Met Barran

lundi 18 juin 2018

La Giselle chilienne de Mathieu Guillaumon

Le BANCH (acronyme de Ballet Nacional Chilien)est dirigé depuis 2013 par Mathieu Guilhaumon, ce perpignanais qui, après avoir fait ses premiers pas au conservatoire de sa ville, et s'être perfectionné en divers établissements supérieurs français et européens, a acquis et consolidé une incontestable autorité internationale dans sa discipline, qui est, sans doute, la plus vulnérable des arts de la scène, et explique sa présence à Santiago pour y illustrer sa contemporanéité (merci Proust!). Le public et la presse ont toujours reçu avec plaisir et surprise enrichissante ses créations. C'était encore le cas pour l'ouverture de la saison 2018 avec sur la scène du "Teatro de la Universidad de Chile" la présentation de "Giselle", l'une des oeuvres cardinales et les plus jouées du répertoire franaçais de la danse, tant dans des mises en scène respecteuse à la plus fine des pointes de l'écriture classique que dans des mises en scène qui sans se vouloir irrespectueuses (dépoussièreuse) de la tradition porte sur l'oeuvre (la création originale de Giselle est de 1841) un regard et un souffle modernes du XXI° siècle. C'était l'option de Mathieu Guilhaumon qui pour mener à bien son ambition a travaillé dramaturgiquement l'oeuvre avec Millaray Lobos, historienne du théâtre et comédienne chilienne bien connue et pour le personnage de Giselle avec Vanessa Turelli, danseuse argentine qui a intégré le BANCH en 2015.. La musique de ce ballet du milieu du XIX° siècle, dont le livret fut co-écrit par Théophile Gautier (1811-1872)  et  Vernoy de Saint-Georges (1799-1875), est d'un défenseur de la "petite musique", une "musique claire, facile à comprendre": Adolphe Adam (1803-1856). Pour les 7 représentations auxquelles a pu assister le public de Santiago en avril et mai derniers, la musique très narrative d'Adam pour Giselle (histoire d'amour tragique) a bénéficié du concours du  '"Orquesta Sinfónica Nacional de Chile" sous la direction de Francois López-Ferrer, chef hispano-nord-américain.

Voici un fragment d'une critique favorable du journaliste et écrivain santiaguino Francisco Leal Díaz, par ailleurs connu comme l'auteur de "BAJO TIERRA: 33 MINEROS QUE CONMOVIERON AL MUNDO

"C'est l'un de ces spectacles qui réjouissent l'esprit et laissent la très agrable sensation d'avoir assisté à une oeuvre travaillé avec un parfait professionalisme, avec une authentique passion pour le ballet, avec un réel investissement durant des heures et des heures, des jours et des jours de préparation, recherchant la perfection plastique, avec le souci de la délicatesse pour chaque mouvement, suggérant émotions et sentiments." (...)

"En somme, une proposition chorégraphique magique parfaitement réussie, avec l'implication inconditionnelle de ses interprètes donnant un résultat magnifique, que l'on est heureux de voir et d'écouter et digne d'aplaudir longuement".

Il n'y aucune raison de ne pas se réjouir à Perpignan des succès renouvelés de l'un des siens, architecte et jongleur de corps et d'espaces, en Amérique du Sud, sur la Côte Pacifique, au Chili.

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LLuís...à moi Boris Vian. Cali...à moi Léo Ferré

L'un est écrivain, d'expression catalane, avec une bibliographie déjà conséquente (15 titres) et des plus remarquée dans le domaine catalan du roman ou de l'essai. Il s'agit de Joan Lluís Lluís (Perpignan-1963), le tout dernier prix Sant Jordi. L'autre écrit aussi de la poésie, des chansons, des récits mais c'est dans le monde de la musique qu'il s'est fait un nom. On aura reconnu Cali (Céret-1968). Lluís et Cali sont tous deux (nord) Catalans, créateurs de talent, féconds, constants et audacieux. Car il est audacieux (et point anecdotique du tout de le relever) de s'attaquer à Boris Vian (1920-1959) et à son roman "L'arrache-coeur" (1953) pour en donner, comme a réussi à le faire Joan Lluís Lluís, une version en catalan. Performance bientôt en librairie pour "Club Editor"  sous le titre de "L'arrencacors". Il n'est vraiment pas  anecdotique de voir le grand Vian traduit par un prince couronné des lettres catalanes. Et il est tout aussi peu anecdotique de se lancer dans cette épreuve assez herculéenne de vouloir tutoyer sur scène Léo Ferré (1916-1993), ce Géant de la poésie française chantée.  Tutoyer Ferré! C'est le défi relevé par Cali le chanteur estimé de la scène internationale francophone (14 albums). Mais ce n'est pas uniquement venir se chauffer au bain marie de des métaphores du Maître. Le chanteur de Vernet-les Bains le sait et l'indique  à l'occasion de sa programmation dans la prochaine saison de l'Archipel ( qui vient d'être présentée et publiée). Ferré certainement aurait aimé  ce chanteur camarade, comme son poème-Cd "La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur" et ses empathies avec "l'Espoir" et "l'Age d'or."  A suivre, donc!

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jeudi 14 juin 2018

Thérèse Roussel (1930-2018): Une grande dame de l'Art

Une grande dame de la vie de l'art et de la culture dans notre ville et notre région vient de disparaître. Elle tenait une galerie d'art, elle s'appelait Thérèse Roussel, et avait été mariée à un journaliste radiophonique Paul Mugel, dont elle était veuve. Elle s'est éteinte mercredi 13 juin à la mi journée. Elle avait 88 ans. Elle était estimée de nombreux artistes et amateurs d'art.

Thérèse, qui aimait sa ville par-dessus tout mais dynamique, créative, avait ouvert, au rez-de chaussée de sa maison familiale, au n° 7 de la place Després, une galerie d'art portant le nom de Thérèse Roussel. Entreprise qu'elle osa dans le paysage artistique perpignanais guère prodigue du juste après-1968 et qui, à considérer l'enthousiasme de son engagement et de sa prise de risque.. lui mérita la sympathie et le soutien, tant à Perpignan comme à Paris. Dans la capitale, elle trouva conseil, encouragement et inspiration, tout particulièrement auprès de Denis Breteau et son mari. A Perpignan, elle attira des personnalités d'alors très écoutées comme Roger Mauréso, le directeur de l'école des beaux-arts, "Maître Marius Rey, le meilleur ami des peintres à Perpignan"(p 26), Georges Belzeaux, des Amis du Musée Rigaud ou encore Claude Massé. Elle n'était pas là, manifestement, pour faire de la figuration mais pour marquer. Elle s'engageait dans cette activité pleinement avec un aiguillon d'indépendance et un souci militaire d'impact. Voici ce que l'on peut lire dans l'un de ses écrits:

"Chaque exposition est un combat. L'artiste fournit- et fourbit- les jeunes recrues que nous mettons en place ensemble, l'une près de l'autre, plus près, plus loin...(très important l'exacte distance, la "respiration de l'oeil"). Certaines toiles se tuent, d'autres sont soeurs siamoises et mourraient d'être séparées.

Ensuite il y a la veillée d'armes, quand tout est ordonné et que, d'un ultime regard on vérifie le bon alignement des troupes, la juste place de chacun. Alors on éteint les lumières et laisse à la nuit le privilège de sentir, d'écouter, de comprendre, la douce reddition des oeuvres consentant à être vues demain, au vernissage, dans ce lieu qui n'est pas celui de leur avènement." (pp 18-19-Catalogue "Galerie Thérèse Roussel"

N'est-on pas là dans l'amour, la conscience et la responsabilité, des qualités qui n'ont jamais manqué à la personnalité très autonome de Thérèse.  

L'ouverture de sa galerie fut un événement, tant par sa situation géographique, sur la place Després que par l'affiche inaugurale avec le peintre Camille Bryen (1907-1977). C'était le 27 novembre 1970. Elle n'aura de cesse d'apporter des galons de notoriété à ce lieu -qui est son chez soi, au sens le plus proche de son coeur- en invitant des artistes de renom ou en quête d'une existence publique, mais avec des oeuvres aux dimensions de ce que peut accueillir la galerie, qui ne joue pas dans l'hyper ou la méga surface. Plutôt intime, sinon confidentielle et par la même susceptible de bien accueillir de petits et moyens formats (tableaux ou sculptures). C'est ainsi, au fil des programmations, que se construit la notoriété régionale du lieu. Notoriété qui s'alimentera de l'éclectisme technique et stylistique de ce qui est donné avoir. Dessins, gravures, lithographies, gouaches, pastels...

La Galerie Thérèse Roussel, entre la place Rigaud et la rue de la main de Fer de la Casa Xanxo, sera un lieu d'accueil de vivantes expressions artistiques- celles bien sûr vers lesquelles son goût et son intuition, sa façon de voir l'art vivant la porte. Sa nouveauté, sa modernité, son absence d'agressivité (commerciale) font qu'elle sera courtisée.

"(J)'ai aussi des visites de professionnels en mal d'exposition. Ils cherchent des cimaises comme une chatte cherche un abri pour mettre au monde ses petits" (p 25)

Si novembre 1970 est reconnu comme un incontestable événement du Perpignan artistique. Il en est un autre d'une plus grande envergure mars 1987. Migrant dans un espace public avec des cimaises beaucoup plus amples, le palais des congrès (qui n'a pas encore été baptisé Georges Pompidou),  la galerie y fait la démonstration d'un superbe travail d'exposition/ promotion dont, heureusement, pour aussi modeste qu'il soit, un catalogue porte témoignage. On y constate que dans la période novembre 1970 mars 1987, soixante-cinq artistes ont été présentés au n°7 de la place Després, les soirs de vernissages bien trop exigu pour recevoir tous les amateurs. Pour donner une idée du rang auquel Thérèse Roussel élevait son lieu, il n'est que de voir les 6 reproductions illustrant le catalogue, ce sont des oeuvres de Bram van Velde, Camille Bryen, Hans Bellmer, Alexander Calder, Antoni Tàpies, Pierre Alechinsky.

Galeriste active. Présente et constante; sans frime. Dame d'art élégante, d'une courtoisie finement souriante et émaillée d'un humour qui pouvait se muer en ironie.

"(J)'ai aussi des visites de professionnels en mal d'exposition. Ils cherchent des cimaises comme une chatte cherche un abri pour mettre au monde ses petits" (p 25)

Discrète et passionnée, sans exclusive de genre ou de technique. Ni du statut d'obligatoire reconnaissance pour être exposé. Les grands et les pas grands.

"Et comme un petit bateau s'aventure parfois vers les îles sauvages, il m'arrivait de découvrir de jeunes peintres et de les faire alterner avec des grands."(p 21).

Modeste, versant du côté du plaisir plutôt que du côté marchand. Coquette sans look accrocheur.

"Depuis 16 ans, écrit G. Belzeaux, avec une constance admirable, elle ne cesse de recevoir assise à ras du sol, dominée par la mise en scène minutieuse de son accrochage, comme si elle était toujours disponible dan son propre salon. La conversation part autant des oeuvres qu'elle expose que de tout autre sujet artistique; si elle s'en éloigne elle revient vers l'art qui est le centre de toutes ses préoccupations". 

Le familier de longue date qui aura rendu visite à Thérèse à l'occasion des dernières expositions en 2016, peut confirmer que rien n'avait altéré dans l'image de simplicité qu'en G.Belzeaux ci-dessus.  Ce n'est pas un hasard si la galeriste figure parmi "Les 50 qui font bouger Perpignan" dans un reportage de L'Express de décembre 2002. La note qui lui est consacrée relève "l'exquise amabilité de la dame. A 72 ans, Thérèse Roussel est une professionnelle au jugement aiguisé." Il y est également questions de "100 noms marquants de l'art contemporain, qu'elle a contribué à promouvoir à sa façon, discrète et éclairée."

La Galerie Thérèse Roussel? Une adresse du bon accueil, des rendez-vous à ne pas manquer. Il y avait non seulement l'inévitable mondanité du vernissage avec le service d'un délicieux cocktail (dont il ne nous appartient pas de trahir la...recette), mais encore les visites  d'après-vernissage pour le si agréable privilège de la conversation avec la dame du lieu, pas cancanière du tout mais informée de presque tout. Sur les arts plastiques, par exemple, qu'elle n'abordait jamais dans un jargon de revue à la mode ou d'étudiants dans le vent conceptuel. La conversation roulait plus limpide. 

"Mais l'art est une culture autodidacte. On se forme en voyant, en comparant, en acceptant d'être surpris" (p. 24); "L'oeuvre d'art provoque l'échange"(p 32).

Thérèse aimait, écoutait et parlait aussi de musique. Et de cinéma... Elle avait été des premières équipes des "Amis du Cinéma" (autour de Marcel Oms). Son fils Jean-Paul Mugel était éjà et reste l'un des grands ingénieurs du son, "césarisé" en 1995, travaillant avec les plus grands réalisateurs français et étrangers du 7ème art. Autre centre d'intérêt qui enrichissait la personnalité attachante de Thérèse Roussel, la littérature. Non seulement comme lectrice, mais comme  auteur. Talent qu'elle révéla - à la surprise de son entourage- dans un roman ancré dans son enfance (en France, en Roussillon), sincère et bouleversant,  La balle au mur. On y lit cette petite merveille poético-philosophique :

"Les oiseaux qui viennent se prendre au clinquanr des miroirs ailés ne sont peut-être pas dupes, ils acceptent d'être séduits par le leurre, plus brillant et plus beau que la réalité." (La balle au mur, 2001, p.127)

Edité par Philippe Salus à Mare Nostrum, une première fois en 2001 puis, vu son succès, une deuxième fois 2008 avec une préface de Pierre Dumayet, voisin de Bages d'Aude.  Enfin, la photographie. La conversion de cette dernière en pièce d'art, ne passa pas inaperçue de Thérèse. Et bien avant que Visa pour l'Image ne soit créé à Perpignan en 1989. Sa galerie fut, en région, l'une des toutes premières à montrer des travaux photographiques: présenter Patrice Gadea (1982), Gérard Jaubert (1984, 1987), Pierre Corratgé (1986).

C'est une exposition de pastels de Gilbert Desclaux qui a été la toute dernière proposée par Thérèse, devenue doyenne des animatrices de galeries.  Si, parfois, au cours de son parcours, elle s'était sentie découragée (une critique injuste, une promesse non tenue) elle ne s'était jamais montrée désabusée, suffisamment convaincue d'avoir bien fait les choses: Patrick Loste, Roger Estève, Serge Fauchier...Mario Chichorro, Daniel Humair ce n'est pas rien. Ni la fidélité d'un Claude Viallat, etc...ils sont si nombreux. Ce à quoi souscriront facilement toutes celles et tous ceux qui ont suivi son "combat" et celles et ceux qui en prendront la bonne mesure en découvrant le catalogue complet -il reste à faire- de quarante-cinq ans de "combat".

On ne peut qu'être très ému par le décès de Madame Thérèse Roussel dont nous avions fait la connaissance au début des années 1960. Que toute sa famille trouve ici l'expression de nos condoléances les plus attristées. Elle a compté pour nous aussi, beaucoup.

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vendredi 8 juin 2018

FOSSA et les TURCS

Dans la correspondance de François de Fossa, il y a au moins trois allusions succintes aux Turcs qui invitent à se demander l'attrait qu'ils lui inspiraient, s'il parlait de ses contemporains ou s'il ne faisait qu'une citation de Turcs de l'histoire ou de la littérature, comme pourrait le faire par exemple un lecteur de Montesquieu. Fossa, connaissait-il cet auteur? Difficile à dire. Mais la Turquie, l'Empire Ottoman est une puissance, et donc dans l'air du temps. Comme l'on dirait aujourd'hui, la Turquie est dans la doxa de la géopolitique des annnées où vit, sert et écrit le Perpignanais. Trois lettres. La première datée d'avant l'entrée des troupes napoléoniennes en Espagne et de l'arrivée du Grand duc de Berg (le général Murat) à Madrid. La seconde du début de la retraite vers les Pyrénées de ces mêmes troupes. La troisième des retrouvailles de Fossa avec Paris, où il avait séjourné en 1810 pour la première fois, membre accompagnant d'une délégation diplomatique espagnole. Il est à Paris mais avec quelque espoir de retour à Madrid avec son protecteur joséphin Miguel Josef de Azanza, duc de Santa Fé, dont il partage alors la situation de réfugié.     

 

I) Cadix, 19 juin 1807

"C. 1 va me charger jusqu'à Figuères d'un gros caifson d'argenterie et de deux malles appartenant à Anglade: cela m'est afsez égal: le carrou sur lequel je partirai portera tout cela, à tant par arrobe, il m'est fort indifférent que la charge appartienne au grand Turc2 ou au Sultan d'Egypte3.C'est toujours un service que je rends à C. Et il me donnera l'argent nécefsaire pour en faire les frais."

2) Valladolid ou Vitoria, 8 juin 1813

"Je ne suis point esclave: nulle autorité dans le monde n'a la faculté de me priver du droit imprescriptible de disposer de ma personne, ni de celui qui est encore plus sacré d'augmenter mon bien-être. Si je le trouvais en Turquie, ce serait en Turquie 4 que je me fixerais. »

3) Paris , 23 octobre 1814

"Je crains bien que les réfugiés espagnols ne rentrent que très tard dans leur patrie et surtout dans la pofsefsion de leurs biens. Le grand Turc 5 n'est pas plus despote que Ferdinand 6; celui-ci ne reconnaît d'autre loi que son caprice; l'autre a au moins un Divan qu'il respecte et qui entrave un peu ses actes arbitraires. Les Ministres espagnols, tout en ramenant ce malheureux pays à l'ignorance du moyen âge, ignorent l'art de gouverner; ils n'ont pas le sou, et leur avidité, ainsi que leur défaut de délicatesse leur fera faire main bafse sur les biens de ceux qui se sont comportés mieux qu'eux, quoique d'un parti différent."

 

1- Par cette initiale, il désigne Canclaux, vice-conseul de France à Cadix, dont la mère se partage entre Estagel et Perpignan.

2-le Grand-Turc — Abdülhamid Ier, sultan de l'Empire ottoman de 1774 à 1789. Sélim III (1761-1808), neveu du précédent sera sultan de l'Empire ottoman d'avril 1789 à mai 1807. 

3-Méhémet Ali (1769-1849), sultan d'Egypte, nommé par les Ottomans.

4- Fossa évoque au fil de sa sorrespondance d'autres pays où s'expatrier. L'Amérique (Louisiane), les Canaries, l'Angleterre...Ce sont de "possibilités" contrariées soit par les aléas de la vie amoreuse, soit par les vicissitudes politiques.

5-Mahmoud II  (1784-1839) sultan de l'Empire ottoman  de 1808 au Ier juillet 1839.

6- Ferdinand VII pour lequel il eut au début quelque sympathie mais dont il déchanta une fois sur le trône d'Espagne. La comparaison qu'il fait entre les régimes politiques espagnol et turc n'est vraiment pas à l'avantage du premier. Le royaliste François de Fossa  incline vers une monarchie constitutionnelle, même s'il n'aurait pu être partisan de la Constitution de Cadix (1810). 

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Deux Illois et...POMPEU FABRA

"L'ANY POMPEU FABRA" ne correspond pas seulement au 150 ème anniversaire de la naissance le 28 février 1868 à Gràcia/Barcelona de celui qui sera "el seny ordenador de la llengua" mais également au 70 ème anniversaire de sa mort à Prades (en Conflent) le jour de Noël de 1948, laissant une très importante oeuvre de linguiste et grammairien. Une oeuvre qui ne laissa pas indifférents deux grands universitaires nord-catalans, les deux fils de la ville d'Ille-sur-Tet. A savoir Joseph Sébastien Pons (1886-1962) et Pierre Fouché (1891-1967). L'un et l'autre contribuèrent à faire connaître l'homme et son oeuvre en France. J.-S. Pons prononcera devait prononcer le 5 juillet 1945, à la Faculté des Lettres de l'Université de Toulouse (où il enseignait depuis une dizaine d'années) le discours de bienvenue au savant grammairien pour la remise des insignes de docteur honoris causa. Discours d'universitaire et d'hommes de lettres (poète et dramaturge) qui, a un moment de son intervention, s'exprima avec une pointe de malice "Le grammairien ne forme évidemment pas la langue. Il la reconnait avec ses yeux plus clairs, il l'ordonne, il la proposeàl'attention vagabonde de l'écrivain". P. Fouché, philologue, spécialiste de phonétique, notamment roussillonnaise, prononcera à la Sorbonne (il enseigna à la Faculté de Paris de 1937 à 1962) l'un des quatre discours d'une cérémonie commémorative en l'honneur de "M. Pompeu Fabra, restaurateur de la langue catalane". C'était le 31 mars 1949, trois mois après la disparition de l'exilé de Prades à l'âge de quatre-vingts ans.  Le deuxième grand exilé avec Pau Casals (1876-1973)  qui partira en 1966 pour San Juan de Porto Rico. Le savant et le musicien!, les deux ont irrigué culturellent par des notes et des mots justes et harmonieux le département. Un Festival de Musique et...une Université catalane d'été.

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De Céret et de Narbonne

De Céret, la galerie d'art Odile Oms (10 rue du Commerce) nous fait savoir que l'exposition du peintre ROGER COSME ESTEVE est prolongée jusqu'au 16 juin. Ne manquez donc pas cette deuxième occasion de pouvoir vous y rendre. ESTEVE ne laisse jamais indifférent. Il planque des merveilles dans les détails.

De Narbonne, la ville nous fait savoir que c'est ce samedi 9 juin à partir de 15 h 30 que sera inaugurée à L'Aspirateur (avenue Hubert Mouly) l'exposition "LAST CALL" proposée par l'artiste PATRCK CHAPPERT GAUJAL qui joue la carte de l'in et du off. Artiste surprenant.

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55 Artistes...aux Urnes, de Bruxelles à Perpignan

Il fallait une certaine audace pour fomenter une réponse de solidarité d'artistes aux événements hispano-catalans consécutives aux élections du 1-O (Ier octobre 2017). Non seulement cette réponse existe aujourd'hui et s'exprime à travers une représentation plurigénérationnelle et transpyrénéenne et va connaître une itinérance européenne (souhaitée...) avec une inauguration à Bruxelles à la fin de ce mois de juin, une étape à Perpinyà en août, etc...Une exposition collective, due à l'intrépidité et à l'intuition de se son tandem de commissaires, Esteve Sabench et Fina Duran. A partir d'un exemplaire d'une Urne (en papier) fournie pour un développement plastique ingénieux à 55 plasticiens professionnels (cf liste ci-dessous). Les uns très connus, d'autres moins connus, et certains progressant vers la reconnaissance. On décompte trente cinq artistes de ou travaillant en Catalogne sud et une vingtaine de nord-catalans...L'important étant simplement, semble-t-il, la réponse imaginative, intellectuelle, politique, voire métaphysique qui a été apportée (chacune dans un style d'écriture propre) à la violence d'une entrave et persécution civique et démocratique particulièrement intolérante. Le résultat artistique est des plus conséquents et exprime bien plus que l'illustration circonstancielle d'une colère, ou d'une opposition. Il prouve que le fait d'imposer un sujet unique ne réduit pas l'éventail des investigations et des propositions plastiques. Marquées, bien sûr, par les signes d'une traversée de l'histoire de l'art contemporain (de la mort de Franco-1975 à l'application de l'article 155 de la constitution espagnole, sous Rajoy). Signes fort singuliers de l'un à l'autre des créateurs et créatrices indigné.e. s et en empathie avec un peuple. Prouve également que l'appel du politique n'étouffe pas toute inspiration critique. Que l'émotion ne brouille pas la clarté d'un projet. Et qu'il y a des motivations diverses pour se solidariser le peuple, la nation, la république, la démocratie... La majorité des 55 est née dans la décade des années 1950; sur les 55 dix-huit sont des femmes.  "55 URNES PER LA LLIBERTAT" est le titre complet de cette exposition qui fait l'objet d'un livre en deux parties, sur le point d'être publié. La seconde partie étant le catalogue illustré. La première constituant une contribution à plusieurs voix sur l'explication de ce qui est advenu. Les signataires en sont: Joan Becat, Professeur émérite (Université de Perpinyà, membre de l’"Institut d’Estudis Catalan", Xavier Antich, philosophe, professeur (Université de Girona), Vicent Partal, Journaliste et director de Vilaweb, Joan M. Minguet Batllori, Professeur d'art contemporain ("Universitat Autònoma" de Barcelona) à lire et relire avec attention : "L'ART COM A TRINXERA, L'ART COM A COMPROMIS, Vicenç Altaió ("Bon cop de vot")  et  Jordi Bartoli, Journaliste et  photographe. Voici la liste des exposants:

 

Franc Aleu

Nora Ancarola

Miquel Arnaudiès

Biel Barnils Carrera

Jacquie Barral

Núria Batlle

Pere Bellès-

Fabien Boitard

Danièle Busquet

Tom Carr

Francesca Caruana

Pascal Comelade

Roger Cosme Esteve

Joël Desbouiges

Quim Domene

Philippe Domergue

Pep Duran Esteva

Ignasi Esteve i Bosch

Joan Fontcuberta

Marc Fourquet

Gabriel

Jesús Galdón

Jordi Isern

Salvador Juanpere

Emmanuelle Jude

Patrick Jude

BKB (Brigitte Kühlewind-Brennenstuhl)

Delphine Labedan

Lola Lasurt

Antoni Llena

Anna Llimós

Francesca Llopis

Assumpció Mateu

maro (Odile Marot)

Enric Mauri

Carme Miquel

Pere Noguera

Gilles Olry

Frederic Perers

Enric Pladevall

Xevi Prat

Jaume Ribas

Antònia Ripoll

André Robèr

Dolors Rusiñol Masramon

Esteve Sabench

Gerard Sala

Carme Sanglas

Claret Serrahima

Servand Solanilla

David Torrents & Jacqueline Molnár

Francesc Torres

Montse Vendrell

Christian Vila

Marga Ximenez

Fotografies:

 RobinTownsend

La manifestation "55 Urnes per la Llibertat" est coordonnée par Hervé PI du  "Comité de Solidarité Catalane" (Catalunya nord).

C'est l'Eglise Saint-Jean-Baptiste au Béguinage qui accueillera à Bruxelles le lancement de l'exposition. Vernissage le 15 juin à 20 h. Elle y restera jusqu'au 15 juillet.

Elle sera proposée à Perpignan à la "Maison de la Catalanité"  (Place J.-S. Pons) du 31 août à la fin septembre 2018.  

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jeudi 7 juin 2018

Le peintre PiERRE GUYOT (1934-2018) n'est plus.

 

Ils étaient quatre. Ils n'étaient ni mousquetaires ni gascons mais... peintres. Ils s'appelaient Serge Bonacase, Pierre Burnoud, Balbino Giner et... Pierre Guyot. Les plus anciens se souviennent. Ils ne servirent aucun roi, aucune reine ni non plus aucun évêque mitré. Peintres pour le meilleur et le pire d'une résidence hors des grands centres, fermes dans leur indépendance d'esprit et un travail en toute liberté. Pierre Guyot, le dernier de ce quatuor du plaisir visuel, de la toile (avant l'internet) nous a quittés ce midi du 7 juin. Jour de pluie et de profond chagrin pour celles et ceux qui l'ont approché et aimé.Peintre, Guyot le fut à pleine palette mais hors normes et recettes académiques et flirts  avec les modes changeantes . Artiste, il le devint aux avant-veilles de 1968, date à laquelle il abandonna le monde des forges, où il était ingénieur pour se convertir en créateur de paysages. Originaire d'Orléans (où il naquit le 16 décembre 1934), il choisit le Roussillon comme point d'ancrage.

     Tout d'abord installé à Collioure, au Coma Chéric où un temps il pratiqua la sculpture à l'arc électrique, tombant ensuite masque pour passer au chevalet et au jeu des couleurs. Le peintre est adopté par les habitants de Collioure. L'un de ses premiers tableaux s'appelle « Marché au soleil » et il offre sa première exposition en terre catalane à l'accueillante "Hostellerie des Templiers "de Pauline et René Pous. Il s'y fait connaître par un « Christ à la Colombe » qu'il gardera avec lui toute sa vie et que ses amis pouvaient voir quand ils lui rendaient visite à Perpignan. 

    La conquête du département par le peintre autodidacte venu du Loiret venait de commencer. Elle ne sera pas aisée. Mais le soutien de quelques uns de ses pairs le confortera dans cette vocation...Le voici, après Collioure, à Perpignan. Rue des Augustins, puis rue des Abreuvoirs, déjà proche du coeur mondain de la cité. C'est la place de la Loge, où il aménage un assez vaste atelier au deuxième étage d'une immeuble en vis à vis du beau portail Bourguère de la Mairie. Cette Loge, dont la vestale est une très appétissante vénus maillolienne qui fit rougir, à la suite du romancier Michel Déon (disparu fin décembre 2017), auteur des "Poneys sauvages", d'autres écrivains confirmés ou en herbe. Le voilà haut-perché, à deux pas de la rédaction et des rotatives insonorisées de L'Indépendant. Pierre Guyot porte beau, et traverse la place avec une détermination élégante. Sans doute l'air un peu bohème mais pas du tout dans le look des marginaux des seventies. Hors-peinture; il devient familier du Café de France, de la Bourse et de la Brasserie de la Loge, tenu par les Deprade, qui seront parmi les premiers défenseurs de son art.  A la fois mieux installé en atelier et plus assuré dans son travail, il peut peindre dans plus de sérénité et recevoir en son atelier, parlant musique et poésie autant que peinture. Parmi ses amis: le précieux et silencieux Pierre Burnoud et les deux stars locales de l'époque: Serge Bonacase, l'abstrait et Balbino Giner, le figuratif.

    Loge: lieu de passage. Il y croise des visages d'art nouveau, comme André Valensi, le benjamin des ex-Supports-Surfaces, ou Marc Fourquet, le fils d'un de ses premiers collectionneurs, le peintre anglais Brian Day Parsons ou le balaladin dunkerquois Roland Rogier (ami de Marc Ogeret et du jeune Bernard Lavilliers), Manuel Puigbó, le peintre de chevaux de Toulouges, Peter Weiss, le sculpteur de Montauriol, N'Guyen Cam peintre d'origine vietnamienne rencontré à "La Main de Fer" ou encore l'enigmatique Eric Kram, confectionneur de tableaux aussi libertins que surréalistes. Ses amis et bien sûr des clients ("ils sont  de Castelnou, Collioure, Camélas, Port-Vendres, Salses, Olette ou Font-Romeu"). Guyot élargit le cercle de ses connaissances qui adhèrent aux promesses de ses réalisations: apaisement, repos, évasion. Entre Méditerranée et Canigou, il édifie de tableau en tableau sa notoriété de peintre paysager, de ciels, d'eaux.... On parlera à son propos de Corot et dans un vocabulaire proche de celui que Henri Focillon employait pour parler de ce maître de Barbizon. C'est dans cette valorisante proximité que le remarqueront et le présenteront les plumes autorisées de la critique d'art des quotidiens régionaux: Jean Thiéry, du Midi Libre, Georges-Heni Gourrier, de L'Indépendant. De fait la critique est dans le sillage du premier texte sur les tableaux de Pierre Guyot, à savoir le respecté Pallade Violet, l'un des fils de Gustave Violet, un des sculpteurs fameux de Catalogne. Voici un extrait de ce que Pallade écrivit en guise de préface à la première exposition de Pierre aux "Rois d'Aragon" (rue du Théâtre, à Perpignan). Pallade Violet écrit: « Je contemple toujours avec une chaleureuse joie sensorielle ces bords d’étangs, ces paisibles rivières, ces feuillages, ces arbres, ces bosquets et ces buissons, tantôt ennoblis par les magnificences automnales, tantôt suavement verdis par le plus juvénile des printemps.»  C'était en décembre 1970.

    Ayant un peu le vent en poupe, il saisit l'opportunité pour exposer hors-département. Ce sera, par exemple à Orléans, sa ville natale. Ville qui lui est restée chère, qui aussi celle de ses amis d'enfance: Jehan Gaudry, qui se fera lui poète surréalisant, ou des frères Soulas, enfants du directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, une école qu'il ne fréquenta jamais (malgré son souhait secret) et dont il retrouvera l'un de ses directeurs, le sculpteur Marcel Gili, né à Thuir.  Guyot a alors 40 ans. Suivront des accrochages à Montpellier, Valenciennes, Carcassonne, Narbonne, etc... Son style de peintre paysagiste où les atmosphères priment sur les éléments d'un réel  s'affirme. Il revendique haut et fort sa singularité : « Mon problème n'est ni celui des peintres- professeurs ni celui des mémères à aquarelles ». Genre de propos qui ne lui fait pas que des ami.e.s. Et il persistera dans cette voie d'indépendance, consolidant (généralement dans des petits et moyens formats) une peinture qui, lors de son -unique- exposition à Barcelone (Galerie Bérénice, 1974) sera célébrée comme une fête, une joie : « Una gran fiesta estética, espiritual. Una alegría." (Ramón Amposta - "Radio 7". "La Vanguardia" (ce n'est pas un titre de presse sans valeur) publie l'un des 70 paysages de l'accrochage,  accompagné de ce commentaire du journaliste Fernando Gútierrez " una gran sensibilidad. Son pinturas trabajadas amorosamente, con esa gran delicadeza que recuerda la tradicional pintura japonesa. » Pas moins!. De ce bon accueil (critique et commercial) de la capitale catalane, le peintre de Perpignan ne cherchera pas à tirer davantage de profit. Se sentant adopté par le public, il semble se satisfaire d'une notoriété d'espace régional.

    Les années 1970-1980 sont des années très créatives. Stimulé par de bonnes critiques, un entourage amical parmi lequel il y a M.G. Braun, le père de « Sam et Sally », alors auteur à succès du roman d'espionnage au "Fleuve noir", et résidant alors à Port-Vendres. Braun le mentionne dans "Chambre 12", l'un de ses nombreux ouvrages: "-Comment est votre chambre, monsieur Glenne ?.- Je n’ai pas de chambre. J’occupe un studio au premier étage sur cour. Le lit est logé au fond d’une alcôve. J’ai un bahut espagnol et, dessus, une statuette de Giacometti ; aux murs une toile de Pierre Guyot et une aquarelle de Grandidier. La cuisine est petite et, dans la salle d’eau, le sanitaire est en faïence rose. » (Fleuve noir, 1972-p 167). (Le titre de cette toile est "Petit oiseau dans la neige"). Autre ami et mécène Jean-Victor de Villelume, le Marquis, fils d'un général gaulliste et homme de la longue nuit et des daubes servies au petit matin, dans un hôtel particulier à mémoire aristocratique, au pied de la Réal.  L'oiseau qui a grandi et fortifié ses ailes se sent plutôt à l'aise dans son nid qu'il appelle "mon fief et qu'il ne quitte qu'assez exceptionnellement ". Pierre n'aime guère voyager, ou s'expatrier trop longuement. Plutôt casanier et famille. C'est ainsi qu'il résistera à la tentation parisienne (une seule exposition en 1982). Il franchira néanmoins le "channel", Londres ayant revêtu quelques beaux atours qui l'appelèrent à quelques épisodiques séjours en 1984, 1985 et 1986. Le peintre Guyot n'allait pas à Tottenham ou sur les bords de la Tamise pour chômer, contempler le smog, ou se distraire. Il y peint et redouble d'ardeure de créer. Ces  expériences londoniennes vont d'ailleurs s'avérer des plus bénéfiques. C'est ainsi  que lors d'une  présentation à Perpignan cette production anglaise est saluée par la critique toujours unanime. Hier, c'était en lui associant le nom de Corot, on aujourd'hui, on convoquait celui de  Turner. Georges-Henri Gourrier note dans un de ses articles  : "Et justement avec ses compositions récentes, peintes en Angleterre, Guyot nous invite à faire quelques pas dans les nuages. Il a agrandi ses formats et décentré ses paysages en laissant la plus large place au ciel qui devient l’élément vital du tableau. Au pays de Turner, l’osmose de la lumière et des nuages prend toujours une importance singulière.»

    William Turner, celui que l'historien John Ruskin donnera comme « le premier peintre vivant au monde capable de voir la beauté d’un coteau », mais celui qui, pendant l'été 1826, voyagea  en France à Nantes et à... Orléans et qui vit, oui qui de ses yeux admira puis  dessina... des bords de Loire. bords d'un fleuve si chers à Pierre Guyot. Comment n'aurait-il pas été heureux du regard que l'on portait sur lui? Lui qui répondait, à ceux qui le molestaient en une période de conceptualisme ou arte povere regnant   pa la question « Pourquoi êtes-vous paysagiste?, " coloriste- Parce que j’étais un coureur des bois, un Raboliot des bords de Loire ». Un paysagiste avec une fierté de l'être qui n'appelait aucune réserve. René Grando, brillant journaliste de l'époque, ébloui comme ses confrères et consoeurs par la manière Guyot, vante  son « pinceau minutieux" de  "l'orfèvre du paysage » qui « fouille inlassablement le secret des arbres, des feuillages, des mille palpitations de la terre vivante » (L'Indépendant, septembre 1982). Un aspect de l'art du peintre qui révèle une forte sensibilité à la crise de l'environnement qui commence à cristalliser une vigueur militante. Lors d'une exposition en Quercy, le journaliste Jacme Gaudas  de La Dépêche du Midi écrit:" La nature, il la dépouille, la laisse brute, délaissant volontairement la présence de l'homme comme pour lui montrer qu'il ne sait plus la voir" ("Pierre Guyot au royaume d'Icare, 1987)

    Depuis ses premiers accrochages à Collioure (1968), et sa première exposition à Perpignan (1969), invité par Nana Montez « Aux Rois d'Aragon », Pierre Guyot a gagné en maturité, en crédibilité et aussi en notoriété. Il n'était plus l'ingénieur des forges, mais il appartenait chevalet, pinceaux et palette à la communauté des peintres « self-made-men ». A la fois respecté et sollicité...mais jaloux de sa liberté et des fruits qu'il offrait de cette liberté. Le maître de la Loge  était peu accommodant quand il affrontait un public. Surtout lorsqu'il  constatait que l'on s'était permis quelque licence avec ce qu'il avait demandé et qu'on lui avait assuré. Cela pouvait aller jusqu'au... déménagement immédiat des tableaux accrochés. De tels déménagements eurent bien lieu, en Capcir ou en Cerdagne,   dans un restaurant puis une banque ayant pignon sur rue à Perpignan, ou encore au casino de Collioure... Il voulait être-et l'aura été- son unique patron et metteur en scène. Il rejetait les contraintes d'un contrat passé avec une galerie. Il marquait  une préférence  pour ce qu'il pensait être les vrais lieux de la vie sociale : cafés, restaurants ("Brasserie de la Loge", "Petites Marmites", et acceptait d'accrocher dans un hall d'hôtel que dans  un centre de vacances (voire naturiste à Port- Leucate), sur les barrières d'un ranch (Le Boulou), ou les murs d'un casino (Lydia à Port-Barcarès)... Mais Pierre Guyot resta fidèle « Aux rois d'Aragon » (jusqu'à la fermeture de la galerie). Firmin Bauby, le mécène de Sant-Vicens réussira à convaincre l'esprit indépendant de rejoindre les permanents de sa "Galerie Sant Vicens". Pierre  dira même oui aux Anglade qui dirigeaient « La Main de Fer"(rue de la Révolution française) et  organisateurs  d'une très belle « Quinzaine d'Art en Ribéral" au milieu des années 1970, à Villeneuve de la Rivière impulsée par Carole Bernard et Jean Dauriach.  Pierre Guyot affichait un caractère individualiste mais avec un coeur fraternel, disponible et solidaire. Il prêtera son concours à des gestes humanitaires.

    Si son aventure artistique ne renvoie ni à un Matisse ni moins encore à Picasso, pourtant on ne peut manquer d'y relever sur un mode qui peut -être mineur, confidentiel et presque d'initié à initié, des évolutions de sa facture et de ses supports sinon de ses sujets. Rompant par exemple avec le petit format sur lequel s'était construite son entrée dans le peinture. Jean Thiéry avait vanté ses « miniatures ultraffinées », celles-là mêmes auxquelles un critique barcelonais accordera une "délicatesse japonaise". Joël Mettay, autre plume pertinente et étincelante de la critique, sera parmi les premiers à remarquer: « L’ami Pierrot, l’homme qui illumine les pierres »  n’intègre pratiquement jamais d’élément humain à ses célèbres paysages » . Mais Guyot s'attaqua à une suite de tableautins (miniatures) où la figure de la femme, du moins un profil féminin est identifiable. Il s'agit de la  « Femme devant un paysage » dont l'origine aurait été un croquis de femme au chignon. Thiéry, non sans une pointe de misogynie évoquait "ses petites bonnes femmes", mais Gourrier, moins taquin parce que plus intime, parlait lui de "Variations pour Elle". Guyot sans renverser sa table de travail assumera d'autres ruptures: abandon du papier,  retour à la toile et à l'huile (alors que la nouveauté poussait aux acryliques) et, mais plus particulièrement liée à ses épisodes londoniens, une sorte de... révolution céleste. Car dans ses paysages, il y a des nuages d'avant et des nuages d'après Londres, donc une réécriture des ciels.  Le critique Jean-Claude Marre (L'Indépendant) qualifiera, on ne peut plus clairement, de "paradis célestes", les tableaux que le peintre a ramenés de la capitale anglaise pour composer l'exposition d'inauguration d'un restaurant de la rive-gauche de la Basse et appelé Le Quai (Vauban). Ah! comme ils ont fait chanter les claviers des journalistes, ces nouveaux ciels guyotiens. Jusqu'au dithyrambe, à écouter la lyre de Michel Alexandre Querenet qui louera un n° de "La Semaine du Roussillon": "Ses ciels qui flamboient embastillent le vulgaire. Ils interrogent les nébuleuses des plus hyperboréennes aux plus australes. Ils sont comme le chemin vers le Walhalla, un pont de lumière entre les dieux et les héros." Il est bien sûr à la pointe des pinceaux de Guyot d'autres sujets, comme les ruines ou les sous-bois..."

    Au début des années 1990, l'orléanais, le solognot Guyot était un peintre roussillonnais... incontournable. Entre Martin Vivès ou Germain Bonel et des représentants de l'avant-garde qu'il croise, sur la place de la Loge ou à l'occasion de quelque vernissage, avec lesquels il peut lui arriver d'échanger quelques mots mais dont il ne comprend pas l'activité. Mais il se  soucie peu de ce qui se montre à Céret, Collioure, Saint-Cyprien ou au Château de Jau (Cases de Pène) ou s'apprend à l'école d'art de Perpignan. A propos de Claude Viallat, quand, malicieusement, on le cite devant lui, il tranche sèchement : « Le temps nous donnera la vérité sur ces gens-là ». Lui, est d'une autre tradition. Ni leader ni suiveur, il peint à sa guise pour son plaisir et pour vivre. Qu'il le fasse à Collioure, Perpignan, Castelnou ou  Camélas, ou à Auvers St Georges (Essone), Marchy la Vilette (Loiret), ou Penne (Tarn) -où vivait son frère aîné et inspirateur Michel Guyot, sculpteur et ami de Noël Arnaud, le pataphysicien et biographe de Boris Vian, il ne trahit aucun de ses engagements picturaux. « Enfin, on retrouve avec plaisir des paysages de Pierre Guyot qui nous rappelle avec sa maîtrise que la nature se voit autant qu’elle s’invente et qu’elle est le continuel écho d’un paradis perdu. » (Georges-Henri Gourrier). Son succès (bien sûr tout relatif à l'échelle régionale du marchés de l'art ) s'explique par une conception de la peinture qui ne répudie pas la valeur et l'éthique esthétique. Cette peinture de paysages qui reçut d'emblée l'estampille de "peinture apaisante » est vue ausszi comme « invitation au voyage loin de toute civilisation ». Pierre Guyot, le maître de la Loge, n'était pas seulement un doux rêveur, un magicien enchanteur, un subtil coloriste, un harmoniste d'états d'âme (qui connaissait et appliquait les dégradés d'un Piet Mondrian )... Il aurait pu cultiver d'autres talents et être (ce qu' à ses débuts il avait tenté avec "Promotion Magazine", une initiative de revue en Vallespir qui tourna court) un graphiste et directeur artistique. Ses amis  britanniques, le couple  Colin et Moira Maclean et Mark Wilks -qu'il avait connus comme habitués du restaurant "Les Petites Marmites" de la rue de la Poissonnerie à Perpignan), des professionnels de l'illustration et de l'édition, en étaient convaincus. Il fallut attendre quelques  années avant qu'une exposition à L'Instant critique/ Club de la Presse, rue du Castillet ne dévoilât d'autres aspects de sa personnalité créative. Par exemple, celle d'un chroniqueur graphique, au travers de deux séries graphiques. L'une d'accent dramatique intitulée "Exodes", l'autre plus satirique dite "Épouvantails".

    C'est que le petit Pierre,  fils d'une famille ouvrière de cinq enfants a connu la guerre, l'exode, et sa ville -celle de Maurice Genevoix- en ruines et que, parachutiste engagé, il fut de ceux qui eurent "vingt ans dans les Aurès", et ensuite pressé par les nécessités de l'existence, marié et père de deux filles, il n'eut guère le temps, jusqu'en 1967/68 de rêvasser sur le bord de la Méditerranée, se tournant vers les Albères ou les Corbières, sa région d'adoption . « Le passé », aimait-il à dire en employant une belle métaphore « constitue les aiguilles du tricot que l’on va faire ». . C'est en Roussillon qu'il a fait son tricot durant un demi-siècle et qui se compose de centaines et de centaines de tableaux. Cinquante au fil d'amour et de désamour, d'enthousiasme et de doute, de colère aussi. Il est rare qu'une vie d'artiste soit un long fleuve tranquille... Celle de Pierre Guyot n'a pas échappé à cette règle. Cette vie c'est aussi celle de la cité. Guyot, artiste dans la cité, donc un citoyen en droit d'exprimer ses émotions face au quotidien, ses solidarités et ses coups de gueule. Celles et ceux qui l'ont connu se souviennent certainement de ce qu'il confia à la journaliste Corine Sabouraud : « Avons-nous des leaders, des hommes forts, intègres, imaginatifs, capables de secouer les puces ? Même en cherchant bien, malheureusement, je n’en vois pas. Et je crois être lucide. Parce que même pour un artiste, la vie de tous les jours existe. Nous avons, nous aussi, les pieds sur terre. Alors, mon combat, moi je le mène avec ma peinture, mais en franc-tireur. Je ne dois rien à personne. Ni a un parti, ni aux municipalités, ni aux affaires culturelles ». (L'Indépendant 7 janvier 1991). Cette colère, il est vrai, s'alimentait de celle d'un Jean-Yves Bentegeac, le préfet de la région Languedoc Roussillon qui, un an plus tôt, avait asséné dans les mêmes colonnes du journal son verdict: « Restent les P.O. Alors là, c’est la déliquescence. Qu’est-ce qui se passe dans ce foutu bout de territoire qui a tout pour réussir ? Le peintre de la place de la Loge, le « paysagiste pulsionnel » (G.-H. Gourrier et à la plupart de ses confrères, l’ «orfèvre du paysage « (R. Grando),« lHyperréaliste de l’imaginaire (G. Blanc), le « peintre à l’archet invisible « (J. Queralt) était tout simplement excédé. Il répondra à Gérard Blanc qui l'interrogeait avec  Joël Mettay, pour« Passeport pour la Nuit », une émission Radio-Midi Soleil: « Ce que je veux c'est être tout à fait libre pour peindre." 

    Chez lui.... épinglée sur un mur mais bien visible pour l'invité cette citation « "Efforce-toi de ne pas être de ton temps » et cette autre mais que le regard  ne débusque pas aussitôt: "Je thème un point c'est tout". Être tout à fait libre pour peindre et vivre de sa peinture. Sa fierté est de l'avoir été contre vents et marées. A Pierre Poch, journaliste à la publication" Sud", il livre : « Trop de gens se disent artistes et ne vivent pas de leur peinture. Les mémères à aquarelles qui perdent leur fric en expositions pour se faire plaisir ne m’intéressent pas. »  Il a osé vouloir vivre de son travail. Les temps économiques n'ont pas toujours été au beau fixe. Mais il n'a pas lâché son combat, sa raison d'exister faire ce qu'il aimait faire. Son objectif n'était un quelconque "embourgeoisement mais "d'apporter du bonheur visuel.  Et il ne cachait pas son orgueil d'intégration chez les Catalans à se retrouver dans deux documents-événements pour servir à l'histoire de l'art départemental. Les deux datent de l'an 2000. Pierre Guyot figure parmi les 20 artistes retenus par Henri Sagols pour l'exposition "20 ans de vies d'artistes" de  l'association "Rivage des Arts". Il figure également dans l'ouvrage « Art & Artistes en Pays catalan au XX° siècle », initiative de la  Jeune Chambre Économique des Pyrénées-Orientales. D'une certaine manière une reconnaissance, une consécration?

    Pierre Guyot est devenu le peintre de Perpignan. En vivant et travaillant dans trois ateliers successifs. De 1969 à juin 1976,  au n° 1 de la rue des Abreuvoirs. Du Ier juillet 1976 au printemps 1994, au 3 étage d'un immeuble de la rue d'En Nebot donnant sur la place de la Loge, dont témoigne un reportage du Midi Libre signé Anne-Marie Vergès: "Au dernier étage, juste sous les toits d’un de ces vieux hôtels de la Loge, nous pénétrons dans l’antre, inondé de soleil. Dans un amas hétéroclite de pinceaux, de toiles commencées, de couleurs jetées ça et là, de fougères et de géraniums se découpant dans le contre-jour, un large sourire nous accueille. Des étincelles de plaisir passent dans le regard bleu tendre. Nous discutons à bâtons rompus…Pierre Guyot est un véritable feu-follet, du vif argent !" Dans ce lieu que Pierre Guyot appelait "mon fief", il demeura ...18 ans. Il le quittait (emmenant avec lui son chat "Fusain") le 7 mars 1994 pour habiter un immeuble (de trois étages plein soleil) au n° 15 de la place Fontaine-neuve/Joseph Deloncle. Il y aura vécu jusqu'à sa mort ce jeudi 7 juin 2018 à l'âge de quatre-vingt trois ans et demi.

    Le Muséum d'histoire naturelle, très proche de son domicile, aura été le seul musée régional (louange à son directeur d'alors !) a l'avoir exposé (décembre 2005) et à avoir donné quelque écrin à la préciosité de ses paysages. Témoignages charme et séduction, éclats et pleurs de passion d'un ouvrier de l'imaginaire et de ses espaces de beautés, voire de vérité. Des paysages non pas réels (Guyot n'était pas un naturaliste) mais des paysages « artialisés », pour parler un peu pointu comme Alain Roger, le grand historien de l'Art. Des paysages destinés, comme il le note dans son journal,  à « ma construction spirituelle et son affinement ». Une construction qu'il aura toujours développé, cheminant avec la grande musique, la poésie (qu'il écrivait à ses heures), et l'humour qui affleurait facilement à ses lèvres; toutes choses qu'il aimait à partager dans une convivialité humaniste comme le montre « La Table de Pierre", qu'il dressa pour accueillir manger, boire, échanger et rire une « Chevalerie de la Table Longue », composée d'amis choisis et que l'un d'entre eux et non le moins aristocrate et disert fut Michel-Alexandre Querenet qui la rebaptisa « La Guyothèque. Un lieu de vie"! 

     Pierre Guyot était lun des doyens des artistes des Pyrénées-Orientales. Cinquante ans de production artistique. Avec des moments de succès ou de visibilité médiatique -comme ose le dire un certain monde obscurantiste. Avec des moments moins chanceux, d'éloignement, voire d'oubli. Peu quémandeur pour lui-même, l'ancienne capitale du Royaume de Majorque ne devrait pas ignorer que Pierre Guyot fut l'un de ses plus honorables artistes et qu'il n'a sans doute pas eu la reconnaissance méritée. Pierre était un ami de très longue date. Nous lui devions cet hommage à travers des figures qui lui ont été proches et l'ont toujours soutenu, en période ensoleillée comme en période plus assombrie par les difficultés économiques  Que toute sa famille trouve ici l'expression de nos plus sincères condoléances.

 

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Vous ne serez pas compris

Le caudillo Cumulus Nimbus n'est pas du tout disposé à signer un retour durable du pape Soleil sur son trône. Ses sbires aiguisent leurs silex.

Les papillons ne sortent jamais en meute ni en essaim et rarement en escadrille.

Tout ce qui est chien n'aboie pas. Donc...prudence pour tout marcheur!

Les valeurs de Mai 68 ne rapportent plus rien. Je n'ai pu me débarrasser, à la dernière foire commémorative, d'un seul de mes pavés de collection.

Le pépiement d'oiseau est comme une paraphe du silence.

Ils disent qu'ils se mettent à nu, quels comédiens, ils ne nous montrent que leur première peau!

Je me suis mis à compter, il ne faut jamais oublier de le faire régulièrement, mais les chiffres allait bien plus vite que mon calcul mentale. L'addition m'a sonné et a laissé perplexe mon entourage!

Combien faut-il briser de vases de Soissons pour gagner un calumet de la Paix, disons au Moyen Orient et dans la famille du pavillon en vis-à-vis de mon observatoire "des paix qui ne pressent pas le pas".

On ne supplie jamais avec le poing serré et levé. Non, cela ne se fait pas. Faites-le et vous verrez vous ne serez pas compris!

Certains trouvent le sommeil en comptant (vielle recette de l'enfance) des moutons, d'autres s'efforcent de faire rendre gorge à l'insomnie en écrivant, en phrasant, en alignant des phrases, en habillant des paroles en mots.

Voici une question que, de nos jours, le grand Lao Tseu ne poserait pas à Conficius, un autre grand: "Les poissons essaient-ils d'améliorer l'eau?". "Que sont poissons devenus?" "Où est passés Lam la truite?

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lundi 4 juin 2018

Gaucherie

Au zoo Jean de La Fontaine de la Grande République des Lettres, je me suis fait quelques potes à poil dont l'ours, le loup... mais ni la grenouille ni le corbeau.

L'union fait la force, encore faut-il la vouloir de toutes ses forces, mais il y a sur nos quais revendicatifs trop de Popeye(s) qui n'aiment pas les épinards gonfleurs de biceps!

La start-up de l'arnaque ne connaît pas la crise, elle ne cesse de recruter... et ce n'est pas du cinéma.

Un psychologue: La timidité bien des fois emprunte à la gaucherie pour se dédouaner de ce qu'elle ne réussit pas.

Sans deux jambes valides l'audace ne peut gratter plus loin du bout de son nez.

Il pleut, ça mouille, il fait soleil, ça brûle, dans les deux cas on reste à la maison entre ombrelles et parapluies.

Que cherchait-il à nous dire? -En ce qui me concerne je ne cherche plus ce qu'il cherchait...à nous dire, et j'en ai pris mon parti, et je suis très bien sur ma chaire, pourquoi en bougerais-je?-Pauvre fonctionnaire!

Toutes les promesses ne vont pas jusqu'à la fleur d'amandier ni jusqu'à cette grenade qui s'entrouve pour s'offir au regard.

Il est des choses qu'il faut apprendre à ne pas laisser seules si l'on ne veut pas qu'elles se rebellent contre nous, par angoisse de l'abandon.

Le bon s'interroge entre le pas bon et le très bon: Retomberais-je dans le pas? Parviendrais-je enfin au très. -Bon! ça, c'est pas mon problème! dit le méchant de la fable.

Mille et une flûtes d'Hamelin sont bien impuissantes chasser toutes les violences de la société.

La numérisation des archives des voeux pieux est actuellement en cours mais elle devrait durer très longtemps.

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