L'ignorance et le parti-pris ou le parti-pris porteur d'ignorance tourne le plus souvent en bourrique celui- ou celle- qui adore en plastronner. Par exemple, tel marquiset du lieu tenant du "je sais tout et je vous explique", un clignotant cantonal des lumières qui, me confie mon ami Lulu, fustige ces jours-ci, n'ayant peut-être rien à se mettre sous les dents, fustige dans un style aussi peu flamboyant que celui d'une tombée de la nuit, tenez-vous bien la catholicité de Saint-Georges (précautionneux, le petit marquis à écrire Sant-Jordi comme pour libérer ce saint du périmètre restreint de l'enclos dans lequel le Catalan le garde). Il s'imagine sans doute, drapé de science à écailles laïques, terrasser les tenants, pas moins cantonaux que lui, de la célébration d'une fête annuelle du Livre et de la Rose qui, au pied du Canigo d'une simple parade militante s'est transformée en tradition populaire, collective.  Et cela, il l'ose sous le couvert de l'étendard de l'UNESCO, la bienvenue redresseuse de torts qui, ayant raisonné le saint et sa tradition livresque et florale a remis, finalement, au César des Lettres ce qui lui appartient en propre le sceptre du "droit d'auteur". Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes... Le marquiset aurait pu (s'il avait pu un tant soit peu s'émanciper de sa scholastique universaliste qui fait confondre  tant de fois croyance et connaissance, mode et tradition ) rappeler le verbe haut que c'est de cette Sant Jordi qui inspira à l'UNESCO sa célébration un 23 avril (date sûre ou présumée mais acceptée) de la mort de William Shakespeare, Miguel de Cervantés et  -le grand oublié- El Inca Garcilaso de la Vega -le métis. Les trois disparus en 1616. C'est cette même date du 23 avril qu'en pays d'hexagone, pays que ne méconnaît pas notre bretteur, jacobins et girondins lettrés (de quel côté penche la dague de notre petit marquis?) de ce III ème millénaire, ont choisi sans honte ni colère, pour qu'elle soit leur Fête des Libraires. Alors, paix sur nos terres, humons la rose, ouvrons le livre, ce n'est pas parce que deux ou trois escouades "santjordinistes", entre l'Albère et la Corbière, se cassent la voix avec une chansonnette trop cocorico "la sant Jordi, c'est nous", que l'on peut s'autoriser- aiguillonné par l'ignorance et le parti- pris ou par le parti pris porteur d'ignorance, à leur rabaisser un caquet de juste légitimité en dépit des phraseurs en les envoyant dans les cordes d'un ring identitaire. On a c'est vrai toujours besoin d'un punching-ball, d'un alter ego préposé à recevoir les coups, d'un dragon-si l'on préfère. On sait hélas qu'un sniper peut en cacher un autre, et que la tradition n'est pas prête à s'éteindre... Mais on ne peut rendre compte d'une réalité en deux ou trois cuillères à pot, quelle que soit la tradition considérée (Procession de la Sanch ou Défilé de Ier Mai), ou plutôt la Culture qui est un mille-pattes de traditions plus ou moins plaisantes à Perpignan comme à Bécon les Bruyères ou Massanet de Cabrenys.

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