José ALTIMIRAS, artiste graphique régional a été mis à l'honneur de la XXX° édition du festival International du Disque et de la Bande dessinée. Ce samedi matin, il était l'invité du Déjeuner littéraire de la Médiathèque de Perpignan, où les retardataires ont pu voir le dernier jour de sa remarquable exposition dont "le tram" de Perpignan est le coeur, le héros et l'étoffe narrative. Beaucoup de public pour cette matinée récréative et...gourmande. Pour les yeux, l'esprit et les lèvres. Un public attentif et participatif preuve que le dessin et la bande dessinée sont très estimés.  Un public en nombre qui a un peu intimidé l'invité. Mais J.-A. Casagran, organisateur du FID et lien avec la Médiathèque (représentée par Céline Ombrabella) avait paré à toute éventualité et constitué son team de soutien. En effet autour d'ALTIMIRAS, se trouvaient J.Q., "le préposé aux affaires indigènes", tel qu'il fut mitré par un médecin poète et usapiste du Vallespir, Thierry Guitart, un illustrateur dont on entendra bientôt parler Richard Meier, des éditions Voix, avec lequel le graphiste a réalisé plusieurs publications et créateur de son tout dernier travail: "Un ticket pour le tram", et Etienne Rouziès, le complice littéraire d'Altimiras pour ce dernier travail sur le tramway que l'on peut voir comme un clin d'oeil au roman homonyme de Claude Simon. Chacun d'entre eux apportant expérience et  réflexions pour une meilleure connaissance de l'homme et de son itinéraire.  Le situant dans un contexte régional, donnant des dates , signalant des noms. D'une revue "Bruit d'Odeur". De prédécesseurs ou des contemporains: Jordi (Georges Dunyach), Alex Barbier, SEB...José ALTIMIRAS est dans le paysage artistique et littéraire depuis plusieurs décennies. Il y a ses racines et sa patte, sa signature, son style, y ont fleuri. Formé à l'école des Beaux-Arts de Perpignan (lorsqu'elle n'avait pas encore perdu son pignon sur la rue Foch) et titulaire d'un diplôme national supérieur en arts plastiques, celui que l'on croyait fait pour le volume changea son fusil d'épaule pour le dessin et la narration graphique. Cette passion, entretenue par une soif de lectures des maîtres du genre et la proximité de certains créateurs (Alex Barbier, surtout), ALTIMIRAS l'exerça d'abord dans des journaux- papier connus ou ultra confidentiels, français ou catalans, puis , conciliant vie de chantier -"faut vivre" chantait Mouloudji- et vie d'atelier: courbé sur ses planches, crayons et encres à portée de main. Il a connu l'heure des fanzines ("La Chipotera", ça vous dit?) et puis l'âge des albums "Rodamons".  Produisant une oeuvre en solitaire (texte et image), au Trabucaire de Robert Avril et ne négligeant pas (il a le goût des autres) de faire tandem avec des écrivains: François Darnaudet (Le taxidermiste) et Etienne Rouziés, ni de s'attaquer à une oeuvre littéraire, comme par exemple "Central Hôtel" de l'auteur de polars André Heléna, dans une adaptation de Guy Marcenac... Se faisant remarquer en Angleterre, en Allemagne et en Catalogne...Le public (que la poésie, la nostalgie, ou la revendication du tram) avait conduit à la Médiathèque, malgré ce maussade 27 octobre, s'est réjoui d'être là, de deviser (le moment de la discussion générale venue) en toute franchise avec un professionnel au panache élégamment argenté et dont l'honnêteté mouille les yeux. Ce public n'a pas manqué, qu'il soit de la partie, simple amateur ou curieux, de lui exprimer sa gratitude (une séance de dédicaces au succès inédit à pareille heure) pour son art à l'évidence si humaine. Par tous ses traits et ses contours.  Par ses figures et ses scènes, les individus et les groupes, ses ombres et ses lumières. Par ses sujets aussi : "le temps qui passe" et "prendre son temps". Une intervenante a lu "Un ticket pour le tram" comme un éloge de la lenteur, un manifeste de la flânerie.  Le diagnostic est exact.  Ce fut, en effet, un joli voyage, "un voyage immobile". Un autre intervenant n'a-t-il pas évoqué Fernando Pessoa?Un autre n'a-t-il pas parlé de...cinéma? José ALTIMIRAS, c'est du talent à dragée haute, de la vigueur qui élève, de l'énergie qui a besoin d'espace. "Le papi de la BD" comme parfois il se présente lui-même a de la ressource. Ne restons pas sur le trottoir, montons! Sa compagnie nous est utile. Ce tram nous a mené de Perpignan à Canet. La prochaine destination une indiscrétion nous permet de dire que ce sera le Canigó. Magnifique projet que celui de mettre la montagne sacrée des Catalans en bulles? Mais lorsque l'on est comme ALTIMIRAS de Vernet-les-Bains cela ne s'imposait-il pas?

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