Il est une activité éditoriale dont on ne parle sans doute pas assez dans le meanstream ou à tout le moins avec les mots de sympathie et de constant encouragement qui, dans la généralité des cas le méritent. Cette activité est celle, florissante, de la publication catalogue d'exposition d'arts plastiques. Florissante, elle l'est en ce début de saison estivale dans le département des Pyrénées-Orientales, où les vernissages, ne se ramassent peut-être pas à la pelle comme le dit une chanson pour les feuilles d'automne, mais se comptent bien au-delà des dix doigts de la main. Un catalogue -valeur ajouitée à toute création-  pour marquer l'événement et en faire mémoire (ou pas) pour la postérité curieuse (ou pas) de ce qui alors était et se faisait. Rigaud, Maillol, Picasso, Dalí...Augustin Hanicotte, André Susplugas...Bernard Dufour...Claude Parent Saura (arrêtons-là)  Un catalogue pour servir l'initiative teuf-teuf d'une institution (si nous voulons parler musée ou centre d'art qui ne parvient plus à se dégager de ses standards) ou  illustrer le coup de cimaise d'un free-lance, particulier ou association se débrouillant non sans éclat d'un lieu dans lequel l'hospitalité lui est (exceptionnellement) consentie. Le catalogue prouve l'événement (et c'est au nombre de catalogues produits que peut se mesurer la densité événementielle des rendez-vous artistiques des P.O.). Mais, il est d'abord (qu'il soit flamboyant et dodu ou avec moins d'embonpoint et de rouge aux lèvres) oeuvre par ce qu'elle montre et dit, et les émotions qui en découlent lorsqu'on le feuillette ou l'acquiert. Il est, ensuite, document, pédagogique et...patrimonial: pour celles et ceux qui prêtent sens à la thésaurisation de signes du passé (hier ou avant-hier, ou avant-hier et hier réactivés pour les compléter ou les réviser). Nul catalogue, quels qu'en soit le format, l'épaisseur et le poids, qu'il concerne un prince déjà rayonnant , mort et embaumé  ou un frais gardon, un manant à porter à la lumière, nul catalogue qu'il présente, loue, réhabilite et qu'elles que soient les signatures que l'on trouve à son sommaire: thuriféraires locaux ou fines lames mondialistes (ou imaginant l'être) ne tombe tout fait d'une Imprimerie Céleste. Ainsi aura-t-il fallu aux organisateurs d'événements aux "producteurs" de catalogues, les jours d'avant et souvent bien des jours  (et très avant) aller à la recherche au prêteur, au mécène, à la tire-lire républicaine, au bas-de-laine familial. tout le monde n'ayant pas la science infuse du crowfounding réticulaire en deux clics. En ce domaine du catalogue d'exposition se vérifie ce grand duo classique du Temple de l'Entreprise qui plonge toute initiative -surtout paroissiale ou cantonale- dans le vinaigre de l'angoisse: "On ne prête qu'aux riches" et  "Selon que tu seras puissant ou misérable...". Pensons-y lorsque l'on a en mains un très beau catalogue (individuel ou pluriel) de Perpignan, Bages, Céret, Collioure ou ...du Prieuré de Serrabona et gardons-nous de trouver celui-ci trop bavard et celui-là trop taiseux. Il y a des beaux livres, une mpisson d'été à ne pas négliger. Á trouver sur les lieux d'exposition et dans les vitrines de librairies. C'est, pensons-y, toute une exposition, une collection, oui un musée imaginaire (au sens malrucien) que l'on pose sur sa table ou ses genoux avant de le ranger sur les rayons de votre bibliothèque.  

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