Connaissez-vous le château qui à Collioure recueille depuis des siècles les confidences, douceurs et affronts, d'un magnifique ourlet de Méditerranée qui a chaviré le coeur de tant de poètes et chanteurs? On le dit venu des Templiers -un bail, quoi!- et avoir eu un pied marin et un pied militaire, et déjà une vocation touristique au temps des rois de Majorque... Comme, les êtres qui y ont vécu, travaillé, aimé, combattu, il a vu alterner temps de vaches grasses et temps de vaches maigres, et aussi les je t'aime moi non plus, le plutôt moi que toi,  la désaffection, l'abandon, la reprise aussi car la pierre a résisté, la haute façade a musclant son rempart contre les menaces de l'extérieur et de l'intérieur, et (enfin!, définitivement?), se taillant un habit de destination touristique, face au narquois bien plus qu'érotique clocher-mythifié de l'église St. Vincent, et y montrant ses atouts culturels et artistiques, battant les cartes au fil des inspirations ou des pressions... Un château que l'on dit royal, pieds dans l'eau, la tête dans les étoiles, qui n'en rêve pas? Qui ne veut pas, le temps d'une visite guidée, d'un spectacle, ou d'une exposition, venir l'habiter, ressentir que l'on n'est que parce que l'histoire nous a porté. Les pierres parlent, c'est un fait. Elles parlent à voix basse, mais elles parlent. Et parfois en des langues incompréhensibles. Aussi n'est-il pas grossier, au contraire c'est plutôt élégant, que de vouloir saisir ce que topographie, archéologie et architecture veulent dire, élégant aussi mais -un peu risqué, parfois- de vouloir se mesurer à tant de signes de ce lieu. L'Art, la musique, la danse, le théâtre et la peinture...l'osent et c'est tant mieux pour nous...même si nous ne sympathisons pas avec tous les résidents, fantômes ou vivants, même si ne ressortons pas de cet exceptionnel écrin la joie sur les lèvres, et que nous repartons chez nous amers et muets. Mais s'agissant de château l'essentiel n'est-il pas d'en avoir franchi le seuil parce que l'on nous y a donné rendez-vous. Et c'est le cas de Florence Bertrand Maraine qui y exposera à partir du 14 septembre et jusqu'au 18 octobre 2017, une sélection de tableaux sous le titre l'on ne peut plus charmant de

"Là où le bleu de la mer" .

Passée depuis peu de la décoration et de l'artisanat à la peinture, elle y gagne à pas de loup avec ou sans acrylique des galons d'efficacité et de respect par le sentiment ému qui l'attache aux choses simples et naturelles. De la perspicacité, du goût et des mains éveillées pour nous faire entendre la musique rousse des ceps de vigne, les fugues-étincelles du poisson- c'était hier- et l'adagio langoureux, toujours renouvelé et jamais le même du bleu de la mer...Florence Bertrand Maraine: un nouvel atout- coeur de la peinture régionale. Honnête et consciencieuse! 

Son exposition au Château royal de Collioure fera l'objet d'un

vernissage le vendredi 22 septembre 2017 à 18 h 30.- 

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