Quelle ne fut pas la surprise de Renada Laura Portet se voyant offrir lors de l'hommage qui lui était fait à Barcelone un opuscule d'à peine plus de vingt pages d'une préciosité rare pour un auteur venu du nord des Pyrénées, de Catalogne nord, du Roussillon et féminin de surcroît. C'était un peu la cerise sur le gâteau de la fête qui lui avait été préparée par l'ILC et l'IEC.  C'est une oeuvre-document rare que ne pourront posséder, de par son tirage limité, toutes celles et ceux qui s'intéressent à l'auteur de "Una ombra anomenda oblit": son chef d'oeuvre et joyau du patrimoine poétique contempoain. Sur la couverture, de ce sobre mais coloré objet graphique signé Victor Oliva, ces vers: "Guanya el silenci/ quand la paraula íntima/ queda lliure endins". A l'intérieur: une notice biographique, sous un portrait photographique de l'auteur par Adolf Alcañiz. Suit "La por. El dubte. L'atzar" un poème tiré du recueil Una ombra anomanda oblit, publié en 1992, par Columna-Barcelone. C'est autour de ce poème que se réalisent l'originalité et la préciosité de l'édition de cet "En homenatge". Une projection internationale du poème catalan ( vingt cinq lignes sur une seule page) qui est pris dans la ronde de 21 traductions en d'autres langues: allemand (Elija Lutze), anglais (Kathleen McNerney), basque (Lutxo Egia), breton (Yann-Ber Quirion), castillan (Sílvia Aymerich-Lrmos), corse (Francescu-Micheli Durazzo), croate (Tomica Bajsić ), français (Danièle Estèbe Hoursiangou), gaélique irlandais (Felicity Autrehomme et Patrick McCafferty), galicien (Marica Campo), gallois (Menna Elfyn), grec (François-Michel Durazzo), hongrois (Csicsery-Rónay Erzsébet), italien (Gilberto Isella), occitan (Danièla Estèbe Hoursiangou), polonais (Danuta E. Kosk-Kosicka), roumain (Ion Cristofor), romanx surlivà (Iso Camartin), russe(Ielyzaveta Walther), sorabe (Bernd Pittkunings), ukrainien.(Iryna Tsilyk). Un joli bain de langues...pour l'éminente linguiste.L'opuscule se referme la liste des livres publiés, les prix littéraires et les honneurs qui habillent avec éclat la biobibliographie de Renada Laura Portet.  Un éclat qui a été exalté tout au long de l'acte d'hommage ouvert par Joandomènec Ros, president de l'Institut d'Estudis Catalans (IEC) et Laura Borràs, directrice de la Insitució de les Lletres Catalanes (ILC). Suivit une "glossa" confiée a Jaume Queralt (aspect général), Joan-Pau Escudero (onomastique), et Carme Pagès (création). Puis un intermède musical où le chanteur nord catalan Pere Figueres dédia  à la "Reine" du jour "Vall closa" et "Cami vell", de Josep Sebastià Pons. Après cette pause-guitare chant, eut lieu une lecture de poèmes, illustrant le large clavier des inspirations de l'auteur. Y prêtèrent leus voix: Assumpció Cantalozella, Sílvia Aymerich-Lemos, Elija Lutze, Eugeni Perea Simón, Cristina Giner, Pere Manzanares, Jordi Mir et Esther Xargai.  Après la projection de quelques images d'un entretien filmé dans le domicile perpignanais de l'auteur par une équipe de l'ILC,  Renada Laura Portet, nonagénaire éblouissante de bonheur et de vivacité a fait l'un de ces "shows cases dont elle a le secret montrant une fois encore combien elle était digne de ce bel hommage (quoique sans doute un peu tardif), qu'elle a reçu de son propre qualification "com el meu Nobel". 

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