L'un est écrivain, d'expression catalane, avec une bibliographie déjà conséquente (15 titres) et des plus remarquée dans le domaine catalan du roman ou de l'essai. Il s'agit de Joan Lluís Lluís (Perpignan-1963), le tout dernier prix Sant Jordi. L'autre écrit aussi de la poésie, des chansons, des récits mais c'est dans le monde de la musique qu'il s'est fait un nom. On aura reconnu Cali (Céret-1968). Lluís et Cali sont tous deux (nord) Catalans, créateurs de talent, féconds, constants et audacieux. Car il est audacieux (et point anecdotique du tout de le relever) de s'attaquer à Boris Vian (1920-1959) et à son roman "L'arrache-coeur" (1953) pour en donner, comme a réussi à le faire Joan Lluís Lluís, une version en catalan. Performance bientôt en librairie pour "Club Editor"  sous le titre de "L'arrencacors". Il n'est vraiment pas  anecdotique de voir le grand Vian traduit par un prince couronné des lettres catalanes. Et il est tout aussi peu anecdotique de se lancer dans cette épreuve assez herculéenne de vouloir tutoyer sur scène Léo Ferré (1916-1993), ce Géant de la poésie française chantée.  Tutoyer Ferré! C'est le défi relevé par Cali le chanteur estimé de la scène internationale francophone (14 albums). Mais ce n'est pas uniquement venir se chauffer au bain marie de des métaphores du Maître. Le chanteur de Vernet-les Bains le sait et l'indique  à l'occasion de sa programmation dans la prochaine saison de l'Archipel ( qui vient d'être présentée et publiée). Ferré certainement aurait aimé  ce chanteur camarade, comme son poème-Cd "La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur" et ses empathies avec "l'Espoir" et "l'Age d'or."  A suivre, donc!

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