Met Barran

lundi 22 août 2016

Perpignan port-fluvial

Restaurer un casot au milieu de vignes ou de garrigues, c'est plus que sympa et utile, c'est tout simplement humain. En revanche, flaire sur les plages la présence du burkini nouveau, c'est se donner des allures de chien-truffier.

On ne dit jamais assez combien tout approche de la rentrée (scolaire ou parlementaire) est épuisante. Quand donc votera-t-on une loi accordant, sous le nom de repos anticipatoire, trois jours de vacances supplémentaires?

Il fut un temps où à Perpignan (ne confondre ni avec Pignan ni avec Preignan) germa le rêve fou-fou, mais la plupart des rêves ne le sont-ils pas, de faire de l'ancienne capitale des rois de Majorque libéré d'un corset de remparts jalousés par Carcassonne, une station thermale. A l'image de bien des châteaux d' Espagne, la station s'écroula avant même de naître, avant de briser la coquille graphique du plan pondu par un architecte, oui fou-fou. Mais de quel droit reprocher à quelqu'un l'intention de ramener la mer, notre Mare Nostrum, au pied du Castillet. Un tel droit ne nous étant pas reconnu nous ne lui reprocherons donc pas, un sourire narquois lui suffira comme réprobation. Ville d'eau, Perpignan l'est cependant: une rivière, la Basse, ne se jette-t-elle pas inconsciente effrontée dans le lit du fleuve Tet? Deux cours d'eau. C'est plus qu'il ne faut pour se voir (grand) port-fluvial. Et navigateur, et armateur et amiral. Le décor est planté. On s'imagine tronçon du canal du Midi, rue vénitienne, avenue strasbourgeoise du Rhin, que sais-je, trouvez-donc à ma place... Oui, la Basse est contente. Contrairement à l'avis des nostalgiques de l'âge des lavandières, des égoïstes grincheux qui veulent être, oui, les seuls à jouir des menus plaisirs herbeux et fleuris de ses berges. Contrairement, encore, à la phalange des perce-bedaine de tout désir de changement et de nouveauté. Contente... mais pas toujours, car la fluvialité n'est pas l'antique bobonne à vous obéir au doigt et à l'oeil. Il pleut, il pleut pas. Ça monte et ça baisse, baisse, et on racle le fond. Les barques s'ennuient. Elles sont impatientes de naviguer.  La capitainerie, le doigt pointé, vers le large s'interroge, s'inquiète et s'alarme. C'est qu'il faut ramer et glisser. Et, pour ramer et glisser comme il se doit, il faut le niveau ad hoc d'eau, cherchez le robinet vous dira-on sous les fenêtres de la Préf. et du Départ. Ça remonte...Mais ramer et glisser sur une Basse aux eaux rehaussées et loyales au ciel et à l'homme, sur un tapis de taches d'ombres et reflets de lumière, même sans mandoline ou fifre, sans roucoulades savamment rythmées ou lestes assauts sous des lampions sang et or, ah! ce que c'est chouette! Hélas! Ce n'est pas encore demain que l'on verra Perpignan sacré port fluvial, à l'image de ce qu'est (publicités volontaires) Castelnaudary ou (destination pour les romantiques les plus exigeants) Le Somail audois. Inutile d'inciter. Inutile d'appeler Perpignan et les Catalans à faire encore des efforts. Quand on ne peut pas, on ne peut pas. Même en eau douce, rares sont celles et ceux qui montrent un pied marin. 

La vie des petits commerces nous montre qu'il est plus aisé de baisser un rideau que de le lever, quels que soient le matériau et le design du rideau. 

Deux médailles d'or dans une corbeille de pré-mariage cela vaudrait un tube post-olympique.

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dimanche 21 août 2016

"Un xic més"

Aquesta estúpida mania  d'imposar als qui ens són aliens i no volen imitar-nos, els nostres gustos, els nostres costums, els nostres  desvaris, quan ens ha costat, costa i costarà.

Els que manen pel món, creus tu, que es preocupen de si vas bé o no ? Altres conills i llapinots travessen els seus somnis.

La gent petita, de mida i no d'ètica, empren sempre, almenys el temps d'una il·lusió, d'enaltir-se amb els recursos que troba al seu voltant, la gent gran, no d'edat sinó de mida, ben poqueta s'atreveix a  disminuir-se, a rebaixar-se, orgullós del seu privilegi el manté a la  bona alçada i si, al seu entorn, veu un seti qualsevol, hi puja per exalçar-se un xic més.

Sobre la gramola dels anys, unes paraules s'han emmudit i d'altres xisclen.

Un vell militant em va dir, jo el que més m'agrada és la batalla, no pasel triomf de la meva causa, sols la batalla m'abrasa i em tiro a ella per donar i rebre cops, si la pugna és la meva passió, no m'importa el que anomenes "la teva causa" i el seu estol, jo tinc menester d'esbarjo, d'enfurismar-me i de gastar energia, de pellejar-me amb qualcú, tu si  per cas, si discrepes de les meves passions.

D'una idea a la seva realització, sigui només parcial, quants barrancs i entrebancs? I us estranyeu, Sr. Ventafocs, de la dimissió de columnes
d'intel·lectuals?

No sempre saps on vas amb la carretera que agafes però mai no t'equivocaràs sobre la teva destinació en agafar,  no pas una calçada sinó un riu.

S'ha de fer ballar una llengua. Ara bé tot bípede que escriu no sap automàticament ballar. A més, de balls n'hi ha un nombre gairebé  infinit, i no pots saber-los tots. Escull el teu ball, i balla. Que  seran les rialles dels acadèmics o dels qui no poden viure sense mamar  l'última moda o recepta coreogràfica, si tu et diverteixes i fas paper de poeta, de savi, de dia vivint dintre d'un barracot i de nit dintre  d'un Castellàs.

 No es pot debatre amb qui et vol batre. L'argument, si, la pistola, no!

Fent un balanç de vida, el Sr. Ventafocs, conclogué amb dos mots a peu de pàgina: fatalista sortós.

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samedi 20 août 2016

Zig et Puce par Mézigues

Zig traverse la rue et repère un banc de pierre sous une charmille. Il voit quelqu'un qui y est déjà assis, il s'approche et reconnaît Puce, qu'il n'a pas vu depuis un certain temps. (Trop long temps sans doute.) Mais, Puce paraît endormie. Zig, taquin comme à son habitude, lui souffle au visage. Puce entrouvre alors un oeil et vois, devant elle, Zig, un ami parmi beaucoup d'autres. Elle ne dissimule pas son plaisir à le retrouver, souvenir de peau hospitalière,  et l'invite à s'asseoir à côté d'elle. Elle lui fait un peu de place sur sa droite. Ainsi l'un tout près de l'autre, ils pourront converser... Assis, le dos confortablement appuyé sur le dossier du banc de pierre, Zig s'adresse à elle  par ces mots "Ce que t'es belle, aujourd'hui!". Puce qui n'est pas sainte nitouche lui sourit et en souriant découvre une échancrure dans la chemise de soie que porte Zig, deux boutons ont du craquer dans une précédente mission de Zig le Débonnaire. Zig, comme s'il pensait que Puce ne l'avait pas entendu, répète "Ce que t'es belle aujourd'hui, ma puce!". Puce, se rapproche de son épaule et lui dit" Mais, Zig, tu me dragues, ou je me trompe?". Zig ne répond pas. Mais on devine que sous sa chemise de soie partiellement entrouverte sa peau a été traversée par un étrange sentiment. Zig ne sait pas quoi répondre, il hésite (de fait, il hésite toujours depuis qu'il a été séparé de son frère jumeau Zag), mais ne s'écarte pas de Puce. Puce, exploite à son profit cette hésitation et, téméraire comme le sont toutes celles de son lignage, se laisse tomber de l'épaule de Zig sur sa poitrine où elle se pose tendrement. Puis, sans articuler un mot, se faufile par l'entrebaïllement de la chemise de soie et commence une ronde d'exploration, vaillante et précise. Zig, les yeux ailleurs, ne s'attendait à une pareille démangeaison amoureuse. Il avait depuis le temps, trop long temps, assurément, oublié les talents de Puce, passionnée de luge et d'escalade. A petits pas (comme on l'apprend dans sa famille), Puce la Visiteuse  se joue de lui, elle erre, insatiable, s'accroche où bon lui semble et satisfait son besoin. Sous la chemise de soie, Puce fait son miel aux dépens de Zig (bien perdu depuis qu'il a été arraché à son frère jumeau Zag). "Il n'avait pas qu'à me me dire "que t'es belle, aujourd'hui!!". On ne parle pas ainsi à un être vivant, sensible et réactif comme moi. Zig l'a fait à ses risques et périls, il a accepté mon invitation à me rejoindre sur le banc de pierre, et bien à présent qu'il me chasse de chez lui qu'il se gratte". Zig que les débordement amoureux de Puce ont fait se lever du banc de pierre sous la charmille où ils s'apprêtaient à converser, le voici torse nu et agité, il  s'épuise à pourchasser Puce qui le lutine et il gratte, gratte  cette peau de mandoline qu'elle aime tant. Elle gratte du cou au nombril, de la nuque à la taille, fait le tour de cette dernière, sans parvenir, heureuse Puce,  à l'exiler ou à l'occire d'un solide coup de pouce. "Je t'aime"- dit, en voix-off, Puce. -"Moi, pas!" lui répond, en écho, Zig qui cherche à cacher sous une capuche de coton une tête honteuse.  Puce la Libertine, câline et maligne a rejoint son banc de pierre sous la charmille et sous son masque extraordinairement bien travaillé de belle endormie attend."Tiens! Quelqu'un traverse la rue et vient vers moi..."

Extrait de " Les petits contes  sans queues ni têtes de Mézigues" par Mézigues

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vendredi 19 août 2016

Patrimoine

CELA PEUT ET DOIT S'APPLIQUER AUX PERSONNES DE CHEZ NOUS COMME AUX DEMEURES QU'ELLES HABITENT ET IL NOUS A SEMBLÉ  BON DE LE RAPPELER AVANT LES BIEN INDISPENSABLES JOURNÉES DU PATRIMOINE (SACRIFIÉ?) ET DE LE RAPPELER EN OCCITAN PUISQUE L'ON A, PAR UN TOUR DE MAGIE NOIRE CRUCÉIFORME ET DEM0CRATIQUE, PLACÉ CES GENTES DEMEURES ET CES BELLES PERSONNES, ET SANS DOUTE VOUS ET TOUS MES CHÂTEAUX,

 

EN OCCITANIE...

 

"PRAOUÈ , DROLLE, SABES PAS çA QU'EI QUE LA GUERRO"

 

 

"POULIT DEHORO, LED DEDENS"

 que nos diu aquet tipe

Occitanian is not Catalonian

alé en ten pas prou i en posa

un bri més,

xarlatàn ni la filla ni la casa te donaré si m'ajudes pas a rebossar la capelleta consagrada a maria castanya abans del deseset de setembre.

Mais qu'est-ce qu'il dit celui-là?

QU'IL N'EST PAS BEAU DE RAYER DE LA CARTE ADMINISTRATIVE UN PAYS, HIER, BÉNI DES DIEUX QUI NE PARTICIPENT PAS AUX JEUX OLYMPIQUES À RIO.

Fin de l'épisode (patrimonial).

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mercredi 17 août 2016

Orages et mots tendres

Est-ce donc ainsi que les hommes vivent acceptant que la nuit suive le jour, et que les orages expédient le soleil à ses chères études des rayons d'or, est-ce donc ainsi que les hommes vivent sans se demander pourquoi nulle rivière ou nul fleuve ne rebrousse chemin pour retrouver la sécurité de sa source maternelle, est-ce donc ainsi que les hommes vivent, à pas comptés. A quoi bon, alors, que les bouts de silex deviennent boutons de rose?

Nous ne sommes pas tous aimantés avec la même force par le probable.Aucun coeur ne supporte d'anti-vol. Le sentiment amoureux l'en remercie.

En cette contrée de maïs et de tournesol, il est des silos qui se rêvent cathédrales et qui en prennent les signes architecturaux extérieurs.

Je lui ai dit "attends-moi" et encore une fois (ce sera certainement la dernière) c'est moi qui l'ait attendue. Qu'a-t-elle eu dans la tête?

J'étanche la soif de mon troupeau de sornettes à l'étang du n'importe quoi. Que celui -ou celle-qui ne me croirait pas, fasse l'effort de me suivre et il- ou elle-verra.

Non, aller jusqu'au musée de Mirande, capitale de l'Astarac, pour revoir pour la nième fois, la canne de Toussaint-Louverture, ce n'est pas un voyage inutile. Est-ce que je juge vos pérégrinations?

Il n'est de grand héros qui ne soit né de la plume d'un génie.

Je garde quelques pierres de trois ou quatre de mes rêves écroulés.

Le Je est cette broussaille dont on parvient rarement à distinguer les baies des ronces.

A se vouloir à mille lieues de l'avoir, l'être non seulement y perd la tête mais y a brisé ses jambes.

S'amuser à philosopher n'est pas de la philosophie, c'est laisser pointer le groin de son rien.

Tout n'est pas bon à dire, dans ce cas indiquez moi ce que je mets dans la colonne A-Ce qu'il est bon de dire, et dans la colonne B-Ce qu'il n'est pas bon de dire. Et je verrai si je dispose d'assez de mots pour dire ce qu'il est bon de dire.

Les notaires, pourtant gent d'écritures, n'ont guère de droits littéraires au délire.

Si vous dites qu'il n'y a de musique que religieuse ou militaire -je veux dire d'attroupement ou de communanuté-il y aura toujours quelqu'un de blessé pour vous claironner que ce n'est pas vrai, que vous n'avez pas d'oreille, que vous êtes surréaliste. Mais mieux vaut ne pas répondre à ce desperado solitaire.

La nuit était si fraîche qu'il la croqua comme un fruit pris à l'arbre même. Sa bouche alors libéra des colombes baguées de mots tendres.

Si, ici, je mets un . n'en tiens aucun compte, ce . n'est pas le vrai. final, et si tu cherches celui-ci, alors remonte plus haut, comme si tu montais par un escalier, bien plus haut, et tu le repéreras, si tu as le bon flair, sous la forme d'un . d'interrogation.

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lundi 15 août 2016

Plus qu'une promesse

Une libellule est une libellule, mais si tu en fais une métaphore elle peut s'imaginer gros insecte et tu verras son ventre grossir grossir de tout ce qu'elle croque et gobe par-ci par-là dans son monde de talus, de haies et de broussailles.

Les hommes de droit devraient avoir le courage de le dire, il n'existe pas de GPS de la Vérité.

Quand le temps a l'insolence caniculaire, réponds-lui par des promenades matutinales, quand l'aube n'a pas encore sorti le savon à barbe pour raser les derniers poils de la nuit.

Je n'ai rien contre le tourisme cathédral, ecclésial ou conventuel, mais il est tout de même... j'allais dire comique mais cela ne l'est pas tellement...curieux de constater le peu de passion pour le bénitier, on ne le voit plus, on ne se signe plus, on n'infléchit plus le genou, on ne sait plus si le sacré est fait de marbre ou de plume...

D'Artagnan n'en revient pas de toutes les festivités et les monuments qui lui sont dédiés en son pays natal, le Lupiac gascon. Ce que l'on ne sait pas (comment veux-tu qu'on le sache si tu ne nous le dit pas, mordioux, et patate). C'est qu'un éditeur roussillonnais y a pris -indirectement-sa part, Balzac, l'éditeur de l'actuel D'Artagnan de référence dont l'auteur est l'historienne gersoise Odile Bordaz, d'ailleurs présente dans la bonne ville de Lupiac qui, ce der nier 14 août, accueillait le roi Louis XIV en ses murs et s'était changée en en hollywood du cape et d'épée. Autre personnalité présente, la sculptrice Daphné du Barry, à laquelle on doit  le fougueux D'Artagnan à cheval qui, depuis déjà, un an trône au milieu de la place de cette localité de 314 habitants, ou 315 si l'on compte le mousquetaire qui y vit le jour. Tout, à Lupiac, est d'Artagnan dans la veine du rendons à César ce qui revient à César. Cela commença par un musée, c'est en 2016, un Festival cinq ans d'âge. En pays d'Armagnac c'est plus qu'une promesse!

Parti pour une sieste de dix minutes, il la prolongea -on ne sait avec quel dopage- durant trois heures.

On dira que j'épluche une banalité si je dis qu'il est des livres qui vous font du bien, de pied en cap, et bien oui, je continue à éplucher et je me suis trouvé merveilleusement bien et comblé à la lecture dans son édition de poche de Épicure en Corrèze de Marcel Conche qui, le moins que l'on puisse dire n'a jamais été un philosophe cathodique, et pourtant quel philosophe et pourtant quel écrivain, et pourtant quel livre intelligent et touchant, local et universel. Et, avec quelle simplicité de style il nous rapproche d'Épicure (non ! rien à voir avec l'hédonisme) et d'Héraclite (et de son "fleuve"). Plaisir et connaissance à chaque page, quelques belles rencontres, le bonheur terrien de vivre et de cogiter. Et ce regret ne pas avoir "croisé" Marcel Conche d'Altillac plus tôt.

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mercredi 10 août 2016

Solitaires

NON IL N'EST PAS TOUJOURS POSSIBLE DE CHOISIR ENTRE LES SAULES- PLEUREURS ET LES TILLEULS EN FLEURS. TOUT DÉPEND DE QUEL CÔTE DE LA BERGE DES SOLITAIRES TU CAMPES.

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samedi 6 août 2016

La disparition d'Odette Traby (1939-2016), Dame de Culture

Généreuse, disponible, constante, discrète et efficace. Odette Traby (1939-2016), qui vient de décéder1, réunissait toutes ses qualités. Femme de progrès, citoyenne impliquée, venue de l'eseignement, depuis sa ville d'Elne, elle a contribué à un mieux être culturel et artistique. Au service de sa ville, dont elle a été plusieurs fois maire adjointe de la culture et du patrimoine (dans des municipalités Narcise Planas (1965-1995), Nicolas Garcia (2001-2014) et de toutes celles et tous ceux qui, comme elle, voulaient que l'utopie de fraternité se réduise en peau de chagrin, jusqu'à faire douter de son bien-fondé. Mlle Odette Traby contribua au rebond culturel de la ville d'Elne, lié à sa restructuration urbaine, avec par exemple la rénovation de la ville haute, l'aménagement du nouvel Hôtel de Ville sur l'emplacement de l'ancien Marché de Gros, l'ouverture d'espaces d'art (atelier, galerie) et leur mise à la disposition de jeunes étudiants des Beaux-Arts, création d'un prix de la Ville d'Elne, programme d'expositions à la Cité Administrative  dès le début des années 1980, mise en place de manifestations diverses...La musique, les arts plastiques, la littérature ont toujours passionné Odette Traby, mais son plus opiniâtre combat sera celui de rassembler l'oeuvre d'Etienne Terrus (1857-1922) et de préserver sa mémoire illibérienne. Et "Terrus, homme de contrastes, anarchiste, bon vivant, et  la poésie au bout du pinceau"  (ces mots sont le titre d'un texte de catalogue d'Odette) finit par avoir son musée, en ville-haute, au pied de la cathédrale, au N° 3 de la rue Porte de Balaguer. Odette ne cessera de poursuivre l'enrichissement et la valorisation de cette oeuvre, par des expositions, des rencontres, des achats... Acquise à toutes les cultures ( littéraire, artistique, artistique, musicale, archéologique) elle ouvrit en sa ville son propre espace d'offre d'art. C'est la "Galerie de l'If", en ville haute (au N° du Boulevard de la Liberté). Lieu de rendez-vous privilégié du "Cercle des Authentiques Cabochards", dont elle fut une co-fondatrice avec Michel Briqueu -qui fut son compagnon- Gilbert Desclaux et Michel Gorsse, et qui devait lancer en 2001, une revue de création "La Licorne d'Hannibal". Revue littéraire, graphique et photographique qui, aujourd'hui, après 34 numéros papier, n'est disponible qu'en version numérique.  Attachée à une poésie, vivante, directe, populaire, sans concession à naïveté ni à l'hermétisme, elle participa, en son propre royaume sans cour, à des veillées poétiques de belle tenue, déclamant ou lisant des oeuvres de sa propre plume. On a pu écrire d'elle en 2013 qu'elle était "disponible à tout ce qui peut concourir à l'éclat de ce que le poète Jacques Dupin appelle "l'amande du feu" et en quoi il nous plaît de lire simplement la Vie urgente."  Attachée également à la musique, elle ne fut sans doute pas pour rien dans la création du festival de "Musique en Catalogne Romane", dont la première édition (elle date de 1983) devait coïncider avec le premier concert en France de Jordi Savall et du groupe Hespérion XXI, festival qui connaîtra en septembre sa 33 ème édition,  mais aussi dans le soutien au festival "Piano pianissimo" de Michel Peus qui vient de fêter son dixième anniversaire. L'archéologie et l'histoire rentraient également dans son large horizon d'intérêts et de curiosités. Membre active de la société les "Amis d'Illibéris" (une association locale, parmi d'autrs), professeure retraitée, elle facilita la conception et l'organisation dans l'ancien évêché d'Elne, en octobre 2007, du deuxième colloque international dédié à "Miquel de Giginta. De la charité au programme social par l'education". Comme elle fut,  juste après Marie Susplugas Andréa, autre grande dame discrète de notre culture locale, l'une des premières à donner à entendre,  en la cathédrale d'Elne, l'un des premiers concerts dédiés au guitariste François de Fossa (1775-1848), c'était le 5 mai 2006, il y a donc dix ans. La Culture, oui, était chevillée au coeur et à l'imagination de cette dame d'action et de sensibilité. Venue de l'éducation nationale et d'une culture plus scientifique que littéraire, ses convictions citoyennes d'éducation populaire étaient de gauche, laïques et féministes.  C'est en tant qu'institutrice et militante syndicale de la Fédération de l'Education Nationale (F.E.N.) qu'Odette Traby avait vécu avec enthousiasme les événements parisiens -et nationaux- de mai 1968. En 2008, donnant son témoignage pour un hors-série "Mai 68" de l'hebodmadaire "Le Travailleur catalan", elle l'intitula "Espoir, engagement, amitié: que de partages! Une fraternité jamais retrouvée" (ces deux couleurs étaient dans le titre) . Nombreuses et nombreux nous pouvons l'être, en nous penchant sur notre passé, à partager cette déception, cette amertume, mais il nous faut cependant la modérer car, à l'échelle locale et dans le temps écoulé depuis lors dans notre région, c'est grâce à des engagements précisément comme celui d'une Madame Odette Traby que de véritables moments de fraternité ont pu avoir lieu et se répéter à de très nombreuses reprises, offrant -à celles et à ceux qui s'y laissaient convier- le gîte et le couvert des grands jours de fête où chacun s'emploie à servir et à partager plutôt qu'à se servir ou à capter...  Il serait sans doute exagéré de faire de l'If illibérien de cette grande dame de la culture sans fards ni frime, estimée et respectée bien au-delà de notre région, qui vient de nous quitter, une abbaye de Thélème, au style de ce grande bâtisseur de bonne humeur qu'était le Rabelais de Gargantua, mais force est de reconnaître qu'elle lui empruntait bien quelques traits: l'humour, la convivialité, le temps enrichi par la rencontre...

1. Elle est passée de vie à trépas, chez elle, jeudi dernier. Les obsèques se sont déroulées dans la plus stricte intimité. La dépouille de cette authentique amie de l'Art et de la Culture a été incinérée ce jour à Perpignan. Que sa proche famille et le cercle de ses amis trouvent ici l'expression de nos plus sincères condoléances. Sa mémoire ne sera pas oubliée.

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jeudi 4 août 2016

Tout dépend de l'heure

Phraseur à la chaîne et petit vanneur.

On finit par perdre ses repères. Où suis-je? Qui sont-ce? Je me remémore mal. Et je ne sais plus si la paire de seins qui en cet instant se faufile dans ma mémoire est celle de Lucrèce Borgia ou de Martine Carol. Réalité ou fiction? Que voulez-vous que je vous dise, il y a si longtemps. Le pape ne s'appelait pas encore Michel Picoli.

Le propre de l'autochtone est l'autochtonie, comme le jour il fait jour et la nuit il fait nuit.

Les pétitions sont faites pour être signées, puis jetées dans une corbeille.

Pour tout jeune, la préhistoire commence dès la veille de sa naissance. Calculez les dizaines de millions d'années vers lesquelles vous êtes refoulé.

Tous les fantasmes accrochés à la treille des désirs inassouvis ne sont pas des raisons secs.

Le vent peut-être à l'occasion ce grossier messager qui nous distribue du nauséabond de premier choix.

"Profession: Shooter de feux-follets". Il observa avec une certaine fierté sa plaque, finement gravée dans le plus étincelant des cuivres.

Je pense à Laurent et à Sébastien et je me dis que je l'ai échappé, oh oui, bien belle.

Comme pour les fruits et légumes, il existe des amours de terroir et de saison.

L'air acre de ce crépuscule rend l'expression du dégoût plus sincère.

 Sois mon arbre, je serai ton lierre. Et le serpent s'enroula sur son tronc.

J'avais décidé de déplacer des montagnes, mais j'ai été trahi -on n'est jamais assez précautionneux quand on rêve- et les montagnes, prévenues à temps, ont résisté.

L'avantage d'une pensée légère c'est que l'évanescence ne tarde guère à l'emporter.

Tout moulin à paroles se contre-fiche des vents et de leur Rose.

Petit, il voulait être grand, grand il tient à le rester.

L'espoir fait vivre le marchand de pochettes-surprises.

La langue obus ou boules puantes de la colère, on ne peut toujours en faire l'économie.

Il poussa le vice si loin que la vertu cessa de prendre langue avec lui.

On ne guérit un complexe de supériorité qu'en raccourcissant le patient en commençant par les pieds.

A la boutique du Dépot de Fringues & Frusques, il  fut surpris de lire cet écriteau discriminatoire. "N'acceptons ni habits de lumières de vieux matadors ni habits verts de vieux académiciens."

M. Foudre était un magicien d'orages. Et qui, à la demande et sans délai, faisait des miracles. Pour toi un orage de grenouilles, pour lui un orage de sauterelles et pour moi- qui ne voulait pas croire en ses pouvoirs-un orage de grêlons.

Le bon lecteur est celui qui donne du sens à ce qui en manque.

Toutes les vérités établies ne sont pas des mauvaises herbes, éduquez en conséquence vos faucilles.

Monet, Manet, Tenam, Tenom

Avec Jacques Tati, je déplie ma chaise- longue. Avec Woody Allen, c'est mon translat' Tout dépend de l'heure.

A trop vivre dans sa tour d'ivoire, on perd le sens des alentours et finit pas confondre boue séchée et ivoire.

La grève de vos rêves messieurs dames étant ratissée vous pouvez vous y allonger.

Merveilleuse Albère comme ton bras est long et comme la mer, fidèle voisine, te lèche sans cesse la main qui la fouille.

Un ami sert plutôt qu'il ne se sert, oui bien sûr mais un ami "de vérité".

Laurence Olivier, Laurent Terzieff, Bob Wilson, Kenneth Branagh et j'y ajouterais-même Philippe Torreton, c'est du bon service shakespearien.

Si j'entends le mot "Milady" je pense anglais d'avant et d'après Brexit, mais je pense aussi à la beauté maléfique de cette intrigante des Mousquetaires de ce Dumas de cape et d'épée (dont à mon avis on n'a pas fini d'entendre causer par nos chaumières et castels), mais je pense aussi à la jument de Paul Morand, cette Milady dans lequel (le film de François Leterrier) Jacques Dufilho donne toute son excellence d'acteur-comédien.

On me propose un stage de selfie et de périscope, non, je n'a pas pu le refuser. J'ai tant de modernité à rattraper!

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mercredi 3 août 2016

C'est qu'elle était si jolie

Rouge de Honte et Bleu de Peur ont résolu de s'unir pour mieux faire face.

Le pire l'avait choisi pour être son carrosse, son château, son génie.

Ma main, feuille tremblante, l'affleure, son épaule frissonne et se donne. Un papillon vient de naître.

Les costumes de nos héros, ne croyez-vous pas, qu'uil seraient temps de les raccommoder. les mites de l'histoire sont insatiables.

J'achète mes papiers, je les peins et je les place sur mes murs, façon d'enjoliver mes intérieurs et l'on me reproche que mes cerises sont trop rouges et que je mésuse du bleu turquoise.

Une sonatina de Bela Bartok et un calypso de Robert Mitchum, dans la même matinée, c'est du plaisir pur.

L'esprit chasseur chez l'homme est incontestable, mais qu'en est-il de son esprit gibier?

Il est des réussites qui se passent du coup d'essai.

Le monde m'inquiète et ses foules ne me rassurent pas. Je ferme les volets.

Il disait ne pas aimer la mouche mais la prenait tellement souvent qu'il n'était pas du tout crédible.

La mélancolie réclame une augmentation de ses gages.

Je m'ouvrirais bien au monde si celui-ci n'avait pas (les factures s'accumulent dans ma boîte à lettres qui n'en peut mais) des comptes à régler avec moi.

Le nez dans un azur pubien jusqu'à l'éternuement, jusqu'à la défonce.

Quand je pense que si j'avais été une immense star je serais peut encore dans presque tous vos coeurs  et presque toutes (et plus) poitrines, je me dis quel bonheur d'être resté un tout petit bébé étoile, bercé par une institutrice gaie de la Bressola.

La lueur de son souvenir résiste à l'extrême pâleur. C'est qu'elle était si jolie!

Combien d'histoires, cela vaudrait la peine de les compter, dans lesquelles toi Bibi et moi Bibiche nous n'avons aucun droit au chapitre, pas une syllabe ni même un accent ne nous y est concédé. C'est vrai ça! Même pas un suffixe sans "x."

Quelquefois la mer nous offre le spectacle d'une dizaine de têtes qui glissent sur des soucoupes d'argent qui brille.

Pourquoi n'admettriez-vous pas qu'il est plus aisé de vaincre que d'oser entreprendre.

L'amour à rame et l'amour à voile, mers tranquilles pour corps lutins.

Un voleur de menhir se sentant recherché a frappé à ma porte et m'a dit une magnifique histoire de la plus lointaine préhistoire. M'ayant ébloui, il avait cru faire de moi son receleur. Je l'ai senti très gêné lorsque je lui ai dit que j'accepterais bien de l'être ce receleur mais que je n'avais qu'une petite boîte d'allumettes cadeau d'un artiste pauvre pour planquer son gigantesque menhir. Très désappointé, il parti avec le menhir sur son dos. J'ai lu dans la presse que le voleur de menhir avait été saisi par le collet, à peine sorti de chez moi.

Le ridicule à quelque classe des trois principales qu'il appartienne n'est jamais trop regardant sur son tailler ni le tissu qu'il a coupé.

Un homme -la distance ne permettait que d'en percevoir une silhouette unisex- avançait à pas décidé sur la jetée, arrivé au bout la silhouette s'immobilisa et sembla (là encore la distance ne permettait une plus fine identification) défier le large. On eut comme l'impression qu'il lui adressait de fortes paroles, plus imprécations que prières nous en faisons l'hypothèse, mais la distance n'autorisait que la perception d'une bouillie de sons et rendait absolument vaine la tentative de vérification de l'hypothèse. La silhouette à présent gesticulait, on aurait dit un signe de l'alphabet chinois qui s'énervait. Mais ni la vue ni l'ouïe ni à la croisée des deux le cerveau ne pouvaient aider à comprendre cette scène lointaine. Tout nous aurait échappé si par chance un canot à vapeur éteignit son moteur et mouilla à nos pieds, alors son amiral qui doublait la jetée au moment du brame de la silhouette nous dit de quoi il s'agissait. C'était un vieux Monsieur qui avait voulu, planté au bout de la jetée, prononcer un tonifiant "Homme libre, toujours du chériras la mer", quand de derrière un enrochement s'éleva une voix, qui le fit sursauter et bondir, articulant cette terrible réplique "Ta gueule, marin d'eau douce!". J'ai essayé de repérer, continue l'amiral, l'endroit où la méchante et insolente voix était nichée pour aller lui administrer une fessée bien méritée. On ne parle pas comme ça à un adorateur de la Mer, sans faire offense à tous les goélands et à tous les albatros, et, mille pardons Mesdemoiselles, à toutes leurs copines des plages, les mouettes. Au bout de la jetée, il n'y avait plus l'ombre d'un signe chinois et nul ne sait si la silhouette unisex revint sur ses pas, ou se jeta à l'eau.

Fasciné par les musées à fleur de peau, si la loi et sa fortune l'eussent permis, il aurait acheté tout corps d'homme et de femme arborant une oeuvre la revendant au plus offrant sinon au plus aimant.

Le bonheur parfois nous attend au milieu des ronces, osons donc les égratignures.

xxx

Posté par Jaume à 16:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]