Après le château de Crouseilles, très fûté en Madiran, Pacherenc et Vic Bilh, où il a présenté son travail avec succès le peintre Joseph Mauréso installera prochainement un ensemble de travaux au Fort de Bellegarde, un lieu qu'il connaît plutôt bien, et où il se sentirait presque comme un poisson dans l'eau. Lieu choisi: la Chapelle,  du moins ce qui naguère en tenait lieu abritant du sacré. Une coquille vide, en quelque sorte. Le religieux -le sacré- bouté-hors par la curieuses histoire des hommes, l'architecture n'en a cependant pas vacillé sur ses piliers et depuis un joli temps déjà la coquille vide se remplit à la saison d'été, disons de perles de l'art classique, moderne, contemporain ou, tout simplement, de l'art tout court. De perles sur mesure. Le lieu ne tolère pas que l'on se moque de lui. Les murs, en matière de peinture, ne comptent pas pour des prunes et n'acceptent de jouer le rôle de cimaises que si elles ne se risquent pas de se voir faire un enfant dans le dos. Ce n'est qu'à ces conditions que l'objet plastique peut irradier du principe sacré et ne pas se satisfaire de diffuser du trait décoratif. C'est l'au-delà d'une animation murale, d'un banal enjolivement. A ces fonctions, un badigeonnage réfléchi suffirait. Il y a plus. Il y a une "installation" nécessaire, pour habiter un lieu et l'habiter ça part d'un dialogue avec les espaces et les lumières, avec une architecture et une ambiance. Dialogue qui n'aura d'issue que dans un compris. Celui-ci: que l'architecture n'exerce pas de domination passive sur ce qu'on y montre (dresse, accroche, déploie, promène), et que l'artiste n'en lime pas, par excès de conquête spatiale, les caractères les plus prégnants, les plus stylés,  établissant avec eux plutôt des points de connexion pour mieux montrer/voir...les peintures, les oeuvres exposées comme autant de "hautes fenêtres". C'est un peu à cela que ressemblera la chapelle du Fort de Bellegarde laquelle, du coup et par le biais de de l'art, de l'esthétique, va recouvrer -provisoirement- un air sacré. Vive l'art! devrait dire le visiteur du monument qui aura repris parole humaine. On sait que le plasticien Joseph Mauréso qui mène un travail loin des chemins d'art balisés ne tend guère la main à l'anecdote et poursuit son isolement du social (l'art n'est plus son reflet) sans fuite dans la rêverie ou dans l'accro-branche conceptuel, mais par l'examen le plus raffiné (au sens chimique et non pas mondain) des éléments avec lesquels la ligne et le couleur, le geste et la visée, font manifeste visuel sur un support et donc font image. Une image dont le plus souvent on ne peut (du moins en d'antérieurs travaux) attraper et nommer que quelques bribes -qui ne sont peut-être que des petits leurres polissons. Joseph Mauréso travaille comme un explorateur du sensible - à la fois scaphandrier et astronaute. Ce qu'il donne à voir (bientôt en cette chapelle du Fort de Belelgarde) dans ses remontées comme dans ses descentes c'est peu-on penser (sans chercher à lire) des cartes et des pages de son journal d'exploration. Exploration qui, selon nous, viserait à comprendre l'art à partir de deux pôles, celui de la lumière et celui du silence...

Joseph Mauréso présentera du 19 juin au 17 septembre 2017 une série de peintures intitulée "illisible" qui témoignent de ses recherches les plus actuelles. Le vernissage aura lieu le vendredi 16 juin à 18 h. Comme il est désormais de coutume dans une manifestation de cet artiste, le collectif "Dérives  de Raison" proposera une action performative avec poésie, chant, musique, danse et texte réflexif.

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