (Madrid) et la guitare. Fossa qui avait connu l'exil se montra bienveillant à l'égard d'un exilé, d'un déraciné. Il en connaissait la langue espagnole, il pouvait lui être de quelque utilité dans la vie pratique et comme guitariste dans ses recherches musicales.  Une relation amicale s'installa  et se prolongea de 1825 à 1838 (ou début 1839), date du retour de Don Aguado à Madrid.

Il existe plusieurs oeuvres qui concrétisent cette amitié. "El minué AFANDANGADO" avec des variations pour guitare, "Tres RONDOS Brillantes" pour guitare seule, très expolicitement dédicacés à "su amigo Fossa". Et "Recuerdo" dédié par Fossa à Aguado avec cette dédicace (rappelée par le professeur madrilène Luis Briso de Montiano) "Al Señor D.n Dionisio Aguado. Recuerdo de su siempre Af.mo Amigo F. de Fossa, Madrid, J. Campo y Castro, obra póstuma."

 

S'agit-il d'une traditionnelle courtoisie de compositeur à compositeur? S'agit-il de l'expression d'une reconnaissance particulière? Est-ce, par exemple, le témoignage d'une relation plus étroite: de compagnonnage? de collaboration? Cette dernière est concrète et connue connue, c'est la Méthode complète pour la guitare publiée en espagnol par Aguado en 1825 à Madrid, traduite en français sur le manuscrit corrigé et augmenté de la 2e édition espagnole par F. de Fossa, avec préface et annotations.  Serait-ce à la suite de ce travail et en signe de remerciement que D. Aguado lui dédia les oeuvres citées? Fossa ne contribua pas peu à faire connaître le madrilène du public français, comme musicien -et pédagogue .

Voici un fragment de ce que le traducteur dans une rhétorique bien à lui de l'enthousiasme et de l'éloge dit dans sa préface.

« Qu’est-ce que M. Aguado, demandera-t-on […] ? Trente ans d’expérience dans un pays qui est la terre classique de la guitare ; l’habitude d’entendre les plus habiles virtuoses […] ; l’art de s’approprier leurs divers genres sans les imiter servilement ; celui de tirer constamment un son clair et moelleux, tout en variant son intensité, d’un instrument qui devient chaudron entre les mains des dix-neuf vingtièmes de ceux qui en jouent ; en un mot, l’agilité la plus extraordinaire jointe aux notes soutenues du presque inimitable Sor : voilà ce que disent de M. Aguado tous ceux qui ont le bonheur de jouir de son talent, et nous ne craignons pas d’être démentis par aucun des Français à qui la dernière guerre d’Espagne aura procuré l’occasion d’entendre ce guitariste justement célèbre..."

Voici ce qu'écrivait en 1981, Brian Jeffery l'un des grands spécialistes de l'oeuvre d'Aguado (et tout autant -soit dit en passant- de Fernando Sor) soulignera en 1981 l'importance de l'ouvrage: "We may guess that this French translation of the Escuela was the book which made Aguado best known at this time." (The complete introduction to Aguado’s New Guitar Method" 

Quelle fut la dzate de publication de la Méthode Aguado? La Bibliographie de la France annonce dans son n° du mercredi 21 juin 1826:

"SOUSCRIPTION à une méthode complète de guitare, publiée en espagnol par don Dionisio Aguado, traduite en français par M. De Fossa, sous les yeux et suivant l'intention de l'auteur, sur le manuscrit corrigé et augmenté pour servir à la deuxième édition espagnole. In -4° d'une demi-feuille, Imp. De Gaulthier Laguionie, à Paris -A Paris, chez Meissonnier aîné boulevard Montmartre, n° 25; chez Schlessinger, chez Pacini."

Au-desous de l'annonce, mais écrit en toutes petites lettres on peut lire:

"cette méthode comprendra environ 150 planche. Elle paraîtra dans les deux langues. Le prix marqué, soit en espagnole, soit en français est de 30_0/ Les souscripteurs ne paieront leur exemplaire que 12_0"

Dans la Bibliographie... du samedi 30 décembre 1826, on relève

p. 83: "souscription à une méthode de guitare, par Aguado, trad. Par Fossa"; p. 108. Fossa. Souscription, 4128; p. 198:"souscription à une méthode complète de guitare, par don Dionisio Aguado, trad. Par M. De Fossa."

Est-ce, alors, en 1827 qu'a été éditée la Méthode? Cependant si pour 1827, la Bibliographie... annonce la sortie de "Huit petite pièces pour guitare seule d'Aguado", mais ne dit rien de sa  Méthode. La Bibliographie...de 1828 informe de la publication d'une Méthode de Fernando Sor, mais pour Aguado, toujours rien. Alors... en 1829? Mais ne nous perdons pas dans les méandres de la datation et laissons le dernier mot aux historiens et plus particulièrement au britannique Brian Jeffery. Ce dernier retient 1826.

  

Les travaux qui précèdent (sans toute dans une compilation encore incomplète) rendraient difficile la tâche d'un avocat qui voudrait contester l'évidence de l'amitié Aguado-De Fossa, une amitié franco-espagnole. Certes, le retour du premier dans son pays, mit fin à la proximité des deux compositeurs, de fait une proximité intermittente de par la vie militaire du second (de garnion en garnison) qui ne retrouvait Paris qu'à l'occasion de ses congés. La relation ne sera jamais rompue. Elle aura une suite épistolaire. Comme en témoigne la partition intitulée "Recuerdo" sur la partition de laquelle apparaît la dédicace: "Al Señor D. Dionisio Aguado, de su siempre afectísimo amigo".

Comme en témoigne également une lettre que de Fossa recevra de Madrid le 23 mai 1848 et à laquelle il répond le 15 juin (noté par lui-même sur la lettre). Datée du 21 avril  1848, cette lettre  s'ouvre par "Mi muy estimado amigo". Elle fait suite, apprenons-nous, à une visite que lui a rendue lr "Sr Don Lorenzo Garcias", qui est  un parent (cousin) de Fossa. A savoir Laurent Garcias (1779-1889), le banquier député. (Il est mentionné plusieurs fois et à des dates très différentes dans la correspondance de François avec sa soeur Thérèse) . Aguado indique à son "amigo" pour des raisons de santé, il a du interrompre les recherches que de Fossa lui avait demandé de mener pour un chercheur du nom de "M. Picquot". Il précise "nunca podra todo ello valer tanto como lo que M. Picquot pudiera conseguir directamente del poseedor de las obras inéditas de Boccherini". Aguado évoque aussi la commande satisfaite de "bordones" faite par de Fossa, accompagnée par la phrase cordiale suivante: "Amigo mio, por no herir la delicadeza de v. he cobrado el importe de lo que v. me encarga, a los cuales he agregado unos cuantos que yo regalo a v.". Ce n'est point là  un quelconque signe paternaliste ou une figure de rhétorique d'un cadet bourgeois à l'endroit de son aîné, militaire dont les galons ne sont pas dorés à souhait, mais l'expression d'une sincère et élégante reconnaissance à l'endroit d'un ami (et d'une famille) dont la proximité en temps d'exil à Paris lui fut précieuse, tant sur le plan artistique (technique et pédagogique) que sur le plan humain, fait d'estime et de solidarité. " Antiguo, afectuoso y apreciable amigo" sont les derniers mots du corps de la lettre.

Dans un additif le compositeur madrilène fait part à son ami d'un courrier qu'il a adressé à l'une de leurs communes connaissances mais resté sans réponse: "Tengo escrito al Sr Don José Lyra preguntàndole si Sor (1°) dejé entre sus papeles un libro titulado Geneuphonia (2) o tratado de armonia, contrapunto y composicion, el cual presté yo a Sor poco tiempo antes de venirme para que lo leyesa."

Nous ne connaissons pas la réponse de Fossa. Est-ce par un courrier que le Major de l'Infanterie  de Fossa, rendu depuis 1844 à la vie civile, lui aurait adresse le "Recuerdo" -un solo pour guitare (le plus joué depuis son édition contemporaine par Brian Jeffery., aux éditions Tecla.

C'est une bien belle relation entre les deux hommes. Professionnelle  et humaine. Professionnelle même  si certains (comme Josué Guttiérez) écrivent que "Le lien qui les unit doit cependant être compris comme une relation de profonde admiration et de coopération et non comme une réelle affinité entre leurs conceptions artistiques." Ce lien deux entre guitaristes est gravé dans plusieurs de leurs oeuvres, éditées de leur vivant. S'il n'existe pas d'oeuvre cosignée par le madrilène et le perpignanais, à l'image de "Les deux amis", coécrite par le compositeur madrilène et le compositeur barcelonais. Néanmoins on peut imaginer Don Dionisio et M. François répétant ou interprétant des duos, à l'Hôtel Favart ou au domicile parisien des de Fossa (à partir de 1826).

Sans doute, les deux hommes ne se revirent-ils plus, après que Don Dionisio soit rentré dans son pays. Cependant il serait difficile de croire qu'il n'y eut aucun échange entre eux. Ainsi, apprenant la mort de François de Fossa (survenu le 3 juin  1849 à Paris, au n° 23 de la rue Copeau, deuxième arrondissement), Aguado, selon ce que rapporte Matanya Ophee (4) (en s'appuyant sur les dires du luthier madrilène José Romanillos) revoit son testament dans lequel il laissait une considérable somme d'argent à François de Fossa. Il en fait modifier le codicille afin que la dite somme soit versée à la veuve de Fossa, et en cas de décès de celle-ci, à son fils. Admirable geste! Aguado mourra à Madrid, sept mois plus tard, le 29 décembre.

Le guitariste virtuose italien Carlo Marchioni, qui a introduit le compositeur de Fossa au Conservatoire de Musique de Maastricht, consacra en 2004 un CD intitulé "I maestri della chitarra" (Seicorde) à Aguado et de Fossa. Le guitariste non moins virtuose J.-F. Ortiz a toujours eu tout près de son coeur les deux compositeurs. 

C'est cette belle amitié que J.F. Ortiz et N. Yrle célébreront par des lectures et des morceaux de musique ce prochain jeudi 11 octobre à 18 h Sant-Vicens, au quartier Saint-Gaudérique. Les cordes du romantisme vont vibrer entre les foudres de Sant Vicens.

 

1) L'auteur de cette Geneuphonia est  Joaquin Viruès y Spinola (1770-1840).

2) Fernando Sor mourut à Paris le 10 juillet 1839. Sor fut enterré anonyment dans la tombe d'un de ses amis : José de Lira  (ou Lyra) dont Brrian Jeffery nous dit qu'il tait ami de Sor et vivait à Paris. Dans une liste des souscripteurs à la Méthode Aguado, il y a un "M. Lyra", domicilié à Bordeaux

3) La maison où s'éteint le major retraité appartenait à "M. Durand". Certainement le banquier François Durand (1768-1852).

4) Matanya Ophee découvreur de François de Fossa et son premier biographe a publié aux éditions Orphee l'essentiel de l'oeuvre retrouvée du maître de Perpignan. 

 

 

 

 

 

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"I basta"

El mediocre escriptor

va a la feina

igual que el proper Nobel o Sant Jordi,

almenys, constata-ho,

 en té el parer.

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Per alguns espigolaires d'aquesta tardor vinícola, el grial du el nom de gatimell, un nom bonic, cundhet diria el vell trobador, i més enllà del record. El cerquen fins i tot quan el cep ha perdut ses fulles.

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En sentir la talladora elèctrica que escapça les branques de l'arbre envellit em torna a la memòria el bell so del xerrac d'antany, molt més compassat i humà.

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Quan lúbric el replegues per dur-lo al sacrifici de la grabilla, has avaluat el dany que li fas al caragol que, tranquil, passeja després la pluja per herbes o erms que es pensava seus.

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En moltes cerimònies si aquesta categoria d'espectacles t'atreu, potser t'ets avisat de què, quan ve el moment inevitable de l'himne (car no es pot organitzar una cerimònia digna d'aquest nom sense himne), que no tots els llavis es mouen de la mateixa manera, alguns semblen gebrats o cosits,i alguns, del primer rengle, no deixen escapar ni un xiulet sil·làbic, no pas per què no el saben de memòria ni perquè, un dia, d'humiliació, el van renegar, sinó que volen egoistament fruir d'aquest himne que interiorment els hi regalima, entonació rere entonació, sobre el cor, però lluny dels ulls i dels llavis, com en un silenci extàtic.

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Amb la reintroducció dels ossos i dels llops m'ha dit un ecologista ferm com un pal elèctric tornaran les mitologies en les quals feien de protagonista, herois o malvats i meravellaven boscos i muntanyes.

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Fer comerç de raigs de sol no és mestier noble i poètic menys encara. El sol que ens assolelli i ...basta!:

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Quina bona teca deu haver-hi a Barcelona que se la miri amb tanta enveja. 

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Quina bona teca deu haver-hi a Barcelona que se la miri amb tanta enveja?

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Ho tenen ben clar els geògrafs hidròlegs cartògrafs de qui és el riu i de qui és l'afluent! Sigui a l'escala d'una comarca o bé d'un continent!.

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mardi 2 octobre 2018

En veux-tu en voilà...DE l'ART!

 

Arboussols. Prieuré de Marcevol.

La magnifique exposition "Transformations" de Philippe Domergue est prolongée jusqu'au dimanche 7 octobre.  Le Prieuré accueillera ce même jour à partir de 10 h 30 un concert de Jazzebre.

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Céret. galerie Odile Oms, 10 rue du Commerce.

"Mes petits chemins" de JOEL DESBOUIGES  sont à voir jusqu'au 10 novembre 2018. A l'occasion de cette exposition  VoixEditions a réalisé sous le titre "WAZOS" un ouvrage composé d'un texte du poète Jean Pierre Verheggen et de dessins du plasticien Joël DEesbouiges.

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Saint-Genis des Fontaines. Cloître Galerie des Deux Clochers.

Exposition de peintures et sculptures de

 CAROLINE CAVALIER 

PHILIPPE ROUTIER

MANUEL MENENDEZ

Vernissage. Vendredi  5 octobre à partir de 18 h 30  avec le concours musical de Jean-Pierre GRAU. Exposition jusqu'au 29 octobre 2018. Ouvert du lundi au samedi inclus 9h30-12h/14h-17h.

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Perpignan. Hôtel Comfort  & Quality -Centre del Món. 35 bd Saint-Assiscle

Exposition d'un Collectif d'Artistes REGARDS66 dont MICHEL PAGNOUX avec l'estampille "the beat goes on!"

Vernissage. Mercredi 11 octobre à 18 h 30. Du lundi au samedi. De 15 h à 19 h.

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Perpignan. Librairie Torcatis, 10 rue Mailly

Une exposition et un livre VoixEditions

MURIEL VALAT-b

La nuit est usée .

Vernissage. Mercredi 11 octobre à partir de 16 h.  Du 11 au 31 octobre.

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Perpignan. àcentmètresducentredu monde, 3 av. de Grande-Bretagne. Deux expositions

-Les "Isolements" d'ANZO

-Les "Architectures méditatives" de Pierre SOUCHAUD

Vernissage. Vendredi 12 octobre à 18 h 30. Exposition du samedi 13 oct. au 20 déc. 2018. Ouvert du mardi au dimanche de 14 h à 18h.

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Le Boulou. EDA (Espace des Arts), rue des Ecoles.

Une série de toiles de PASCAL GIRARD

Vernissage. Vendredi 12 octobre à 18 h. Exposition jusqu'au 16 novembre.

 

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Perpignan. Maison de la Catalanité. Place J.-S. Pons.

Sous le titre "Tant d'ombres conjuguées"

des peintures et dessins d'ANDRE TORREILLES

Vernissage. Samedi 13 octobre à 11 h . Exposition jusqu'u 23 novembre 2018. Du lundi au vendredi. 9 h-12 h et 12 h 30-17 h.

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Perpignan. Palais des rois de Majorque.

Sous le titre "Lumières du Roussillon"

des peintures et dessins de FRANçOISE WURSTEISEN

Vernissage. Vendredi 19 octobre à 18 h 30. Jusqu'au 9 décembre 2018. Tous les jours de 9 h à 17 H.

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