Diamants
Il est évident que toutes les pensées ne sont pas à même de tailler des diamants irréprochables.
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Crois-le si tu le veux mais ce que tu es en train de lire n'a pas été écrit pour la postérité, cet étrange chose qui rime avec hilarité.
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Théo rit. Théo risette. Théo risons ensemble. L'anguille aussi a une robe de soirée.
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La température n'est jamais dans le thermomètre pour aussi sophistiqué qu'il soit.
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Il lui passa sa main mais dégantée: il voulait en conserver un moment encore un palpable souvenir.
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Il est des mots qui quittent sans regret la société, ils y ont tellement souffert des mésusages que l'on a fait d'eux.
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Il sortit sur son balcon et harangua la foule qui se pressait dans la rue, "oui je le sais vous ne m'applaudissez jamais, vous ne me suivez pas toujours, mais que voulez-vous, je suis entêté, et vous ne parviendrez pas à me faire admettre que les verbes 'autoriser' et 'permettre' disent la même chose". La foule commença à se disperser: elle avait reconnu le coupeur de cheveu en quatre!
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Il n'est plus de gastronomie politique sans morale en hors-d'oeuvre ou au dessert. L'éducation des jeunes papilles y gagne-t-elle quelque chose que nous n'avons pas connue?
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Une colombe qui prend sa douche n'a pas besoin de tirer le rideau, un hippopotame dans son jacusi si.
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Ne cours pas après la vérité si tu as des cors au pied ou si on ne t'a pas appris à distinguer le civisme du civet.
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A quoi bon se le masquer, il est des peintres qui font des croûtes pour se gagner la leur.
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Au festival des crevettes, un homard a obtenu le premier prix. Aucun journal n'en a parlé.
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Dans le pays de Grandiloquence le moindre pétard devient une bombe. Vite aux abris, quant la télé parle.
par Demonio Valle Viridi
Métier
Le soleil n'est en rien responsable des coups qu'il donne. Acquittement!
Les bergères ne filent plus la mauvaise laine, elles courent dans les prés en fleurs.
Rira bien qui rira le dernier. Chiche chouchou!
Esther Williams un temps que seuls les plus de cinquante ans peuvent connaître la plus parfaite des naïades de nos plongées amoureuses et pensées sous-marines!
Le bon dieu n'est jamais là où on l'attend. C'est décourageant!
Allô, allô! Ici Dostoïevski... je voudrais parler à Dickens. -Charles, il y a Fedor qui t'appelle sur la cinq!
La fin du monde ne pourra être effrayante que pour ceux qui lui survivront.
Je conseille à tous les petits lézards d'éviter les griffes de tous les chats, exceptés les chatons, dondaine, dondon!
Si l'on avait mémoire de tout, notre tête serait trop lourde, et pencherait en avant, en arrière et sur le côté, en nous entraînant finalement à terre.
Vous seriez bien plus audible si vous développiez davantage votre propos. -Je m'y suis déjà essayé mais cela se transformait vite en cacophonie.
S'il suffisait de passer le pont pour se libérer, l'humanité en construirait en très grand nombre.
Il est des individus dont les idées sont encore plus moites que leurs mains. Dès qu'ils les posent sur le papier celui-ci s'humidifie.
Je me demande si ce n'est pas un peu caricatural de se représenter Montaigne à cheval comme un cowboy lambda.
Il est assez enfantin de demander des excuses pour le néologisme que l'on met au monde.
La télévision rend intelligent celle ou celui qui ne la regarde. Vieux refrain revenu au goût du jour!
Que faire quand votre stock de poil à gratter est épuisé?- Change de métier!
Un comique troupier cherchait à tout prix, oui il me payait pour cela, à ce que je l'écoute dans sa tirade des "joues postérieures".
Ah ce joli verbe de "s'éjouir" employé par Rimbaud! Je l'ai trouvé sur une page guère éloignée de celle où je me vis obligé de faire réparation d'une lourde erreur que je colportais depuis longtemps. Et, bien ce n'était point Octavio Paz, à qui je l'attribuais qui était l'auteur de la profonde expression de "passant considérable" mais Stéphane Mallarmé qui l'appliquait, précisément, à Rimbaud.
par Demonio Valle Viridi.
Xirrimpiu
S'apropa de tu, el seu parer és bastant simpàtic, el vestit polit del llenguatge és una porta oberta a una bona conversa. Li respons que si. Ell s'asenta en front teu i és posa a interrogar-te sobre cosetes del cada dia. El temps que no fa, el teu darrer mal de dents, els impostos que t'agrada pagar, les evasions que no tornaràs a fer, la nostàlgia que no tens del "xirrimpiu". Com no entèn aquesta paraula, que ha surgit no sé com, et demana que designa, que cobreix, que amaga, si té un sinònim i un antònim... El que, de bon principi, et pensaves que faria bona conversa, cau dissortadament dins una forma policiàca de diàleg, com si jo no li en contés prou i que ell, per afinar la seva opinió, en necessitava molt més del que li passava plé de innocència de boca a orella. Ell, ulls de serp i ungles d'aguila, memoritzava, escrivia, grabava. Del "xirrimpiu" no li vaig frasejar cap bri de secret. Ho volia saber tot, però no em veia obligat dir-li tot, sobretot que la conversa ja havia perdut la seva amenitat primera. Les seves qüestions, ara, rondinajaven més tibades, més seques, més diria-jo, inquisitorials. I, destabilitzat d'haver-li negat l'ontologia del "xirrimpiu" es va delatar ell mateix confiant-me que treballava per un institut de sondeig...Cosa que em va sobtar i glaçar la voluntat d'anar més enllà del punt en que ens trobavem. Us doneu compta: Dos individus que intercanvien i, al final, en resulta què? Un percentatge estadístic. Ens toca viure un humanisme estadístic que veu cadascú de nosaltres com a carn de sondeig. Vergonya! (Bob Pompill)
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Un amic em diu "que t'en envises pas que ens paren rateres a tots els corns". Jo que l'escoltava sols d'una orella perquè els seus trencats m'agraden només a meitat, li responc amb fermesa com ho fa tot savi que sap que ningú pot contredir-li " i bé, evita els corns, passa pel mig, i t'en escaparàs". ( Lewis i Antoni Pel de Ca).
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Monnaie
Comment échapper à une condamnation au vase? se demande une rose écarlate qui voit une main menaçante se tendre vers elle.
A quoi bon prendre des notes, se dit le jeune étudiant. J'ai une mémoire d'éléphant. Le jeune étudiant amoureux de tous les savoirs ignore encore qu'un éléphant ça trompe énormément, passé un coude de l'âge..
Je veux bien accéder à mes e-mails, mais voilà, il y a devant moi un vieil ascenseur qui grince et se bloque à chaque trois secondes, et à ma droite se trouve un escalier en colimaçon et en bois vermoulu. Je n'ai qu'une solution changer d'HLM!
Le je ici n'est qu'un habit de travail. Les jours fériés le moi est nu.
J'ai aimé "Les écrivains qui ont fait la République" d'Alain-Gérard Slama. Je ne parle ici que du premier volume paru chez Plon, l'auteur en ayant annoncé deux autres à proche avenir. Le sous-tire est "Le trésor caché: des origines au début du XIX° siècle". La littérature n'y es pas sujet à plaisanterie, la pensée n'y est pas en carton pâte, et on y recueille les fruits de l'intelligence d'une lecture des textes, à la source, par-delà du ouï-dire, ou de la "réduction"/"utilisation" partisane. Slama est parti à la recherche de ce qu'on pourrait appeler l'ADN littéraire de la République, dans le big bang des Lumières, dont il est des héritiers à droite comme à gauche. Passionnante investigation critique où l'auteur, l'esprit sagace et la plume brillante, pertinent dans ses analyses et émouvant, nous fait pénétrer les univers d'un Jean-Jacques Rousseau, d'un Joseph de Maistre et d'un Benjamin Constant. Proximités, Conflits, Irréductibilités, Dépassements. Les idées, chez Slama, ne cèdent jamais une pépite de vérité à quelque idéologie que ce soit.
Tout poète est un dépouilleur. Tenez, un exemple. Je prends le mot silence. et je me prends, durant une petite minute, pour un poète, donc pour un dépouilleur, un fouineur. Je fouine, je dépouille, entrailles ouvertes, le silence se livre et me livre à domicile: "cil anse" et "six lances". Et je déguste...Tout à mes délices de visionnaire, je ne me rends pas compte que j'ai oublié de régler sa course au pizzaïolo qui impatient m'arrache à ma somnolence inspirée. "Et poétaillon, me dit-il dans une langue assez racinienne, pense à la monnaie." Le silence, naturellement et de lui-même, se rompt.
Un jour un écrivain m'a dit que pour l'écriture d'une demi-page où il évoquait une chasse à courre, il avait pris la précaution de lire dix traités de vènerie, d'époques différentes. Il avait une peur bleue du terme inapproprié et du sourire méprisant du lecteur (un seul suffisait) qui le repérait.
Il est des éponges qui s'épuisent avant même qu'on ne les presse.
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Deseu les banderes
Al no temptar l'inrevés del món t'escaparan el pes, la mida i les flaires d'aquest inrevés.
Amb la mort, amb un mort no s'ha de fer la conya. Deseu les banderes!
Totes les aigues vives no són pas corredisses.
Segons el criteri escollit resulta molt difícil, deia un homenet sentat a un banquet estret, distingir un fals profeta d'un verdader, sobretot si ambdos porten barba i ulleres de sol.
Si dalles males herbes fes-ho amb acurada precaució per no danyar aquella bona herbeta que pot salvar el nostre endemà.
Amb la seva exaltació de voler-se més llibertari que ell, tu i jo, és va tornar, això si, total totalitari.
...La nit com una lloca coava estels...El dia, ell, descansava...
Jo sempre m'ho he pensat que a les democràcies li agraden les places i a les dictatures els estadis.
Sobre aquesta bardissa canyissa quants parracs d'infància pegats pel vent malhumorat?
Encara no s'ha establert de manera indiscutible si Joan Boscà (el Juan Boscán de les lletres hispàniques i amic de Garcilaso de la Vega) es va morir a Perpinyà o si només hi va caure greument malalt abans de regressar a Barcelona. I què? Creus que la terra deixaria de girar si on sabiem de "manera indiscutible"?
No totes les esquenes es mereixen l'escombra que s'abat i les festeja.
La filosofia quan fa mal temps jeu on pot.
L'orella és natura, l'arracada cultura.
Cridar Independència, Independència i alabar qui ens dona la gana i ens la satisfà.
Bolodarse dins una polseguera d'inèpcies i tornar a casa per llegir tranquilment un Tractat de Longinus.
Harri Vedetxo.
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Bavette
L'ennui ne serait-il pas une carie dentaire de l'esprit? Osa un aspirant à la joie.
Les feux d'artifice de la nuit de la Saint Jean sont les seuls à faire rager les étoiles millénaires. C'est à vérifier...prochainement.
Si l'Antiquité te manque, fais-toi archéologue et gratte, gratte sur la mandoline à ruines.
Cette semaine, Lulu a hésité entre une biographie de Montaigne, l'ancien maire de Bordeaux et une biographie de Léo Ferré, l'enfant de Monaco. Il a, toujours, tout voulu savoir de l'un et de l'autre. Mais, finalement, Lulu s'est procuré LA première biographie de M. Alan Ladd.
Un dictionnaire ressemble fort à un coffret de bijoux de famille. Cependant, il ne sera jamais totalement complet, à cause des pendentifs égarés, des colliers volés, des bagues perdues...
Quelqu'un -de la haute- a prétendu qu'un bon dessin vaut mieux qu'un long discours, je n'ai absolument pas le désir et moins encore l'envie de discuter une telle prétention, mais je m'autorise -sans chercher à me hisser plus haut que le tabouret qui m'aide à ranger mes paires de chaussures-je m'autorise, dis-je, à prétendre qu'une phrase brève vaut mieux qu'une longue bavette.
Cinna est-ce toujours une marque siège? Et Canigou une marmelade canine?
Il monta à la tribune. La salle était archicomble. Il avait préparé fiévreusement sa harangue. Sa femme lui avait même apporté deux ou trois petits conseils. Ne te prends ni pour Démosthène ni pour Bossuet. Tu penses, vraiment, que je ne sais pas qui je suis? lui avait-il répliqué, ayant senti la perfidie de sa plaisanterie. Il était là, dressé derrière son pupitre. Face non pas à un public, à un auditoire, mais à quelque chose de plus indéfini, de plus abstrait, oui c'est ça face à ce quelque chose de métaphysique dénommée peuple. Il déposa une liasse de petites notes, il les déposa si lentement qu'au premier rang du peuple quelqu'un de mieux défini cependant que le peuple dit à l'oreille de son voisin qui de toute évidence était -de mon poste d'observation- une voisine avec de petites lunettes mal cerclées, "il semble compter ses notes". Mais le silence s'était déjà installé. Un silence d'attente angoissée. Personne ne voulait rater une goutte du jus de pomme ou de carotte qu'il allait postillonner. Les premiers rangs préparaient leurs boucliers. Certains étaient sponsorisés, d'autres pas. Tous les grands orateurs postillonnent. On le voit bien dans certaines retransmissions télévisées. Il parcourut d'un dernier regard ses papiers, puis il releva la tête dont le port ne rappelait aucun tyran, de haute ou basse lisse. Il allait s'exprimer, en bon démocrate. Le silence était à présent cadenassé. Et, il parla une première fois, puis il ferma les yeux et parla une deuxième fois, cette fois-ci les yeux grands ouverts. Les deux fois, il tourna court, plus court que nul n'aurait pu l'imaginer. Du jamais entendu. D'ailleurs les paroles sont restées dans les annales, tous les instituts de et en sciences politiques continuent à les rappeler et commenter. Il monta à la tribune... et alors? Il compta ses notes... et alors? Il parla... et alors? Tout le monde avait l'oreille frétillante, et guettait le premier mouvement de lèvres, oui, oui, tout le monde était suspendu à ce premier son qui n'allait pas tarder à trottiner sur elles. Et, effectivement, il parla. "J'ouvre la voie", dit-il, "à vous, mes ami.e. s, ensuite, de faire le reste." La harangue avait été tellement économe et franche, sobre et limpide qu'une moitié de la salle bondit et applaudit à tout rompre et que l'autre moitié, également bondissante, siffla à décrocher tous les lustres dont s'était flatté jusqu'alors le plafond classé de la salle. Il y eut brouhaha et pugilat. Sur ce, mais épargné, le Monsieur de la Voie abandonna pupitre et tribune sans se faire remarquer, il quitta la salle, et ne s'arrêta que devant un distributeur de boissons fraîches où je le trouvai, ayant quitté à mon tour la maudite salle, en conversation avec un ami commun Charly Dickens.
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Combat
A lire ou relire Octave Mirbeau *(1848-1917), on ne perd jamais son temps et l'on s'y nourrit de moments de belle littérature. Connaissez-vous son combat de la vipère et du hérisson?. Je donne ce titre, par commodité, à un passage de l'un de ses romans. Au cas, où Mirbeau ne vous dirait rien de rien, sachez qu'il a laissé Le journal d'une femme de chambre (1900), dont Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière firent un chef- d'oeuvre cinématographique en 1964 et que vous connaissez peut-être. Voici la description de ce combat.
"...Et, tout à coup, tandis que la vipère, d'un rampement lent, frôlait le tas de feuilles, je vis une chose merveilleuse, un de ces drames les plus surprenants qu'il soit donné à l'homme de contempler. Les feuilles sèches, volèrent à droite et à gauche, ey un gros hérisson dardant ses piquants, allongeant son museau, apparut. Avec une rapidité, un bondissement d'attaque qu'il eût été impossible d'imaginer aussi lestes chez une bête d'aspect aussi lourd, le hérisson se précipita sur la vipère, l'enguela par la queue qu'il serra fortement, et se roula en boule, son corps tout entier préservé par les mille pointes dressées, comme des piquants de lance, de sa peau. Et il ne bougea plus.
Alors, la vipère souffla horriblement. Par des élans vigoureux qui la faisaient s'élancer toute droite et brillante comme un coup de couteau, elle essaya de se dégager de l'étreinte du hérisson. En vain. En vain, elle essaya de le mordre, précipitant sa gueule chargée de venin contre les piquants de l'ingénieux animal, où elle se déchirait. Toute sanglante, ses petits yeux crevés, elle co,ntinuait à se débattre et de mordre l'impénétrable armure du monstre, dans une fureur croissant avec les blessures. Cette lutte dura dix minutes. Enfin, dans sa rage à vouloir se dégager, elle se perfora le cerveau contre les inflexibles épées, et elle retomba, inerte, mince ruban gris taché de sang, près de la boule immobile.
Le hérisson attendit quelques instants. Puis avec une prudence, une circonspection vraiment admirables, il détendit ses piquants, risqua son museau, allongea à demi le corps, ouvrit ses deux petits yeux noirs, féroces et ricaneurs, sortit ses pattes. Puis, quand il se fut bien rendu compte que la vipère était morte, il l'avala, en groïnant, comme un porc.
Après quoi, lourdaud, repu, il se traîna sur ses pattes courtes, et fouillant la terre du groin, il se roula en boule, sur un tas de feuilles parmi lesquelles il disparut...."
Et oui, très efficace! Récit littéraire, ou récit (déjà) télévisuel? "Documentaire féroce sur le monde animalier" avec de belles expressions comme : " l'enguela par la queue qu'il serra fortement", et "s'élancer toute droite et brillante comme un coup de couteau".
Si, si c'est du Mirbeau, à la fois réaliste et paraboliste, "capturé" lors d'une visite pour mémoire de son ouvrage "Les Vingt et un jours d'un neurasthénique" (1901).
Léandre Cocon de Sort.
* Nul ne vous oblige à ne jurer littérairement que par Marcel Proust (1871-1922). Nombreux sont les voyages dans le temps qui nous sont offerts, alors profitons-en!!
c'est ainsi
Il n'est jamais trop tôt pour se mettre sur le starting-block! 2014: Élection municipale. Comme l'on n'est pas sûr d'être, au final, le premier sur le podium, autant partir le tout premier bien avant le coup de sifflet ou les trois gongs. Certains l'ont déjà fait. Alors, grand suspense? Prendre l'écharpe, ou la gamelle? Réponse soumise à scrutin, an printemps prochain!
...Cela aurait du défrayer la chronique locale, et la nouvelle n'est pas neuve. Tous les medias ont étouffé ce qui était vrai scoop. La tradition bibliographique perpignanaise plastronnait que le premier livre imprimé dans la ville qui avait été la capitale de l'éphémère royaume de Majorque (Majorca ou Mallorca-on ne sait plus!) était le Breviarium Elnense (1500), précédant de peu le Vocabolari molt profitos per apendre La Catalan alamany i Lo Alamany Catalan (1502) se voit bousculée par un nouveau-venu. Ainsi, le titre qui justifiait la fierté gutenbergienne et rosembachienne d'une ville et d'un évêché, se verrait obligé d'accepter le partage du numéro 1 ou de se voir déclassé (avec les réserves d'usage dans le monde scientifique) au deuxième rang, poussant ainsi, automatiquement, l'ancien numéro 2, au troisième rang. Celui qui a secoué le prunier des fragiles certitudes est Olivier Rimbault. L'oeuvre serait, selon ce chercheur universitaire, d'un Hercule Florus Alexicachos, professeur en humanités d'origine chypriote, auteur ancien mais oublié. Elle est intitulée Galathea et aurait été jouée et imprimée à Perpignan (avant ou après sa représentation) en...1500, selon ce qu'il ressortirait de la préface à une deuxième édition en 1502 à Barcelone de cette pièce qui prouve la population de Perpignan n'avait pas encore dit bon soir à la langue latine....
Qu'un écrivain prenne plaisir à écrire des romans, des biographies, des récits de vie, d'amour, de mort, voire de résurrection, cela ne nous regarde guère. C'est ainsi. Mais qu'un écrivain, le même pour ne pas trop nous embrouiller, prenne plaisir à troquer son plaisir d'écrire pour celui de se voir reconnu comme leader d'opinion, et donc dit son fait à propos du moindre pet ou de la moindre louve lâché.e par l'actualité, cela nous paraît plutôt dommageable pour ses talents. C'est ainsi.
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Pluja
Matí de pluja. La bruixa es pentina. Me la miro. No em fa cas. Matí de pluja.
El cargol es desperta i s'estira sobre el seu dolç llit húmit de graminees. Atanso, golosa, la meva mà. Mà, conqueridora i tanmateix nerviosa. Ell, irat, es torna brau, treu banya i en bota a la cara. Em llepa, impúdic, el front i els ulls i em mossega, salvatge, les orelles i els llavis. Mala bèstia, enrera! Una campana, llunyana, sona i ressona. Hora és, per cert, de plegar el joc! El cargol, triomfal, retorna a la seva protectora mata, i jo, llaurat i sangrent, regresso a la meva llar que, un dia més, dejunera.
Toc, toc i toc! Com si fossin tres gotes. Obro la finestra, surto al balcó. Noto, desseguit, que el cel m'adverteix. Si aquest matí vas per la ciutat, em diu, no t'oblidis el paraigua. Toc, toc i toc! Entenc molt bé el què intenta dir-me el cel que, ara a so de trompa, aglutina batallons de núvols ennegrits. Toc, toc i toc! Massa tard, ja plou! Els rius s'exciten i es deborden, les mars ja no en poden més de mostrarse acollidores i, rabioses i alteres, s'apoderen de totes les terres, engoleixen monts i valls, camps i vinyes, arbres i pilars, cases i patis. Ahir era dia de festa, avui, el fang es fà sobirà absolutista. De què, em servirà ara, anar per la ciutat? De què em seria útil aquest paraigua que, esvalotat, no trobo? El meu balcó s'esfondra. I em sento completament xop.
Matí de pluja. Una fada es pentina. Que bella es posa! Igual un arquet de Sant Martí! Miro els seus cabells rossos i llargs que ennobleixen la seva espatlla. Em fa cas. Si, aquesta seva ulladeta d'un blau viatger. Esperançadora. Matí de pluja. Benefactora!
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Le préfixe Ma
Collioure, joli port catalan d'une Côte que l'on a voulu Vermeille. Comme dans tant d'autres petits ports côtiers catalan ou pas, la planète en possède des miliiers et des milliers -(mais pas le temps d'en faire la parfaite addition ), on y naît, on y aime ou pas, on s'y marie ou pas, et il arrive que l'étranger y arrive, s'y réfugie, y demeure, et y meure. Ce fut le cas du poète castillan et républicain Antonio Machado.Tout le monde ou presque le sait. Le petit port a fini par le vénérer, le petit cimetière du petit port catalan est devenu une destination discrète mais régulière de pèlerinage. Il arrive que l'on y croise des gens, que l'on dirait du bel âge et d'autres encore pousses tendres, avec des vers de "Campos de Castilla" mumurés en français et anglais et dans leur langue originale. C'est pudique et touchant! Collioure n'a plus ses pêcheurs, même pas ceux de pacotille qu'un tourisme de bric et de broc aurait pu oser. Et depuis 1939, la mémoire du lieu a étoffé sa noblesse. Avec Machado, la grande poésie s'est ajoutée à la cote des peintres de et à Collioure.
Louis Aragon a écrit dans Les Poètes :
"Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fit lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours"
Et, pour toujours, reste gravée, dans le marbre de la poésie, alors que barques catalanes et remugles d'anchois ne sont plus, l'enigmatique infini de cette dernière double image machadienne
“… estos dias azules, y el sol de la infancia”
(...ces jours bleus, et le soleil de l'enfance).
Double image recueillie par le courage de celles et ceux qui ne despérèrent pas de l'esprit dans la tourmente qui s'était jetée à son assaut.
Bien éphémère et funeste séjour que celui de Machado à Collioure, mais son nom lui est si puissamment attaché que celui de Matisse qui y vécut, peignit et poussa le petit port catalan (mais on sait qu'il en connut d'autres qui n'étaient pas moins beaux pour n'être pas catalans) dans l'histoire mondiale de l'Art. Matisse et Machado. Avez-vous remarqué que le poète et le peintre partagent le même préfixe patronymique: Ma?
Daniel R. (merci pour me donner -ce que j'espère- l'hospitalité dans votre blog, que j'ai découvert au hasard d'un vagabondage, après un week-end à Collioure)
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