Qui ne connaît le plasticien Philippe Domergue? Très présent, très actif, très mobile...et passe-murailles, genres et frontières. Dans les Pyrénées-Orientales où il a son atelier et où il vit, il est rare que, dans une année, il ne s'y démultiplie on propositions pour la satisfaction de ses amateurs (ils existent, nombreux) et des publics (très divers) Cette présente année, après avoir proposé, avec le sociologue Eric Villagordo, l'exposition EXIL(I)S en la chapelle basse de l'ancien couvent des minimes à Perpignan et, parallèlement, à sa contribution à l'exposition itinérante "55 Urnes per la Llibertat" (actuellement à Bruxelles, et très bientôt à Perpignan), deux manifestations d'une grande conscience humaniste), Philippe Domergue a investi deux sites: la "Maternité suisse", à Elne, et le prieuré de Marcevol, à Arboussols. Deux lieux où il s'exprime avec son langage le plus efficace, fondé sur l'image (les images) photographique(s) et l'installation constructive d'espaces, d'ambiances, de métamorphoses. Toutes rattachées à l'environnement qu'il soit architecturé ou de pleine campagne. Philippe Domergue, animé par des intuitions magiques très habilement introduit (par l'illusion, le maquillage, le recouvrement) l'art entre la Culture et son histoire et la Nature et son histoire. Philippe Domergue est un placeur de faits visuels. Ce ne sont jamais des pièges mais des objets qui interrogent, des "dépôts"  de connaissance, d'approfondissement par la double voie de l'émotion qui nous attend et de la réflexion qui ne manque pas de s'élever suite au choc d'une perception nouvelle  dans un domaine écologique, patrimonial, historique et mémoriel.  Philippe Domergue met en formes, dans l'espace et en lumière (sans doute dira-t-on qu'il "spectacularise") ce qui, de sa conception à sa présentation, est une formulation artistique où  le technique ne tourne pas le dos aux effets poétiques et esthétiques. Qu'il maroufle du photographique sur des arbustes, comme à Marcevol, ou qu'il agrandisse un corpus iconographique de la "Retirada" de Manuel Moros. S'il est un créateur contemporain qui travaille sur un territoire, sa mémoire et les dommages affectant les deux, c'est bien Philippe Domergue.

Vous avez jusqu'au 23 septembre pour vous rendre à la Maternité Suisse, en Roussillon à Elne, et jusqu'au 30 septembre, au prieuré de Marcevol. en Fenouillèdes.

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