L'été 1815, le sort militaire de François de Fossa n'est pas encore définitivement scellé. Il est à Paris, auprès de son protecteur Miguel Joseph d'Azanza, le duc de Santa Fé. Ils vivent comme des réfugiés espagnols. Le duc a été rappelé de Montauban avec justement son secrétaire de Fossa pour s'occuper de la question de leurs pensions. De Fossa sera d'ailleurs amené à faire quelques travaux au Ministère des Affaires étrangères. Il espère bien trouver un emploi durable. Il ignore alors s'il va rester en France, comme semble lui conseiller sa soeur, ou s'il ne va pas partir à l'étranger; s'expatrier par exemple en Angleterre où un de ses parents a un négoce.

Une opportunité locale se présente à lui en la personne de son ami d'enfance, Fançois Frion, de deux années son aîné et travaillant aux Arts et Métiers. Frion, pour des raisons de santé, paraît vouloir prendre sa retraite à Perpignan. De Fossa lui fait la cour, le presse: il aimerait tellement pouvoir lui succéder. Les deux hommes -c'est la faute à Frion dira de Fossa- ne s'accorderont pas. De Fossa en ressentira de l'amertume, il se croyait par cette solution professionnelle, tiré d'affaire. Comprenant au vu de l'évolution de la politique de l'autre côté des Pyrénées qu'il ne retournerait pas en Espagne, sa confiance en Ferdinand VII s'étant quelque peu émoussée en apprenant qu'il avait rétabli l'Inquisition. Bourbon, il était, Bourbon il reste mais dans une case "constitutionnelle", François de Fossa est un modéré. A l'image du député des Pyrénées-Orientales Jean-Baptiste-Bernard-Antoine Arnaud (1768-1839) né et mort à Perpignan. Il fut. Député du 22 août 1815 à 1816.

 La charte de Louis XVIII n'est pas pour lui déplaire. C'est la première restauration. Cependant le temps passe, il faut vivre, et les difficultés s'accroissent. Il n'a pas le sou, il est à la charge du duc avec lequel il cohabite et qui ne roule pas sur l'or: il n'est plus rien, un vaincu, un exilé. François, sans doute stimulé par sa soeur, écrit à son parent Garcias, le commerçant de Londres. La réponse négative -à laquelle il ne s'attendait pas-le force à prendre une décision. Se mettre au service du roi. L'actualité politique accélère cette décision. Le voici “dans les Volontaires royaux de Vincennes en qualité de Volontaire de la Compagnie du 4 Bataillon organisé par M le Comte de Vioménil, Lieutenant Général des armées du Roi, nous dit un document qui atteste, par ailleurs, qu'il est resté à son poste jusqu'au 20 mars au soir, époque du licenciement dudit bataillon par M. Le Marquis de Puyvert, Commandant la Forteresse".

 

1815, c'est l'année de la publication de “Mémoires de D. Miguel Joseph de Azanza et D. Gonzalo 0'Farril et exposé des faits qui justifient leur conduite politique depuis mars 1808 jusqu'en avril 1814”, Rougeron, 1815.  Co-auteur du mémoire, Gonzalo O'Farrill (1777x-1831) s'était rallié à Joseph Bonaparte qui, à Madrid, le 7 juillet 1808 en avait fait son ministre de la Guerre. De Fossa a contribué à ces mémoires en rassemblant et ordonnant des documents espagnols, il avait été question qu'il en soit même le tradcteur. C'est son ami Alexandre Foundras qui assura finalement la traduction. Au retour des Bourbons sur le trône d'Espagne tous les collaborateurs de Joseph Bonaparte se sont vus condamnés à mort comme traitres au roi et à la patrie.

 

Le 9 mars 1815 de son domicile parisien rue de la Victoire n° 50, François  adresse  une lettre  à Monsieur le chevalier de Foucauld1, major du Génie:

 

“Monsieur/ Vous avez eu la complaisance de m'annoncer le 18 février que j'étais porté pour la croix de St Louis et le brevet de Capitaine. Je m'imagine que depuis lors je dois être passé au ministère de la guerre, et que le moment est arrivé de retirer les pièces originales jointes à ma pétition (n° 13774). Veuillez avoir la bonté de les faire tenir à mon adresse, ou m'indiquer le jour & l'heure que je pourrai me présenter dans vos bureaux pour les retirer moi-même.

 

Quoique sans recommandation auprès de vous, et sans autre titre que celui que donnent le bon droit et le malheur, je m'enhardis à vous prier, Monsieur, de vouloir bien me faire connaître le numéro et le tableau sur lequel je suis porté, tant pour la croix de St Louis que pour le brevet de capitaine. Cette condescendance de votre part serait le complément de vos bontés; elle me mettrait à même de me faire expédier avec moins de lenteur au ministère de la guerre, et obtenir enfin, pour prix de tant d'années de services et de malheurs dans une patrie où je ne possède plus rien, une existence honorable vers laquelle vous avez bien voulu me frayer la route en contribuant à la décision favorable de la Commission à mon égard. Cependant je ne me permettrai point d'insister sur cette demande, pour peu qu'elle vous semble indiscrette. Je ne vous en serai pas moins reconnaissant pour l'accueil gracieux que j'ai obtenu de vous toutes les fois que je me suis présenté, et je n'en ajouterai pas moins les sentiments d'une sincère gratitude à ceux  de la profonde estime et de la considération respectueuse avec laquelle j'ai l'honneur d'être / Votre très-humble et très-obéissant Serviteur F. De Fossa (et en parenthèse en plus petit fois de paul, jacq raymond).

 

Toujours de Paris, le 15 mars 1815, soit cinq jours avant le départ de Louis XVIII (Napoléon revient), Fossa rédige une nouvelle lettre à l'intention de “Monsieur le Chevalier de Foucauld”:

 

“Monsieur/ J'ai reçu hier au soir les pièces originales que j'avais présentées à la commission, et j'ai été surpris d'y trouver également mes deux pétitions. C'est peut-être un effet d'inadvertance de la part de celui que vous avez chargé de me faire cet envoi; et comme ces pétitions me sont inutiles, et que d'ailleurs je crois qu'elles doivent rester dans vos bureaux, je m'empresse de vous les renvoyer pour que vous en fassiez l'usage que vous jugerez convenable.

 

Je vous remercie, Monsieur, d'avoir bien voulu me faire tenir les autres pièces; je suis enchanté de pouvoir les emporter avec moi partout où je pourrai être envoyé par M. Le Ministre de la Guerre, que j'ai prié depuis le 7 courant d'offrir mes services au Roi dans quelque grade que Sa Majesté veuille m'admettre à son service.

 

Agréeez, Monsieur, les nouvelles assurances de la profonde estime & de la considération respectueuse avec laquelle j'ai l'honneur d'être Votre très-humble et très obéissant Serviteur. F. De Fossa.”

Mais tout ne va pas pour le mieux dans le royaume. Napoléon est en marche vers Paris. Dans l'entourage du Bourbon on fait les paquets.  Le 20 mars 1815 Louis XVIII s'exile. C'est la fin de la Première Restauration et le début des Cent Jours.  Les Cent Jours s'étendent du  retour de Napoléon de l'île d'Elbe (20 mars 1815) jusqu'à sa seconde abdication (22 juin 1815), faite en faveur de son fils Napoléon II, ou au 7 juillet 1815.  Le ministre des Affaires étrangères est Armand de Caulaincourt, avec deus S.S. D'Etat Affaires étrangères Louis Bignon et Louis Otto. Du 20 mars 1815 au 22 juin 1815. Le Chef de l'Etat étant Napoléon Ier.Louis Bignon succède à Caulaincourt au moment de la Commission de Gouvernement Provisoire qui a duré du 22 juin 1815 au 7 juillet 1815, date du départ pour Saint-Hélène. Le chef de l'Etat étant Napoléon II.

 

 

De Fossa aura connu à Paris deux chutes de Napoléon. Le moins que l'on puisse dire, ce n'était pas son héros. Mais contrairement à d'autres, comme l'ancien ministre Amoros, il ne s'y rallia pas outrageusement ou comme à François -René d Chateaubriand, il n'eut pas de sentiments versatiles à son endroit. Peut-être même, un temps, avec son retour, une flamme d'espoir reparut chez les "joséphins" et "afrancesados". On peut lire par exemple dans une nécrologie consacrée au protecteur de François de Fossa ce qui suit:  

 

“M. De Azanza  se trouvait encore à Paris lors du retour de Napoléon en 1815 (...).  Durant  les cent jours, Joseph ayant réuni, dans son palais à Paris, M. De Azanza et les autres ministres qui l'avaient servi sur le trône d'Espagne, leur proposa de prendre la cocarde tricolore, en leur annonçant que dès ce moment ils étaient sénateurs; leur réponde fut unanime et courte: “Sire, répondirent-ils, nious voulons être ce que nous sommes, espagnols!- “Vous serez donc malheureux, “répliqua Joseph...Ces paroles loin d'exciter le courroux de Napoléon, excitèrent son estime: il rendit un décret qui existe dans certains cartons des affaires étrangères, et par lequel il ordonna que les employés qui aveint suivi son frère jouiraient en France de leurs titres et de leurs honneurs, ainsi que des émoluments qui leur étaient attribués dans les diverses fonctions qu'ils avient exercées.”

 

 Un non d'orgueil national. Les vaincus courtisés se rappelant certainement que Napoléon avait rêvé de faire de la France et de l'Espagne conquise une seule et même nation. Mais c'est à présent sa fin de règne. Le 18 juin 1815, Wellington et Blücher remportent la bataille de Waterloo. La correspondance de François de Fossa est, de fait, silencieuse sur les Cent Jours.  Le 8 juillet 1815, Louis XVIII revient à Paris. Débute alors la Seconde Restauration  .  Le Président du Conseil et Affaires étrangères d'alors Charles-Maurice de Talleyran-Périgord. Il va le rester dy 9 juillet 1815 au 26 septembre 1815Ce retour à la normale ne peut que satisfaire François de Fossa, l'ancien émigré perpignanais, et "rapatrié" d'Espagne, qui a endossé l'habit militaire  royal.

 

Le 11 août 1815 est prise  une ordonnance portant sur la Réorganisation des corps d'enfanterie français avec la cré ation de légions départementales. Cette ordonnance forme l'infanterie en 87 légions, ayant chacune 2 bataillons d'infanterie de ligne, 1 bataillon de chasseurs à pied, de trois cadres de compagnie formant le dépôt; une compagnie d'éclaireurs à cheval et une compagnie d'artillerie. Ces légions seront par la suite transformées en régiments d'infanterie.

L'infanterie, François de Fossa connaît un peu, par intermittences:  le Mexique (sous-lieutenant), l'Espagne (lieutenant). Sans doute y songe-t-il? Un document daté du 15 septembre, connu parune copie conforme du 21 septembre portant le nom du chef de bureau Denouet) nous apprend que:

 

Le Lieutenant Général Chef de la 2 Division certifie qu'il résulte du procès verbal des séances de la Commission créée, par ordonannce Royale du 31 mai 1814, pour l'examen des services de MM les anciers Officiers, le dit procès verbal en datte du 17 février 1815, que M. De Fossa (françois) porté sur le 22e tableau n° 36 a été jugé susceptible d'obtenir le grade de Capitaine pour prendre rang du 20 avril 1804, et qu'il a été reconnu avoir dans ce grade dix ans six mois sept jours de service y compris quatre campagnes, et huit mois vingt huit jours de séjour aux colonies. Fait à Paris le 16 septembre 1815. Signé Bon d'Hastrel”.

Il faut imaginer François de Fossa heureux.

 

Le 21 septem bre 1815 de Paris, où il habite rue St Hyacinthe-St honoré n° 4,  le Capitaine de Fossa écrit “A son Excellence Monseigneur le Comte Gouvion de St Cyr, Maréchal de France, ministre de la Guerre” la lettre suivante:

 

“Monseigneur/ Emigré en Espagne depuis le mois d'avril 1793, j'entrai dès lors au service de la branche de l'auguste maison des Bourbons qui en occupe le trône.

 

Plus de 22 ans de service effectif, et durant cet intervalle quatre campagnes de guerre, deux blessures et six ans de séjour dans les colonies, tel est l'extrait de mon état de services qui pourra être aisément vérifié dans les bureaux du Ministère, sur le 22 e tableau de la Commission où je suis porté, sous le N° 36, pour le brevet de Capitaine, ainsi que le prouve la copie ci-jointe.

 

Je me croirais payé avec usure des nombreux sacrifices que j'ai faits, et que je n'hésiterais pas à refaire encore à la cause du Roi, si pour prix de mon dévoument sans bornes à sa personne Royale de mes services à son illustre famille, je méritais d'être employé dans l'infanterie de sa Garde.

 

Je supplie humblement Votre Excellence de daigner m'accorder cet honneur; et si les places se trouvaient destinées à des officiers qui auraient eu plus d'occasions de manifester leur zèle, mais à qui je ne céderai jamais en bonne volonté, je prierais alors Votre Excellence de vouloir bien m'employer dans une Légion Départementale1. Je viens à peine d'atteindre ma 40e année, et je me flatte d'être à même de me rendre utile/ J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect Monseigneur De Votre Excellence le très-humble et très-obéissant Serviteur F. De Fossa”.

 

1: Elles viennent d'être créées par l'ordonnance du 11 août 1815.

 

En marge, sur le coin supérieur gauche de la lettre, on lit un bref résumé à l'encre suivante: 

 

M. De Fossa (françois) ancien officier, âgé de 40 ans, porté sur les derniers tableaux de la Commission pour la Croix de St Louis et le brevet de Capitaine, faisant partie du bataillon d'officiers sans troupes commandé par M. De Clugny, Demande de l'emploi dans l'infanterie de la Garde Royale, ou dans une Légion Départementale.”

 

La réponse ne tarde pas.

"Aujourd'hui vingt trois septembre 1815  le Roi étant à Paris, prenant une entière confiance en la valeur, la bonne conduite et la fidelité de Sr de Fossa (françois) ancien officier, Sa Majesté lui a conféré le grade de capitaine d'infanterie pour tenir rang à datter du vingt avril mil huit cent quatre et avoir dans ce grade dix ans, six mois et sept jours de service y compris quatre campagnes.

Mande Sa Majesté à ses officiers généraux et autres à qui il appartiendra de reconnaître le Sr de Fossa en cette qualité". Par ordre du Roi. Le ministre Secrétaire d'Etat de la Guerre: Signé : Duc de Feltre." Copie du brevet de Capitaine expédié le 23 septembre 1815 à M de Fossa."

Voilà c'est fait la Deuxième Restauration donne sa chance à l'ancien émigré avec brevet de “capitaine d'infanterie”.

Ce 23 sepembre 1815 esr la page de garde d'un nouvel épisode de la biographie du Perpignanais, aventurier malgré lui. A Paris, il réside  rue St Hyacinthe-St Honoré n°4. Le 25 septembre,  il se voit décoré  de la Croix de l'Ordre de Saint-Louis. François vient d'avoir quarante ans. Au XIX ème siècle, ce n'est plus un jeune homme.  Il est toujours garçon. Aucune lettre à sa soeur Thérèse  de ce séjour parisien de vingt et un mois, de décembre 1813 à cette fin septembre  1815  ne fait allusion à une quelconque relation amoureuse.  Ce qui, naturellement, ne signifie pas qu'il ne connaisse aucune dame ou demoiselle de la capitale avec laquelle il ait idylle ou commerce. Ce qui peut surpendre, c'est qu'il “taise” si elle existe sa vie sentimentale, alors que de Cadix ou du Mexique, il l' a faisait partager sans grande pudeur. De même, cette correspondance parisienne,  ne con tient rien sur la musique, la guitare, ce qui ne veut pas dire qu'il ne la pratique pas, n'en écoute pas, ne s'en informe pas. Peut-on concevoir un amateur de musique qui ne rende visite à aucun luthier, marchand de musique, éditeur ou graveur?

Nouvelle vie. Mais tout n'y sera pas rose. Il en fait l'expérience aussitôt. Ses souhaits ne sont pas des ordres. Il lui faudra se conformer. Son souhait, c'était  servir dans la  Légion de l'Oise plutôt que dans celle de l'Allier à laquelle il s'est vu affecté. Connaissait-il quelqu'un de cette Légion?  Malgré des requêtes et des sollicitations d' appuis, il n'obtient pas satisfaction.  L'a-t-on trouvé, trop hardi, trop exigeant?  C'est non. Il rejoindra  donc Légion de l'Allier. Elle est en garnison à Moulins, en Auvergne.

L'incorporation de Fossa  connaîtra tois temps.  Le Ier temps, où il est “volontaire royal”, le 2ème  temps où il est capitaine en disponibilité et  le 3ème  temps où il passe  capitaine en activité. Les deuxième et troisième temps  allant du  “Du 23 septembre 1815 au 12 janvier 1816”, ce qui représente trois mois et vingt jours.

 Le 4 novembre 1815, de son adresse parisienne, François de Fossa  adresse àMgr le Duc de Feltre,1 Ministre de la Guerre la supplique ci-après:

"Ne possédant plus rien en France, où tous mes biens ont été vendus par suite de mon émigration, je n'ai, pour subister, d'autre ressource que les appointements que la bonté du Roi daignera m'accorder", en attendant, précise-t-il, "que j'obtienne d'être employé activement dans un corps, comme je ne cesse de le demander".

1:1Le Duc de Feltre est Henri Jacques Clarke Comte de Hunebourg qui avait été ministre de la guerre de 1807 à 1814, et le redevient en cette année 1815 sous Louis XVIII, qui le fait maréchal de France.

 

Le 11 novembre 1815, il lui réécrit:

 

"Après avoir passé presque toute ma vie au service de l'auguste maison des Bourbons en Espagne, lorsque le noble but auquel j'ai sacrifié ma fortune en France fut atteint l'année dernière par les souverains alliés, je m'empressai d'offrir au Roi mes services par l'organe de la Commission qui me jugea susceptible de la croix de St Louis et du grade de Capitaine...."??? à des émigrés, anciens et devoués serviteurs qui, après avoir tout sacrifié à la cause de leur souverain légitime, ont constamment servi les Princes de son illustre famille, et qui, rentrés dans une Patrie où ils ne possèdent plus rien que le souvenir d'avoir toujours leur devoir, seraient condamnés à y mourir de faim si on leur refusait le solde d'un grade qu'ils ont acheté au prix de leur dévouement, de leur sang et de leur fortune." Certifié par ...Le Cte Auguste de Juigné.1

 

1: Jacques Anguste Anne Léon Le Clerc, comte de Juigné. Il avait été nommé colonel de la légion des gardes nationales de Seine et Oise le 12 octobre 1815

 

Le 25 novembre dans un rapport particulier, le Colonel de la Légion en Seine et Oise

 

propose F. De Fossa, officier émigré pour occuper un emploi de Capitaine dans la Légion de Seine et Oise.  M. De Fossa a déjà été nommé à un emploi de son grade dans la Légion de l'Allier. Il demande aujourd'hui a être employé sous les ordres de M. Le Comte de Juigné de qui il est avantageusement connu

 

1. Il s'agit de Jacques Auguste Anne léon Le Clerc (1774-1850), vicomte de Juigné.

 

Sur ce même rapport, à la suite des  données identitaires, services et campagnes, cette appréciation:

"bon officier; moralité: sentiments distingués, principes: surs et confiants, fortune: anéantie par l'émigration;  non marié, physique: tournure militaire, taille moyenne."

C'est là, en quelque sorte, sa première fiche militaire du nouveau capitaine.

L'Administration militaire ne vole pas immédiatement aux desiderata de ses subordonnés. Ce ne sera que 21 mars 1816 qu'il reçoit la réponse, toute daire;  "le laisser où il est",  à son souhait d'affectation à la Légion de l'Oise. ( Note en marge d'un rapport fait au ministère en date du Ier février 1816).

Le 10 décembre 1815, il sollicite auprès de M. de Frêne, chef de bataillon de l'Infanterie:

 

"un certificat qui atteste que moyennant les pièces déposées au bureau de l'infanterie (il a) des droits à la solde de non activité jusqu'à ce qu'il soit employé".

Il lui faudra encore quatre bons mois avant de rejoindre Moulins. En effet, ce n'est qu'en janvier 1816 que  s'achève la mise en disponibilité du capitaine. Très exactement le 12 janvier. La Légion de l'Allier devient le 13 janvier le 3ème Régiment d'Infanterie de Ligne. Il arrive à Moulins le 31 avril 1816 écrit à sa soeur:

"J'ai trotté toute la ville qui me paraît charmante pour chercher un logement; j'en ai trouvé un de convenable et pas trop cher dont voici l'adresse, ou plutôt voici celle à laquelle tu drevras m'adresser tes lettres à l'avenir."A M.de F, capne à la Légion de l'Allier, chez M. Modérat, tailleur, rue de St Pierre à Moulins".

Alors que dans la correspondance parisienne il n'y aucune observation musicale, dans celle de Moulins, on va retrouver quelques indications y compris de concerts.

 

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