KAMKÉ Serge

Un amour de l'art et du métier (peindre et enseigner)

 

Né à Toulouse le 20 novembre 1921, après avoir fait ses études secondaires au Lycée français de Barcelone, il regagna la France avec sa famille au moment de la guerre civile espagnole, et se fixa à Perpignan. L'un de ses amis de l'époque était le chanteur danois Georges Ulmer.

Kamké va dès lors s'inscrire dans le paysage artistique roussillonnais comme homme de l'art, dans la recherche et l'application.

Il fut l'une des colonnes pédagogiques de l'école d'Art de Perpignan (du temps ou celle-ci était en expansion). Serge Kamké vient de décéder à l'âge de 96 ans et demi. Il s'est éteint à la résidence de "La Croix Rouge". Homme discret, consciencieux, élégant, professionnel, sportif, cultivé et amical, il aura formé dans atelier de l'ancien établissement du n° 2 de la rue Foch, entre 15 octobre 1954 au Ier octobre 1987, plusieurs générations d'étudiants au dessin de lettres, de publicité et à l'illustration. (Souvent pionnier départemental) en ces domaines. Professeur curieux et avisé, mettant ses voyages à profit de Paris à Vienne, de Venise à Lisbonne pour connaître les nouveautés, les souffles frais (ou hélas! refaits) de l'actualité.

Enseignant, en école d'art et dans l'enseignement secondaire, et poursuivant quand le loisir lui en laissait le temps une oeuvre personnelle (peu connue localement) de dessinateur et de peintre, d'encre et de fusain. Il aimait les couleurs mais pas les tons brutaux. C'était un conciliateur, un homme de paix.  A ses heures Kamké fut également correspondant de publications qui voyaient l'art comme un métier plutôt que comme une mode. Celle à laquelle le professeur -bien des élèves lui ont reconnu ce titre- Kamké était le plus fidèle se nommait "Le Peintre", tout simplement. Il était tenace dans ses convictions mais n'avait que deux attitudes pour répondre aux impudents: une ironie souriante et un éloignement courtois.

A l'école de la rue Foch (alors appelée "école de dessin et d'arts appliqués") Kamké appartint à une équipe d'enseignants dont les noms ne disent rien aux jeunes de moins de vingt ans, mais dont il est bon de rappeler les noms car ils ont marqué une époque d'avant tourmentes: Huguette Béziat, Raymonde Hanric, Étienne Gony, Martin Vivés, Georges Casablanque, et Mme Mallais du Carroy (Denise Roger). Des enseignants qui guidaient la main, orientaient l'oeil, alimentaient le cerveau...Poussaient vers le métier.

Kamké par ses compétences eut des liens positifs  avec les milieux de l'imprimerie et du tourisme, du journalisme et des spectacles ainsi retrouvera-t-on sa patte -celle de son atelier- dans l'affiche, la signalétique qui y renvoient. (Une agence de communication avant qu'elle ne fleurissent, nombre d'entre- elles créées par d'anciens élèves).  Ami très proche de Roger Mauréso (1924-1981), directeur de l'Ecole, de la galeriste Thérèse Roussel (1930-2018) (disparue, en juin dernier) et de l'incontournable Marius Rey (1909-1992), le notaire mécène dont, l'un des premiers, il avait rejoint la phratrie internationale du "Didi's Bar, à Canet-plage,

De Kamké pour le saluer,  j'aimerais rapporter cette phrase qui concluait sa contribution à l' hommage choral rendu à Marius Rey par la revue "La Licorne d'Hannibal" (n°4)

 

"L'oubli n'a pas de prise sur la voix, le visage, la silhouette de grand ami des arts".

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