Met Barran

lundi 15 avril 2019

F. de Fossa professeur d'ARITHMETIQUE ?

(Notes)

Une note des Archives administratives du Ministère (français) de la guerre, en date du mois de janvier 1823 ajoute à la biographie succincte du jeune émigré ceci  "Le capte de Fossa, fils d'un jurisconsulte distingué qui le destinait à la robe reçut son éducation au Collège royal de Perpignan et à l'université de la même ville. Après avoir suivi des cours de latin, de mathématiques, d'humanités, de philosophie, de jurisprudence, il en était à sa 3ème année de droit lorsque l'émigration interrompit ses études et le lança dans la carrière des armes." Dans ce paragraphe c'est le mot mathématiques qui attire notre attention et qui nous porte à nous demander le rapport réel que le militaire et le compositeur guitariste purent entretenir avec cette science. Les mathématiques n'étant pas une discipline superflue dans la formation militaire et la conquête de quelque grade supérieur. Discipline par ailleurs bénéfique à la théorie comme à l'écriture musicales. La correspondance de Fossa avec sa soeur Thérèse est bien taiseuse en la matière et se réduit à trois ou quatre citations, sur une période biographique allant de 1793 à 1822. De l'ultra-anecdotique et bien baignons- nous y si nous avons quelque intérêt pour François de Fossa

Nous sommes après le traité de Bâle, le Perpignanais émigré se trouve à "Bañolas" et rédige le 17 août 1793 une lettre qui contient le paragraphe suivant:

  "Quant à moi je me trouve actuellement assez bien, ne pensant qu'à manger, boire, dormir, me promener et jouer de la guitare*, faute d'avoir reçu mes livres et mon étui que je crains bien de ne plus avoir et dont je sens beaucoup la privation."  

Le dit étui dans l'étui de mathématiques contenant le instruments nécessaires à l'apprentissage et à l'exercice des mathématiques, règles, compas, etc. 

De Gérone, où il a migré, il écrit à Thérèse Fossa le 4 octobre de cette année:

    "j'ai reçu par le porteur...et l'étui de mathem. où il manque deux ou trois pièces essentielles; mais il vaut mieux que rien". Et lui demande : "Envoie moi aussi par le retour de Dn Franco mes bottes et la guitare avec un ou deux cahiers de musique s'il se peut"

Recevra-t-il les "pièces essentielles" manquantes? Aucun courrier ne l'indique alors que sera confirmée la réception de la guitare.

Le mot mathématiques nous ne le retrouvons dans la correspondance qu'en 1805 en lisant une lettre écrite à Cadiz le 10 décembre.


 "Ce n'est pas que je reste jamais les bras croisés. Tu sais bien que cela me déplait: mais la lecture, l'étude de l'anglais, quelque peu de mathématiques et un peu de musique n'empêchent pas le mauvais effet des tristes réflexions que je fais continuellement sur mon sort, et qui je te l'afsure me font pafser de bien cruels instants."

Revenant par mer sur Cadix et faisant escale à Malaga, il signale à sa soeur le Ier mai  "le frère des Dlles de Laboifsière° est ici". Ajoutant: "Tu peux dire à ses soeurs que je ne manquerai pas de le voir".
  
  ° Dans le "Dictionnaire de biographies roussillonnaises' de Jean Capeille, une notice est consacrée à un Laboissière (Antoine de) qui naquit en 1734, il était le fils de Jean-Baptiste de Laboissière, commissaire de guerre à Perpignan, et de Rose Barescut". Député en 1789 du clergé aux Etats-Généraux.  Emigré en 1792, il se fixa à Barcelone servant d'intermédiaire entre l'évêque d'Elne (Antoine-Félix d'Esponchez), exilé en italie et les prêtres roussillonnais "errants sur le sol de la Catalogne". Mais il serait rentré en Roussillon avant 1802 . Est-ce le même Laboissière que celui que documente François de Fossa  trois ans plus tard en 1805, non pas en Catalogne mais en Andalousie à Malaga? "
    Sur la liste des Emigrés de 1793, on compte quatre Laboissière:

Laboissière veuve, Laboissière oncle (prêtre), Laboissière neveu (prêtre), Laboissière fils cadet. Le chanoine de Laboissière" mourut  (à Perpignan le 9 août 1809).

Fossa verra effectivement Laboifsière et lui demandera par la suite depuis Cadix  de l'aide pour qu'il lui trouve une place.  La réponse tardera mais ne  le surprendra pas. D'ailleurs dès le 10 décembre 1805, il avait envoyé à Madame Campagne ce "portrait":

"L'Abbé Laboifsière° est comme tant d'autres: ils trouvent toujours facile ce qu'ils ne sont pas exprefsément chargés de faire, et si on les en prie sérieusement ils trouvent à chaque pas des difficultés qui rendent leur bonne volonté inutile."

Pourquoi avoir retenu ce Laboifsiere dans ce questionnement du rapport de Fossa aux mathématiques? Parce qu'il lui o offert à un moment une illusion de pouvoir travailler dans un secteur qui n'était ni l'armée ni le commerce.
 
     "L'abbé Laboifsière vient enfin de me répondre: il étoit tems. Il me donne des défaites que j'ai reçues comme des excuses; ce n'est qu'ainsi qu'on peut se faire des amuis dans ce monde. Il n'est pas pofsible de me placer dans le commerce à Malaga, mais il y a, dit-il, trois places vacantes de Profefseurs d'Arithmétique au collége Royal de St Elme° de cette ville, où il vient lui-même d'obtenir une chaire de langue française; elles doivent se disputer au concours, et elles pourroient m'arranger au moins en attendant, parcequ'elles sont ordinairement remplies par des officiers de terre ou de marine. Je viens de lui écrire qu'il fafse son pofsible pour me faire nommer par interim en attendant le tems fixé pour le concours, qui est encore indécis et peut trainer longtems. S'il y réussit je pars de suite. Je ne te cacherai pas que je lui ai l'obligation de m'avoir offert de l'argent pour faire le voyage, que je compte pourtant n'accepter quà la dernière extrémité (Lettre de Cadiz 20 janvier 1806) ."

    °Collège destiné à l'instruction des gens de mer.
    
    Mais l'arithmétique, mot que dans un courrier il souligne d'un trait comme pour exprimer  à la fois espoir et appréhension,  va tomber à l'eau.

    "Laboifsière m'avoit berné de l'espoir de deux ou trois chaires d'arithmétique au collège de Malaga, et enfin il vient de me dire que pour occuper deux de ces places-là il faut être à même d'enseigner le pilotage et la navigation, et pour la troisième il faut savoir toutes les parties de hautes mathématiques dont je n'ai aucune idée et qu'on n'enseignoit pas même dans les colléges ou j'ai appris ce que j'en sais. Vraiment le titre de Professeur d'arithmétique convient bien à des maîtres de cette espèce! En outre ces places doivent se disputer au concours, les examens sont très rigoureux, et le collége recule tant qu'il peut l'époque de ces concours, parcequ'il n'y a pas de fonds même pour payer les profefseurs  actuels. Voilà donc tout espoir perdu quant à Laboifsière, et si nous mettons dans un alambic tous ceux qui nous font des offres  après la plus légère épreuve nous les trouverions tous de (!) même." (Lettre de Cadiz 7 février 1806). 

Toutefois, notera de Fossa :

"Les connaifsances que Laboifsière a l'air de me supposer se trouvent à peine dans un profefseur blanchi dans son métier; où diable pourrois-je les avoir acquises." "Lettre de Cadiz 9 mai 1806)

(François de Fossa ne fut donc pas professeur d'arithmétique à Malaga, ville où verra le jour en 1881, soit 75 ans plus tard, Picasso.)

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dimanche 14 avril 2019

"Filosofia barata"

Es pot faltar de llengua com es pot faltar d'aigua. Xo fa que et trobes amb el canyó sec, estret. I et desesperes de no veure al teu entorn cap font revitalitzadora.

Manllevo a una traducció catalana del Kitab Ta'erih Mayurqa una frase que m'encanta i que, segurament, val la pena compartir amb qui no la coneix: "La gent s'acovardí i feu anques enrere." Una frase tota escultura i cinema.

Senills i tamarius, granotes i serps, hortet d'infància, vora mar, el més feliç de tots, quan el vent feia xiular les ones.

En el meu bosc sagrat íntim, el til·ler té un lloc preferit i, quan em dius, que se n'ha tallat un o més, ho visc com una agressió sobre el meu cos i la meva memòria s'endola de la pèrdua d'una flor i d'un aroma.

Quin individu pot ser aquest que dóna, lloga o ven les seves emocions? -Un lletrista de cançons.

Sabeu si algú ha capitalitzat l'aportació cultural i feminista dels rentadors públics i quants, avui en dia, sobreviuen i en quins indrets?

Es pot reparar, Mestre de Les Altes Inspiracions, una imaginació que no obeeix, o que falla?-Per injecció potser però depèn de què li injectaràs li contestà el Mestre.

El temps no té pressa, badalla o juga a cartes, quan tu corres.

No et deixis perseguir per l'inabastable, salta a altra cosa; apanya't.

Es veia (mes ningú l'havia interrogat sobre aquesta matèria) com un arquitecte de l'inútil més que com un enginyer del sentit, net i filantròpic.

Sense l'ajuda del seu gat, segur que no hauria reeixit a descabdellar la pilota dels seus records més recòndits.

Costa menys migpartir a la picassa un tronc de riure que desfer intel·lectualment un feix de bertranades.

Si no vols que el malson gasti el teu dret al descans, planta un guardià amb vestit blanc al capsal del teu llit.

Roma prepara el retorn de totes les campanes del món catòlic  al llur campanar.

Amb un batement de cella forçava tothom a la feina, tothom llibre obert i el dit sus la primera lletra de la primera frase.

Jordi, bon cavaller, no ha encara triat el seu destrer. Quan travessa la quadra s'ouen els renills de tres o quatre pollins candidats per oferir-li l'esquena.

S'ha revolucionat el pany sense canviar res a la reclusió.

Peticions, protestes, oposicions, manifestacions, violències (em diu un colom que passa l'espasa alçada) és la democràcia que intenta canviar l'oli del seu sistema si no el sistema mateix.

Si l'orde és dictat polític, el desordre decanta millor vers l'ètica.

L'equivoc, o te'n descartes, o l'analitzes.

Escriure és (convergeixen molts a notar-ho i una part no negligible d'entre ells a reivindicar-ho) com una mena d'abric, de reparo.

Amables sesons les que ens honren amb goigs benèfics i cistells de dolçors, maduixes i -no trigaran gaire- cireres,

Té olor el silenci, com ho escriu O.V. de MILOSZ ?

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jeudi 11 avril 2019

CROUSEILLES, COLLIOURE, PERPIGNAN

GRANDEUR NATURE à COLLIOURE

Qui aujourd'hui n'a pas eu la "révélation"? La nature en péril. L'eau, l'air... et les fleurs... et les oiseaux... et les animaux. Et, les hommes, pour sûr...accablés par le réchauffement de la planète et les pesticides. Mobilisation, pétition, manifestation, combat. Pour le salut de la Nature. Oui, Gaya on t'adore et on va te protéger, tant et tant d'ignorants, d'inconséquents, de méchants exploiteurs t'ont abîmée. Vite, tant qu'il est encore temps, à la réparation, au "relooking", à l'urgence de lui donner une meilleure mine et un surcroît de destinée (le pire-la grande catastrophe- n'est peut-être pas encore à nos portes). Au premier rang de la "contre-révolution verte": les artistes et sa catégorie la plus activiste, les photographes. De nos jours comment exalter la beauté et sa nécessité, comment dénoncer le saccage de ses équilibres et des harmonies, sans au moins l'arme de la photographie. Dans tous ses états!

La ville de Collioure, en son Château Royal, est connue pou abriter annuellement un Festival Grandeur Nature qui célèbre cette année 2019 sa quinzième édition. Son originalité est de regrouper des expositions photographiques en lien avec la nature et l'environnement  en partenariat avec l'association Grandeur Nature.  Le vernissage de cette exposition se fera le samedi 20 avril à 16 h 30 et pourra être vue par le public jusqu'au 25 mai 2019, tous les jours de 10 h à 18 h. Le public pourra y découvrir huit expositions, listées comme suit:

"L'Association Sportive de la Chasse Photographique Française" (N. Périaut, A. Mangeot,, F. Revel, P. Pons,et M. Bia)

"Photographies lauréates du Concours Déclic Nature" (Fédération des Réserves Naturelles Catalanes).

"ïles Féroé" (Martin N. Johansen et Alain Mangeot)

"Islande- pays du noir et des couleurs " (Serge Le Moine),

"Dans l'initimité des Abruzees" (Alain Victor)

"Papillons en Roussillon (Jean-Marie Granja)

"Eloge du flou" (Alain Mangeot)

"Parcs naturels du Rwanda" (Marc Gilmant)

 

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CALLIGRAPHIES DE BRAHIM KARIM A PERPIGNAN

C'est avec un joli mot d'Albert Camus, (je ne connais qu'un seul devoir, celui d'aimer) que nous recevons un carton d'invitation à un vernissage  (départemental) au palais des Rois de Majorque pour le vendredi 26 avril, à 18 h 30.  Il s'agit d'une exposition très simplement titrée " Rencontre au palais" ("Trobada al palau", en catalan). Exposition qui mérite d'autant plus l'attention qu'elle propose une sélection d'oeuvres qui relèvent autant de la peinture que de l'écriture, de l'esthétique que de la symbolique puisqu'il s'agit de Calligraphies, toutes signées du maître Brahim Karim.  La calligraphie, ici méditerranéenne, n'est pas une recherche gratuite de beauté, même si le souci du bonheur visuel du regardeur n'est jamais oublié.  Elle dit toujours plus qu'elle ne montre, et quand elle touche, elle le fait non seulement parce qu'elle contient (de gestuel, de coloration) mais parce qu'elle désigne et murmure de spiritualité. Autant de calligraphies autant de moments d'épanouissement sur des  pages de silence ému. Recueillement et hommage à la fois.

Cette exposition est donnée à voir aux amateurs et plus particulièrement à toutes celles et tous ceux qui gravissent encore allègrement le long escalier du palais des rois de Majorque. Jusqu'au 2 juin 2019. Tous les jours de 10 h à 18 h.

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JOSEPH MAURESO & RACHID KHIMOUNE A CROUSEILLES

Ne dit-on pas en mai fais ce qu'il te plaît? Le peintre Joseph Mauréso a fait sienne cette licence, et hop! Mauréso a décidé de filer vers les Pyrénées-Atlantiques. C'est çà...en Aquitaine.  A Crouseilles, précisément.  Il en connaît bien le château ( et cave me pince un souffleur) pour y avoir montré son travail ...C'était en... et il partageait le lieu avec un sculpteur du crû.  Rebelote ou récidive (à vous de choisir) cette année, toujours en partage avec un sculpteur de gamme internationale: Rachid Khimoune. Ce dernier, né à Decazeville, aujourd'hui âgé de soixante-six ans, est l'un des artistes français les plus appréciés de sa génération, comme peintre autant que sculpteur ou poseur d'événements plastiques. Tant en France qu'à l'étranger, de Suisse aux USA. Connu principalement pour "Les Enfants du monde"-sculptures présentées à Paris (2001), pour son amour des tortues, des oeufs et des peaux de la rue...  En 2017/ 2018, L'ARTSENAL à DREUX lui consacra une rétrospective servie par un somptueux catalogue. Un monde de formes et d'objets, produit d'une imagination transculturelle fantastique.  Catalogue où l'on découvre, entre un texte de Pierre Restany et un autre de Gérard Churriguera que Khimoune fit sa première exposition individuelle en 1975 ...à Collioure, galerie "Sanguine" (disparue). (Ce n'est pas tous les grands qui se souviennent où ils ont commencé, petits). Au sortir des Beaux-Arts de Paris, Rachid Khimoune (ancien élève de Marcel Gili) passa une partie de ses étés à Canet-plage, proche d'un cercle connu sous le nom de "Didi's Bar", une fraternité artistique, oeuvre du notaire-mécène Marius Rey. C'est à Canet-plage qu'il fit  la connaissance de Joseph Mauréso avec lequel il se lia d'amitié poursuivie depuis lors d'échanges créatifs.

Le vernissage de cette exposition (rencontre au sommet) aura lieu le samedi 4 mai à partir de 11 h et bénéficiera (lisez attentivement) d'un apéritif au "Pacherenc Folie de Roi" ....L'exposition se prolongera jusqu'au 26 mai. Précisons que c'est la 19 ème exposition annuelle accueillie au Château de Crouseilles (info@crouseilles.fr)

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mercredi 10 avril 2019

"Claror de Nit" de Ma-Dolors VALLVERDU

Maria Dolors Vallverdú i Torrents és una escriptora amb una llarga i fecunda trajectòria. Poeta i prosista se li deu un seguit de llibres entranyables amb títols senzills i a l'encop meravellosos com "Enllà de les paraules "(1977), "Per camins introbables" (1995), "L'Encadenada llum" (2010)," Només Terra" (2015), "Mestral" (2017). Ma-Dolors acaba de sortir, aquesta setmana, el seu nou opus de versos, amb aquest títol també magnífic, de "Claror de nit". L'autora reusenca -el nom de la qual se'l coneix amb força estimació a Perpinyà i a Tolosa per participar d'ençà de molts anys als Jocs Florals-publica el seu recull a la Col·lecció Elisenda Sala de l'Associació de Relataïres en Català ARC. (Elisenda Sala, si la gran ceramista catalana de fama internacional, exitosa també actriu de teatre i cantant).

L'escriptora Fina Masdéu ha prologat aquest llibre, a primera vista ramellet aromàtic de primavera i de propera Festa del Llibre i de la Rosa Sant Jordi 2019. Però, és desconèixer la tinta subtil de l'autora que limitar-la a aquesta impressió.  Parlant de "Claror de nit", la prologuista lloa "un oxímoron altament suggeridor perquè ens insinua tota una gamma de percepcions que van més enllà del cromatisme-del contrast entre llum i claror. i perquè conté el significat últim dels versos d'aquest recull. És un títol de connotació positiva que aboca a l'esperança enmig de les dificultats i les adversitats..." Poesia intimista, portada per una llengua sense artífex, mirall d'una sensibilitat carregada d'emocions. Poesia arrelada i vivificada per un sentit sense engany de la naturalesa i de la humanitat. Poesia de l'ull i de la meditació, pictòrica i alhora musical, transparent i també  púdica. Una poesia -força que creu en la serenitat del triomf de la màgia literària, i ho aconsegueix per la satisfacció dels seus (nombrosos) lectors, femenins com masculins.

 

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lundi 8 avril 2019

C'est du pareil au même

"Les raisins de vendange provenant des propriétés de M. de Bouillers, à Montescot, ont été achetés de 18 à 20 Fr les 100 kilos". Lu dans 'Journal des Viticulteurs et Agriculteurs, n°18- 20 septembre 1890.

Il y un écart, parfois un grand écart, entre "Autobiographie" et "Mémoires" d'un saint Glin Glin ou autre. La décence  ou l'humilité voudrait que dans un genre comme dans l'autre, l'on parle plutôt de "Pseudomémoires",  car ainsi que l'indique la grande écrivaine mexicaine Angelina  Muñiz  Hubermann  "La memoria pierde la memoria" (La mémoire perd la mémoire).

Ce bout, que vous ressentez comme un début, une amorce est une fin, ce qu'il reste du tir, dans le mille ou à côté de la cible.

Vous sentez que vous avez une vision tordue de la vie, courez vite chez votre "psychophtamologue".

Hordeum maritimum...n'est pas une injure latine. mais une plante de bordure de chemin buissonnier.

Le cauchemar est la sanction qui frappe les doux rêveurs.

Ah! Le Peuple! Le Peuple? Comme tout le monde t'aime et le dit et le chante, avec des chorus à t'en péter le tympan. Mais, dis-moi, Le Peuple, toi, au juste, que veux-tu, que voudrais-tu leur dire à tes adorateurs unanimes ?

J'ai frôlé avec mon bras robot qui époussetait un tapis d'orient, je lui ai tellement fait peur -comme quoi il tout de même reste humain dans ce genre de carcasse- qu'il m'a insulté et il m'aurait craché au visage s'il l'avait pu, mais tout robot qu'il était il ne le put pas et je l'ai laissé pester et piétiner d'impuissance.

Ils sont nombreux à vouloir nous faire admettre que le bon débat est celui ou deux (et plus) interlocuteurs s'envoient des milliards à la figure. Comme si tous les auditeurs et spectateurs avaient une calculette la plus électroniquement performante dans le crâne.

Il se tenait au courant de toutes les affaires et les trafics du ciel et lorsqu'il devait se présenter à une personne ou à un public, il précisait je ne suis pas un lunaire mais un périlunaire, oui au plus près de la lune, mais jamais dans la lune ni sur la lune.

Je sors réjoui et drôlement plus savant de la lecture du Molière de Georges Forestier.

Le disparate est son marais, il s'y complaît,

Se heurter à l'incrédulité et à l'intransigeance, c'est du parail au même.

Je me demande de plus en plus pourquoi je me demande.

Je commandai un... (boisson dont la publicité est interdite), il commanda un... (boisson dont la publicité est également interdite) et il me dit"la vie est un carrefour de signaux qui sont tous des mystères impénétrables", je compris par ces mots que l'apéritif serait longuet et j'ai immédiatement commandé un... (boisson dont la publicité est interdite) et un... (boisson dont a publicité est interdite) et me regardant à peine, tout à son histoire de carrefour, il poursuit "car, vois-tu, même avec..."

Il venait d'écouter le Niño de Elche  et sans dodeliner de la tête ni tituber sur ses jambes, il saisit au vol cette pensée: tous les mousses ne deviennent pas amiraux, mais là il est bien question d'un Grand Amiral.

Avant les élections, il est recommandé à nos primo-candidats d'apprendre à shooter avec des footballers.

L'éclectique ne peut jamais se défaire de son trousseau de clefs.

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vendredi 5 avril 2019

Confusion de douilles

Georges vient de partir chez Vulcain forger sa nouvelle épée

Est randonneur à demi celui qui ne sait faire ses pas que sur l'itinéraire balisé.

On a beau être prévenu et prudent, on ne saura jamais tout à fait, en nous prêtant à ceci ou à cela, si Méphistophélés n'est pas de mèche avec nous.

Circulation du courage: du navet au taureau.

Faites cesser tous ces bruits de couloir, vous ne voyez pas que vous gâtez mon songe d'une nuit d'été avec Mendelsshon

Boulevard des Âneries, il ne manqua pas de modèles, il se forma et très rapidement, l'autodidacte, les surpassa

Entretenir un dialogue sur des charbons ardents met en péril et l'argumentaire et l'argumentateur.

Je sais, je sais...se souvenir, se rappeler, se remémorer, commémorer même et néanmoins, au relief de ses verbes, je préfère celui de "ramenter", depuis que j'ai recueilli cette fleur rare (archaïque sans doute et d'autant plus fragrante) dans un texte de Montaigne...

Ni pompier, ni pyromane. Il se buta, le front plissé. Je lui demandais "et alors, quoi?". Son front se détendit et il me dit: "Ce que je veux, c'est être stagiaire d'oisives journées.". Manifestement, quelque chose n'allait pas chez lui.

Les uns se tournent les pouces, les autres jouent avec les mots parce que il faut bien faire quelque chose quand on ne se tourne pas les pouces.

Un scorpion s'en prit au pied d'un robot. Ce dernier ne se laissa pas faire et l'écrasa puis reprit son chemin, entrant dans le commissariat le plus proche de la scène d'agression, où il déposa sa plainte.

L'électricien des ténèbres, pouvait-on lire dans les colonnes de la Gazette aux Ordres, s'est malencontreusement électrocuté dans une confusion de douilles.

Peut-on se représenter le bonheur ressenti par cet archéologue qui, dans la Vielle ville de Jérusalem, met au jour un petit sceau  officiel gravé au nom d'un membre important de la Cour Royale de l'antique Judée. Bonheur... jailli d'une plongée de douze mètres au-dessous d'un parking. Une pépite  pour l'histoire... remontant à plus de 2 600 ans.

Quand il se retourna, il vit que la foule coureuse et exigeante d'une proie avait regagné trois cent mètres, et qu'il lui serait difficile de lui échapper, d'être écharpé par elle (il ne l'ignorait pas) puisqu'il l'avait bernée.

On lui manda de décrocher autant d'orages qu'il le pourrait mais lui répondit qu'il n'exécuterait le mandement que si on lui donnait l'assurance qu'il serait couvert pour chacun de ces orages. On lui consentit un imperméable collector. Le même avec lequel, de nos jours encore, on le voit sur une longue échelle décrochant des nuages qui ne cessent de revenir se coller au ciel.

Que les mots ne sont pas des cailloux, chacun le sait, que les mots sont des pierres précieuses, beaucoup trop, en doutent.

Le pouvoir, dans un brelan d'as de poker séducteur, le mit dans sa poche.  L'"empoché"  n'attendit pas longtemps pour s'apercevoir  qu'il ne trouverait dans ce réduit ni une miette de pain d'oiseau ni un brin de tabac de hollandais volant. Il était, tout simplement, au plus profond de la poche, comme dans une oubliette de castrum médiéval, c'est ça... en cage, otage. A peine si, à de rares occasions une main glissait jusqu'à lui pour vérifier s'il bougeait encore.

Le papillon est-il moins utile que l'abeille?

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jeudi 4 avril 2019

"Poema verd"

Encara, no és

el moment,

espera't,

saps qui sóc,

t'ho prometo,

no t'impacientis

i es va esperar,

(com no!)

la prometença

feia olor
de bon demà.

Passà l'hivern,

-llarg hivern del 41-

després, arribà

i s'acomiadà

sense regal

la primavera

a l'estiu

li digué

-tendre i docte

com de costum,

amb el got de sidra

a la mà i un anell

d'or a l'índex dret,

encara no és

el moment,

beu amb mi,

espera't,

creu-me,

no et desesperis

i un estiu calorós

passà

(s'havien escapat deu anys)

substituït per

la tardor

(amb sa fruita quimèrica

i ses fulles seques)

i a la primera nevada

d'aquell desè hivern

ell

el tranquil,

ell

el complaent

ell

que no s'havia

cansat d'esperar,

ell

l'esperança
sempreviva
picada al seu cor,

ell

digué:

PROU,

un PROU

alt i sonant,


inèdit,

inflamant el caliu,

fonent el gebre,

inaudit,

com ningú

podia imaginar

que fos capaç

un dia

de pronunciar,

un PROU

que esquerdà

tots els murs

de la ingenuïtat

i es posà dempeus,

bolcant

el seient d'esper

amb sa palla de

promesa,

i llavors se n'anà

-tenia el moment a mà-

deslliurat del cicle


"espera-t'ho prometo"

 

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mercredi 3 avril 2019

Sept barques

Sur un rocher
blanc,
abandonnée,
sa guitare
désaccordée.
La plage est silencieuse
un petit vent,
zéphir de Neptune,
salue
le lever du soleil,
pudique et roux.

Quelqu'un marche

sur le gravier.

Il s'assied près de moi,

sans mot dire,

fixe le clocher

puis compte

sept barques

sans navigateurs

qui prennent la mer.

Il me regarde,

enfin et ose

une syllabe...

Je ne suis plus là:

Enfui avec la guitare

abandonnée,

désaccordée.

et le rocher

sur les épaules.

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mardi 2 avril 2019

"Sur la Terre des Cardinaux" de Ch. MASSE

Christophe Massé, il est bon de le porter à la connaissance de celles et ceux qui, en littérature, ne s'intéressent, chez nous, qu'à l'actualité littéraire d'un Cali ou d'un Musso (nous éloignons volontairement Houellebecq) est aussi écrivain et vient de voir son dernier ouvrage publié. Son titre "Sur la Terre des Cardinaux".  Ne nous laissez induire en erreur sur des chemins de pèlerinage qui ne sont pas ceux de l'auteur. Christophe Massé, Massé The Third ( à la suite de Ludovic et Claude) est tombé dans le plus tendre de son âge en grâce artistique. Double: littéraire et picturale. Belle manière d'entrer dans une conscience du monde par le verbe et la touche de couleur. Il n'a cessé, d'apprentissage en épanouissement, de la développer, approfondir, diversifier,... se moquant d'un quelconque territoire conceptuel (et national complète l'écho) à investir en priorité. La liberté, la respiration à pleins poumons.

Le peintre, depuis plusieurs années établi en Aquitaine où il se consacre à la défense des arts et des livres, s'est rappelé, l'an dernier, au public de son département natal, par une exposition en solo à Thuir et une autre croisée avec Joseph Mauréso à Ille-sur-Têt, et en faisant une entrée remarquée dans le catalogue Rigaud de l'exposition Raoul Dufy à Perpignan, y prenant la défense de son père, ami du peintre. Christophe Massé plasticien, on ne devrait pas trop tarder à ce qui peut s'entendre ici ou l) à le retrouver sur des cimaises locales.

L'écrivain -dont la plume a signé une trentaine de titres-est plus secret, intime. Il faut aller le chercher (comme nous le dit l'un de ses anciens proches) mais il ne se donne tout à fait qu'à quelques frères d'armes et de quête. Poète, romancier, essayiste, épistolier, diariste. Son étoffe est celle du Lazarillo de Tormes ou d'un Lucky Luke, un cousin de proche degré d'un Rimbaud ou d'un Kérouac... Toujours (souvent, souvent!) en marche, on the road, d'un lieu à l'autre, arpenteur d'un possible. Vite dit: On le croit à Formentera, il est en Lituanie. Et il en revient des récits et des images plein les poches. Un picaro punk du XXI° s, épris d'amour de la vie, et de rencontres humaines (l'exact contraire de "mondaines"), qui promène un miroir à travers le monde qui n'est pas (toi, près du poêle, tais-toi)  à son beau fixe, et à l'intérieur de lui-même: balançant entre appétit et lassitude, entre doute et enthousiasme...

Miroir de raison et d'émotion, cette raison qui, écornée, peut porter à la colère et à ses néfastes brûlures; cette émotion qui peut être éblouissement et ravissement. Miroir sur lequel la saison ou le lieu, l'ami ou l'adversaire, la résidence ou l'exil,  projette son image. Un long récit, des images: sentiments gravés. Comme un monument sur un parcours... "Sur la Terre des Cardinaux" (300 pages) est un livre qui a de l'attaque et de la défense (pour plagier Nougaro), courageusement édité par VoixEditions de Richard Meier (Mas d'Avll-Elne). C'est le sixième titre de Christophe Massé sur le catalogue aux noms prestigieux de cet éditeur.  Le slivres précédents sont Vie Sordide (1981), L’Écorce des Sentiments (1992), Un jour les tortues ne reviendront plus à Zante (2001), Formentera song (2006), Sous Les Yeux Horribles des Pontons (2008)

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Julien Cabeton

LaLuette, galerie d'Art à Bordeaux  (chère au coeur de Christophe Massé),  présente en ce mois d'avril une exposition de dessins et peintures de Julien Cabaton. Ce peintre singulier pratique aussi bien l'abstrait que le figuratif. Il travaille principalement les natures mortes et les portraits. Il aime diversifier les techniques, le couteau, la peinture acrylique, l’huile, l'éponge. Son actuel accrochage a pour thème Eponges. Julien Cabaton exprime à travers ses œuvres son imagination, sa mémoire, sa solitude et ses sentiments.

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VUPP...vous avez dit VUPP

Puisque nous sommes à...Bordeaux restons-y encore quelques minutes pour faire savoir que le quatrième numéro de VUPP est sorti, disponible sur le net en librairie. Mais allez vous dire qu'est-ce que ce VUPP...j'ai du moi aussi interroher le champollion de nos sigles et je suis en mesure de vous dire que cela signifierait "vu à travers les fissures des murailles". Je sais, ça ne vous fait guère progresser. Alors sachez qu'à l'origine ces quatre lettres désignait un atelier de recherche (high tech des neurones-pourrait-on dire ) de l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux. Une initiative à laquelle avait participé un "passant" de l'école d'Art de Perpignan, Jean Calens, devenu artiste penseur et enseignant à l'école de Bordeaux. Entre 2015 et 2017 furent édités  trois Cahiers du VUPP. L'atelier (résidences, travail in situ...) s'est transformé en association dont ce 4ème cahier est sa première publication avec ouverture à de nombreux contributeurs sur des sujets divers inspirés ou revisités par la théorie critique (par exemple d'un Adorno ou d'un Benjamin). Le présent sommaire est très fourni . Sous le titre "Carl Einstein et la Guerre d'espagne", on a l'occasion de lire dans une traduction de l'espagnol en français par la roussillonnaise Marie-Jeanne Irmann de l’entretien de Carl Einstein (1856-1940) avec le journaliste Sebastia Gasch, imprimé en 1938 dans la revue Barcelonaise Meridià (consacrée à l’art, la politique et la littérature)

Voici un fragment de cet entretien (...)" Pour commencer, voulez-vous nous dire quelques mots sur Miro et Dali, deux peintres catalans  renommés ?-Miro est un peintre très catalan surtout pour les couleurs de ses toiles, un catalan primaire mais  quelquefois  il  rate  son  coup  pour  avoir  produit  des  œuvres  qui  sont  plus  des  projets  de  peinture que des tableaux. C’est que le rêve est trop  limité.  Surtout  devant  la  violence  des  faits  actuels.  Devant  la  concurrence  sérieuse  de  ces  faits, les peintres comme lui perdent souvent la partie. Cependant, Miro est le jeune qui a le plus de talents de sa génération.- Et Dali ?- Carte postale de 1860, répond rapidement Einstein. Dali et les siens explorent des antiquités  idéologiques,  comme  Freud  ce  vieux romantique. Ils font une peinture pédante, d’un académisme  faussement  révolutionnaire,  qui exploite  une  constellation.  Évidemment,  une révolte strictement esthétique est insuffisante. Ils cherchent la nouveauté, autrement archaïque, et ils finissent par se limiter eux-mêmes, continuellement. Dali fait toujours du Dali" (...)

VUPP dans sa dernière livraison est coordonné par Jean Calens et bénéficie de la création graphique de son fils Oriol Calens.

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lundi 1 avril 2019

"Canviar de santuari"

Si no saps on vas quina necessitat de córrer tindràs.

Reflexionar no és pas descansar ni tan sols si reflexiones sobre el descans.

Tenim més llengua que mots. No hi ha aquí cap toc aforístic. És feblesa nostra.

Al meu retorn, els hi vaig fer la pregunta que ningú va contestar: el llac verd en el qual, com cignes de cinema, llisaven i cantaven, que se n'ha fet?

Entre el jonquill i la rosa, no triïs.

Com li agradava la Democràcia! Com en sabia les regles i les trampes! No n'ignorava tampoc el nom de cap traïdor de la seva història i del seu present. Però mai, savi prudent, iniciat als arcans, no es tirà al foc d'un compromís, no es posà a l'atzar de la temptació d'una traïció.

D'acord, els arbres no migren. D'alguns d'ells malgrat tot (se'ls abat, se'ls talla) se'n fan estelles, serrills o cendra.

Ja pots treballar, alquimista, d'aquesta peça d'acer no en faràs cap floca de llana. Abans de tu, milers de milions amb barba i ulleres ho han intentat i "ben poquets" són els qui han deixat escrit i segellat llur fracàs.

Quan una serp guarda el galliner cap guineu s'hi insinua per fer-hi matança.

Hi ha una paraula, ben poc freqüent, a la boca de marcats humanistes setmanals, és la de xenofília. A quan una Acadèmia de la xenofilia.

L'ombra, aquesta llum que despresa de sa roba d'estels nupcials canvia de santuari.

Pintar els murs del seu cau per fer-ne un palau d'eremita.

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