Une cérémonie émouvante, respectueuse et admirative s'est tenue à la Médiathèque de Saint-Feliu d'Amont, à la suite du transfert des cendres Jep Gouzy Anrich1, poète de langue catalane, dans le cimetière du village où reposent ses parents. Cérémonie assez intime qui a rassemblé une soixantaine des personnes autour de Mme Ve Renée Gouzy Sallabery et de membres de la famille. Cérémonie marquée par la présence et l'allocution bien documentée et déférente du représentant de la culture de la commune. Cérémonie, au milieu des livres et face à un présentoir des principaux titres de Gouzy chez divers auteurs dont le Trabucaire et Columna. Une cérémonie, rehaussée par la venue expresse de son éditeur -et ami- barcelonais Alex Susana, qui a publié en 2010  sa somme "Poesia oberta". Susana parla en éditeur et poète et il lut en catalan et en français des poèmes, retraçant son itinéraire et soulignant son importance pour toute la Catalogne. Avant Susana, on avait pu entendre l'allocution de la poétesse Mercè Trullén, reconnaissant sa dette -et celle de toute sa génération- envers Gouzy, introducteur de l'analse psychologique et institutionnelle dans les cours de l'Universitat Catalana d'Estiu dont il avait été, à Prades, l'un des cofondateurs et elle, aujourd'hui enseigante et édcrivaine, une des premières élèves. A sa suite, Joan Pere Sunyer, proche du poète catalan de Pau, et poète lui-même animateur des éditions EHA,  insista plus particulièrement sur l'aspect plus local d'un auteur polyfacétique et incontestablement universel. Cette universalité que Jep Gouzy magnifia, d'ailleurs) par la traduction en une douzaine de langues, allant de l'occitan au japonais, du roumain à l'arabe, de son poème "Horitzó groc". Devait également prendre la parole, sur le même diapason d'émotion, Joan Ives Casanova, écrivain occitan qui illustra, par-delà l'étroite et créative amitié qu'il entretint avec son collègue catalan de l'Université de Pau (où tous les deux enseignaient) le rôle de pont Oc qu'il joua avec le monde intellectuel et littéraire occitan (de Bernard Lesfargues à Bernard Manciet, entre autres). Il y eut même le rapsode Maties Mazarico qui fit vibrer les cordes de sa guitare et interpréta une chanson en mémoire. Car, ainsi que Susana en avait fait un aparté, la musique était profondément inscrite dans sa culture et nourrit une part de sa création. Cette cérémonie aura été pour le plus grand nombre des assistants la révélation d'un grand écrivain. Elle fut suivie avec une particulière attention. Les discussions lors du rafraîchissemnt de clôture exprimaient une réelle satsifaction. 

1. Décédé à Pau le 27 avril dernier à l'âge de 85 ans.

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