François de Fossa (1775-1849)  vit le chemin de fer naître et eut moins froid aux yeux face à cette modernité que son compatriote estagellois également prénommé François, le savant François Arago (1786-1853)  de onze ans son cadet. On ne peut pas être visionnaire en tout et bien des signaux du ciel nous échappent. Fossa crut au développement du nouveau mode de transport, et donc au capitalisme du rail. Il semble même que bon nez ou bien conseillé il y investit. En effet  parmi les pièces de l'inventaire, après décès du major guitariste ( survenu le 3 juin 1849) se trouve un "certificat constatant que M de Fossa est inscrit sur les registres de la compagnie du chemin de fer de Saint Etienne à Lyon pour trois reconnaissances de capitalisation de dividendes arriérés depuis l'origine jusqu'au 31 octobre mil huit cent quarante deux au capital de treize cent cinquante francs chaque reconnaissance avec jouissance du premier janvier mil huit cent quarante deux."

La construction du chemin de fer de St Étienne à Lyon (ligne inaugurale du réseau français) s'étala de 1825 à 1832. Fossa aurait donc fait partie de ce que certains historiens ont appelé "l'élite éclairée" (pan sur le bec du bon Arago et sur celui du moins sympathique Thiers, autre incrédule). Comment notre perpignanais, major du 23e régiment d'infanterie de ligne en garnison à Lyon (fin1819, 1820, jusqu'en mai 1821), comment notre haydn de la guitare a-t-il préféré les obligations à risques aux partitions pour le plaisir? Bref qui a rallié son portefeuille à la cause du rail et de la vapeur? Il faut pour en tenter une hypothèse quelque peu crédible remonter à la constitution de  la  "Compagnie du chemin de fer de Saint Étienne-Lyon"   (les frères Seguin, l'Académicien E. Biot et Cie) pour son financement. Elle date de 1826. Son capital était de 10 millions (de francs) et partagé en 2.000 actions... Bon, oui, classique non?  et alors? Alors... et bien on trouve parmi les actionnaires un certain Laurent Garcias (1779-1859), originaire de Saint-Laurent de Cerdans, banquier, homme politique (député au long cours dans les Pyrénées-Orientales), homme d'affaires (En Espagne d'abord, puis en France) et...cousin François de Fossa. Comme bien des spécialistes l'ont observé "Le mélange banquier homme politique et homme d'affaire est un cocktail courant en cette époque passionnante".Le cousin Garcias dans la liste des souscripteurs figure au cinquième rang, ce n'est pas un "pauvret".  Est-il donc farfelu d'avancer que c'est lui qui fit de Fossa l'un de nos premiers... CHEMINOTS?

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