Les dernières années de François de Fossa
(Notes)
1) Le retraité de Paris
    L'on ne saurait dire que François de Fossa composa dans le dernières années de sa vie, de 1844 (date de sa mise à la retraite de l'armée) au 3 juin 1849 (date de son décès, cela fait cette année 170 ans), mais l'on sait qu'il ne s'était pas éloigné de la musique par la correspondance1 échangée avec Louis Picquot, le premier biographe de Luigi Boccherni. Un Louis Picquot, qu'il invita à lui rendre visite à Paris. La conversation, la communication de vive voix complétant la plume. La politesse rhétorique du "monsieur" ou de la "haute considération" métamorphosé par le plaisir évident de la rencontre en "Mon cher de Fossa" et "je vous presse la main avec une sincère affection".
     Le 5 août 1847. Première lettre de "L. picquot, Percepteur à Barleduc" à "Monsieur De Fossa, ancien Officier Supérieur, rue de Fourcy1 St Marcel, II, Paris. Suivront quatre lettres.
             Le 8 août. Paris. A Mr Picquot Percepteur à Bar-le-Duc .
     Le 22 août. Barleduc. De M. Picquot à Fossa. (Lettre reçue le 24)
     Le 24 août. Paris. De Fossa à M. Picquot.  Dans l'attente d'une visite que lui ferait le percepteur de Bar-le-Duc, il le "prévient qu'il y a 2 rues de Fourcy: l'une qui aboutit à la rue St Antoine, l'autre derrière le Panthéon, entre celles de la Vieille Estrapade et des Fossés St Victor, c'est celle-ci que j'habite, au Ier étage du n°II, avec ma famille."
     Picquot rendit effectivement visite à Fossa. "Figurez-vous qu'à mon retour de Paris..." lui écrit-il le 15 janvier 1848 en relevant "mais du moins, vous avez autour de vous une fe[mme] [et] des enfants charmants, de bons amis, beaucoup d'esprit, de philosophie [...] de l'art; avec cela, on trouve encore de doux moments; c'est autant de [... sur l'ennemi. Mais je ne vous conseille pas moins de le mettre tout [...] en fuite et de le traiter de telle sorte qu'il n'y revienne plus.(....)        
      Cette dernier correspondance n'est pas seulement intéressante par ce qu'elle dit à propos de  Boccherini ou du lien qui s'est formé entre le percepteur musicologue et l'ancien officier supérieur compositeur, elle l'est également par les éléments qu'y donne Picquot sur la santé de Fossa et de son entourage: "Où trouver en effet un caractère aussi aimable, aussi obligeant que le vôtre surmontant la douleur pour rendre service" (...) et "Je vois avec une véritable peine que vos douleurs rhumatismales vous laissent si peu de répit; si les campagnes sont glorieuses, les suites hélas, n'en valent pas le diable, et par malheur il n'en reste plus guère(...) c'est peu consolant"
    1 -Les lettres du 5 ,8 , 22  et 24 août et celle du 15 janvier ont été publiées (en français et en anglais) par Matanya Ophee dans son étude  "Luigi Boccherini's guitar quintets New Evidence-Ed. Orphee-Boston" qu'accompagne la première biographie de François de Fossa.
    2  La rue prit le nom de Fourcy, dont l'hôtel se trouvait à l'angle de la rue de Jouy. Henry de Fourcy, seigneur de Chessy (Paris, 1626 - Chessy, le 4 mars 1708), était prévôt des marchands de 1684 à 1694; ce fut lui qui transforma cette ruelle en rue.
    La musique, sans être une thérapie antirhumatismale (hier comme aujourd'hui) devait certes lui procurer encore ces "doux moments" évoqués par Picquot, mais son "esprit" politique ne pouvait pas ne pas être préoccupé par la situation de son pays, et les événements vont se précipiter, tanguant de monarchie en république.
1848: (24 février). Chute de la Monarchie de Juillet.
1848 (2-5 mars): Le suffrage universel est proclamé en France. Ce fut, dit-on, le premier Etat de la planète à s’engager dans cette voie.  ( La Constitution de 1793 en avait adopté le principe mais il était resté sans application.)
1848 (23 et 24 avril). Élections qui marquent l'application du suffrage universel.
    Quelle fut la position de François de Fossa? Nous l'ignorons.
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2) Une lettre de Madrid
             Le 23 mai de cette même année, il reçoit une lettre qui, n'en doutons pas lui fut chuad au coeur, elle était de son "amigo" Dionisio Aguado. Cette lettre  avait été rédigée à Madrid le 21 février. Il y répondra sans que l'on puisse en connaisse le contenu.
    "Mi muy estimado amigo: agradable fue la sorpresa que me causó la inesperada visita del  Sr. Don Lorenzo Garcias , á quien sabe v. aprecio mucho. Me dió buenas noticias de la salud de mi Sra Da Dolores y de todos Vds que celebro en gran manera.
    Con motivo de las pasadas ocurrencias de aqui, que ya se dejaban entrever hacia algun tiempo, y tambien por indisposicioncillas de salut, que ha producido este invierno, no he podido delantar de provecho en mi perquisas en el encargo de su amigo de v  ; y me alegro de lo que me dice v. sobre el particular en su carta, porque de ello infiero que por mas que yo procure indagar, nunca podra todo ello valer tanto como lo que M. Picquot 2 pudiera conseguir directamente del poseedor 3 de las obras inéditas de Boccherini. Conviene, pues, que v. me indique si debo continuar en las pesquinas del encargo, para no abandonar-lo.
 El Sor .Dn Lorenzo lleba el encargo de v. de los bondones. Como v.advertirà van unos mas gruesos que otros de cada orden. Amigo mio, por no herir la delicadeza de v. he cobrado el importe de lo que v. me encarga, á los cuales he agregado unos cuantos que yo regalo á v.
    Renuevo mis finos afectos a esa mi apreciable Señora, y demas familia de v  ; a quienes deseo todo bien,  asi como que mande v , a su antiguo, afectuoso y apreciable amigo".
    Aguado a rajouté en marge au-dessous du corps de la lettre ce paragraphe:
     "Tengo escrito al Sr Dn José Lyra3  preguntándole si Sor dejé entre sus papeles un libro titulado Geneuphonia o tratado de armonia, contrapunto y composicion, el cual presté yo a Sor poco tiempo antes de venirme5 para que lle largase . Aunque espero la contest on por medio de Mr Figuera, no serà inutil, a tanta distancia, querer se toma la molestia de escribir al Sr Lyra por la peite poste".."
    1- C'est Laurent Garcias (1779- 1859) est un cousin de Fossa, de 4 ans son cadet.  Rentré en Espagne en 1823, après y avoir fait fortune et devenu député de la Monarchie de Juillet depuis 1830.     Garcias rendit des services aux libéraux espagnols émigrés en France, ce qui lui valut de la part de la Reine Christine, la Croix de Commandeur de l'Odre de Charles III.      
    2-Aux fins d'une recherche sur Boccherini, un échange épistolaire a eu lieu dans la période 1847-1848, Louis Picquot et de Fossa. C'est vraisemblablement en cette même période que Fossa écrit à Aguado exécutant un souhait formulé par chercheur. Dans la lettre du 15 janvier 1848, il note: "Indépendamment de Mr Aguado de qui j'attends, grâce à vous, des renseignements précieux". Fossa dans sa lettre du 8 août 1847 lui avait communiqué l'adresse en l'invitant à lui écrire: "Don Dionisio Aguado en casa de Doña Luisa Melon, calle Fuencarral n° 81."
    N'y aurait pas eu; entre ce 8 août 1847 et février 1848, une une reprise de correspondance entre les deux amis séparés et peut-être, de la part de Fossa, agrémentée de la partition de "Recuerdo", un opus de solos qu'il lui dédicace.  Mais, n'est-il pas émouvant de rapprocher ces lignes "Al Señor Dn Dionisio Aguado._/ RECUERDO de SU SIEMPRE Afmo. AMIGO/ F. De FOSSA" et le final de la lettre d'Aguado "su antiguo, afectuosos y apreciable amigo'..
    3- Le Marquis de  Benavent (1768-1849), qui vit en exil à Bordeaux. Fossa écrit le nom à la castillane "Benavente" et qu'il désigne comme "mon vieil ami".
    4- "José Pereira de Lira" (Luis Briso de Montiano).  "José de Lira a Spaniard living in Paris and a friendlyof Sor" (Brian Jefferey). Exilé en France (ca.1814), il vécut d'abord à Bordeaux, puis à Paris. Dans la liste des souscripteurs à la Méthode la guitare d'Aguado figure un M. Lira, à Bordeaux. Selon Brian Jefferey il aurait eu une fille à laquelle Sor dédia une de ses pièces.
    5- La date de décès de Fernando Sor étant le 10 juillet 1839 Aguado était revenu à Madrid soit fin 1838 ou début 1839.
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3) L'abolition de l'esclavage en Guadeloupe
    On ne saurait imaginer Fossa indifférent à ce qui se passe et, par exemple, à se montrer insensible à un progrès civilisationnel. Le 27 mai 1847 est décrété la fin de l'esclavage en... Guadeloupe. La Guadeloupe pourquoi l'interesserait-elle particulièrement? C'est que Victor Fossa de Beauregard, son fils aîné, il a 22 ans,   servait dans l'infanterie de Marine justement en Guadeloupe. Victor contemporain, témoin... de ce grand événement historique! Sa biographie bien mince est muette sur l'éphéméride. On ne connaît pas non plus les pensées et les sentiments de François de Fossa. A propos de Victor disons qu'il paraît être le premier à revendiquer le patronyme de son grand-père maternel Guillaume Beauregard, chirurgien major à l'hôpital militaire de Perpignan, démonstrateur d'anatomie à l'Université.    
1848 (23-26 juin ). Insurrection dans les quartiers ouvriers de Paris.
1848 (12 novembre): L'Algérie est proclamée dans la Constitution partie intégrante de la France.
    Un document d'archives marque la présence de François de Fossa à Brest le (mardi) 14 novembre 1848. C'est un "passeport à l'intérieur" 1 "valable pour un an" avec attribution de M. De Martel+ officier en retraite domicilié en cette ville". Il fait foi d'un trajet Brest-Paris. Le passeport est signé par le maire de Brest. dont le nom n'apparait pas.. Le maire de l'alors se nomme Pierre Marie François Le Grandais, élu élu le 25 novembre 1847, sera remplacé le 22 novembre 1848 par Hyacinthe-Martin Bizet.
    Mais qu'est donc venu faire François de Fossa à Brest? Est-il venu y accueillir -ou raccompagner- son fils Victor, sous-officier dans le Ier régiment d'Infanterie de Marine, stationné en Guadeloupe. Dix compagnies de ce Ier régiment d'Infanterie de marine se trouvent dans le port breton... Le motif de son séjour peut-il être autre? Médical? Militaire? Musical? Le Major retraité ne nous souffle mot pour satisfaire notre curiosité.
    Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (1808-1873 remporte la présidentielle (avec 5 434 000 voix) contre Cavaignac, le candidat républicain (seulement 1 448 000). Vers lequel de Fossa a-t-il incliné sa préfence? Du neveu, pouvait-il émaner un charme qu'il n'avait pas pas reconnu à son (grand)oncle? Laissons là  l'interrogation électorale! Le 20 décembre. Louis-Napoléon Bonaparte est proclamé président de la République française. Et la vie continue...
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4) La mort du Major De FOSSA
    Hélas, cinq mois après sa visite à Brest, François de Paule Jacques Raymond de  Fossa, âgé de 74 ans, s'éteint le (samedi) 3 juin à Paris, au n° 23 de la rue Copeau1, dans le deuxième arrondissement
    1. Cette rue Copeau  commence aux rues du Jardin-du-Roi et Saint-Victor, finit à la rue Mouffetard. " Son nom lui vient d’un moulin qui était sur la petite rivière de Bièvre, et qu’on nommait au XIIe siècle Moulin de Cupels ; on donna son nom au chemin qui y conduisait. Plus tard, cette dénomination fut changée en celle de Coupols, Coupeaulz, Coippeaulz, et en dernier lieu Copeau. ( Félix Lazare, Louis Lazare Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844 (p. 160-161). La rue Copeau va voir son nom remplacé par celui de Lacépède.  Le 2 décembre 1853, elle prend le nom « rue Lacépède honorant ainsi Bernard Germain Etienne de La Ville, comte de Lacépède (Agen, 1756-1825, Epinay-sur-Seine), naturaliste et écrivain français.
    Nous savons par sa lettre à Picquot du 24 août 1847, que Fossa et les siens habitaient rue de Fourcy, derrière le Panthéon. Il y a donc eu un changement d'adresse.    
    Quelle fut la cause du décès du Major de Fossa ? Aucune trace dans le dossier biographique actuellement en voie de rassemblement  ne permet de la connaître ou de l'entrevoir? Mais serait-il totalement injustifié d'en chercher la cause dans le climat pathologique de l'époque, dû à l'épidémie de choléra qui à Paris dura du printemps à jusqu'à l'automne 1849... "Le mystérieux vibrion (non encore découvert) courut  à partir du mois de novembre 1848 à travers les dép. Palas-de-Calais, Somme et Nord. Sans doute apportés à Paris par des soldats déplacés de Lille à Saint-Denis, et déjà atteints au moment du transfert. 3 décéderont in cantonnement en février.  Ier décès "à domicile" causé par choléra est officiellement enregistré à Paris le 7 mars 1849. (in 7eme arrondissement): vieux centre historique et populaire autour place de Grève. Le 9 deuxième décès dans le IO em ar. Fin mars: 130 morts à domicile et 215 in hôpitaux et hospices."
    En attendant de mieux avancer sur cette question, indiquons que . l'inhumation eut lieu le 4 juin. Jusqu'au vendredi 5 février 2010, on ignorait où se trouvait la tombe de François de Fossa. Mais  grâce aux recherches entreprises -à la demande de Matanya Ophee par Federico Sheppard et Nicolas Brunelle, on sait à présent qu'elle se trouve au Cimetière Montparnasse (75014). La tombe1 de Fossa, Francois de Paule Jacques Raymond est située comme suit:
" 12 ème Division, 6° ligne Nord, N°13 Est, Sépulture n° 186 CC (Concession conditionnelle) 1860"2. "Soit dit en passant, nous écrivait dans un Email le 18-02-2010, cet emplacement n'est pas l'emplacement initial".

    1-Photographiée pour la première fois par Gerhard Penn.
    2- Cette année 1860, il est un événement important qui touche un Fossa.
    " M./ Madame Santerre des Boves a l'honneur de vous faire part du mariage de Mademoiselle Anne Santerre des Boves, sa fille, avec Monsieur le Comte Laurent de Fossa, Capitaine d'Etat-major, chevalier de la Légion d'Honneur (...) et vous prie d'asister à la Bénédiction Nuptiale qui leur sera donnée en l'église Saint-Germain des Prés (rue Bonaparte), le mardi 21 juillet 1860, à onze heures précises du matin.
    -La maison où meurt de Fossa, nous savons qu'elle appartient à M. Durand ainsi que le prouve une quittance de loyer du Ier avril mil huit quarante neuf. Document qui appartient à un récapitulatif de l'inventaire post-mortem où sont citées des "quittances  antérieures de la même maison ou d'autres maisons". "François de Paule Jacques Raymond de Fossa, chef de bataillon, âgé de de soixante treize ans huit mois, marié, né à Perpignan (Pyrénées Orientales)."
    -Une pièce de l'inventaire (après décès) contient une "certificat constatant que M de Fossa est inscrit sur les registres de la compagnie du chemin de fer de Saint Étienne à Lyon pour trois reconnaissances de capitalisation de dividendes arriérés depuis l'origine jusqu'au 31 octobre mil huit cent quarante deux au capital de treize cent cinquante francs chaque reconnaissance avec jouissance du premier janvier mil huit cent quarante deux."
    - il y est également question d'une hypothèque entre M. De Fossa et M. Garcias à propos d'une propriété de Montferrer (arrondissement de Céret), "la métairie de Las Abadias." Cette métairie est mentionnée dans un document daté du 22 brumaire, An IV de la République: Autorisation de surseoir au paiement. A l'administration centrale des Pyrénées-Orientales.
     "Expose la citoyenne Catherine Pousiel, domiciliée de la commune de St Laurent de Cerdans, que le 2 complémentaire dernier, elle a fait soumission pour l'achat d'un domaine national situé au terme de Montferrer, consistant en une métairie dite Las Abadias, le champ de Laro, et terres en dépendantes provenant de l'émigré Antoine Garcias".
    Cet Antoine Garcias, "propriétaire foncier" et "décédé avant le 16 juin 1837" avait épousé le vendredi 6 novembre 1767 à Saint-laurent de Cerdans Marguerite Ponsich, également "décédée avant le 16 juin 1837".  Lors de la naissance, le 13 mai 1769, de Cosme, Damien, Laurent Garcias, le père est mentionné comme "droguiste". Les parrains sont Pierre Ponsich, grand père du baptisé et Anne Garcias, grand-mère du baptisé.    
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5) Aguado, encore
    Dionisio Aguado, vraisemblablement informé de la mort de Fossa par Sophie ou par Garcias ou par quelque proche ami, en éprouvera sans doute beaucoup de peine. Se souvenant de de l'intérêt qui lui avait marqué et de l'aide qu'il lui avait apportée lors de son exil à Paris.  Il n'a pas oublié, non plus, que son "amigo" vivait très pauvrement. Ainsi que l'ont révélé  des historiens ? Aguado ""un agiato possidente che viveva di rendita"  comme le qualifie Angelo Gilardino critique musical italien avait rédigé un testament dans lequel il laissait une notable quantité d'argent à de Fossa. Suite au décès, par un codicille adjoint au testament il demandait que cette somme soit versée à la veuve de François de Fossa et, en cas de décès de celle-ci, à son fils (selon ce que rappelle Matanya  Ophee, qui cite José Romanillos). "En la nota número 2, Aguado ha añadido, el 20 de junio de 1849, un comentario sobre la muerte de su amigo François de Fossa (Julio Gimeno guitarra-artlinkado").
    Aguado mourra à Madrid à l'âge de soixante cinq ans en décembre 1849 ,moins de six mois après. Année bien funeste que cette année 1849, qui voit également disparaître le marquis de Benavent, Francisco Borja de Riquer, lui, à Bordeaux, à l'âge de quatre-vingt six ans, au n°167 de la rue Impériale. Ce marquis, dont la mère était perpignanaise, vivait depuis son exil, en 1813 ,dans dans la capitale de l'Aquitaine dans un parfait dénuement ainsi que l'a révèle la monographie historique que lui a consacré Josep Ma Mangado i Artigas (Il donne comme adresse le "163 rue Meriadek")
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6) Avocat, notaire et commissaire priseur
    A la mort de son mari, Marguerite Sophie de Fossa est âgée de 51 ans. Et ses enfants: Victor1 23 ans , Cécile2  22 et Laurent3  17 ans.
    1-  Victor, le  fils aîné, alors sous-officier au Ier régiment d'Infanterie de Marine (en Guadeloupe) "par suite de son éloignement" prendre part aux opérations d'inventaire.
    - Par une ordonnance du 24 avril 1839, Cécile avait été nommée à ses douze ans élève à la Maison Royale de Saint-Denis (Seine).
    - Laurent de Fossa est élève au Lycée Henri IV. "Droit universitaire payé au collège Henri IV pour le mineur de Fossa et pour fourniture de livres et objets de classe", sait-on par un document du chef de l'institution M. Jub. Le montant "pour le trimestre alors courant était  de trente huit francs soixante cinq centimes
    Le 30 juin, la veuve du Major de Fossa ''adresse une supplique pour l'obtention de la pension accordée aux veuves qui se trouvent dans les conditions légales voulues par les lois et les ordonnances".
    Le 7 août 1849 arrête "le montant de la pension qui sera affectée à la veuve de Fossa à cinq cents francs". (Cf Pension pour la veuve d'un militaire mort en jouissance de la pension de retraite-N°1578)
    Une pièce de l'inventaire (après décès) est un certificat affirmant que M. De Fossa était inscrit au livre des pensions militaires sous le N°11 745 vol.C2 pour une somme annuelle de deux mille deux cent trente cinq francs comme ancien chef de bataillon . ("Cette pension aurait été payée jusqu'au premier avril mil huit cent quarante neuf".)
    Le lundi 26 novembre 1849, à 11 h du matin, Me Lavocat 1 dresse l'inventaire°° après décès, en présence de Maitre Valentin Etienne Fremyn, notaire à Paris et y demeurant, rue de Lille n° 11.  ( Victor de Fossa de Beauregard "par suite de son éloignement" en Guadeloupe ne put prendre part aux opérations d'inventaire.)
    1- Lavocat Eugène François, n'était notaire que depuis le 7 novembre 1848, et son étude se trouvait au n° 12 de la rue Saint-Victor, et y demeura jusqu'en 1852, date à laquelle elle se transporta sur le quai de Tournelle. Lavocat exercera de notaire de 1848 à 1878.
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7 )Le capitaine Fraiche et l'inventaire
    Une pièce établit que  "M Jean François Fraiche, capitaine en retraite, chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur et de l'ordre de Ferdinand d'Espagne, demeurant à Paris au val de grâce n° 9" agissant comme subrogé tuteur du mineur de Fossa  (à savoir Laurent de Fossa, né à Romans) Cécile de Fossa, la soeur, elle majeure habite chez sa mère."
    Qui est donc ce Monsieur? Une visite en diagonale de l'Etat Militaire de France ainsi qu'un fléchage patronymique de Leonore( site de la Légion d'honneur) permet d'avancer:
    Jean-François Fraiche (Toulouse 16 mai 1791-9 décembre 1869/70). Capitaine au 23 ème de ligne, chevalier de la Légion d'honneur (27 décembre 1830).
    Militaires l'un et l'autre,  Fossa et Fraiche se seraient connus où? Vraisemblablement en Espagne? Lors de la Campagne de Cent mille Fils de St Louis (1823-1824) comme pour le suggérer la décoration à l'ordre de Ferdinand d'Espagne.
    En 1822, Fossa était à Strasbourg capitaine au 3e régiment d'infanterie de Ligne, formé de la légion de l'Allier et de la Nièvre...et  Fraîche lui Cap. Adj. maj du 23 e régiment d'infanterie de ligne, ex-Légion de la Loire-Inférieure.
    Mais, en 1824, ils servent tous les deux au 23° de ligne, stationné "en Espagne, division de Madrid, à Madrid; dépôt à Tarbes" comme on peut le lire sur l'État militaire de la France de l'année.  
    Fossa en est l'un des trois Chefs de bataillon et Fraîche l'un des trois Cp. Adj. Maj. du régiment commandé par le Colonel M. Le Cte Brathomivat de Labesse (G.J), avec comme Lieut.-col, M. Lambert (Charles). Les deux autres chefs de bataillon se nomment:  M. Wilhelm (Nicolas) et M. Cottin (Alphonse-Henri).
    Fraîche servait déjà en 1823 comme Cap.Adj.-maj. au 23 e du colonel Barthomivat de Labesse, alors à Bayonne. Fossa n'a rejoint le régiment qu'à Madrid en tant que Chef de Bataillon (il avait été promu à ce grade le 18 septembre 1823)  pour y remplacer le chef de Bataillon M. Brocq (Jean-Baptiste), nommé Lieut-. col., le 3 sept. 1823, au 22 ème régiment, alors" en Espagne, division de Madridd à Madrid dépôt à Agen".    
    François de Fossa a seize ans ans de plus que J.-François Fraîche. Une assez forte amitié a du les lier. Peut-être avec un brin de bienveillance paternaliste, du premier à l'endroit du second. Sans doute par une communauté d'idées... Une amitié qu'a pu également alimenter le fait que l'un et l'autre étaient des méridionaux et le fait aussi que François Campagne, le filleul-neveu de Fossa, ait commencé son droit à Toulouse, ville natale de Fraiche. Voici ce qu'il écrit de  Madrid, le 11 mars 1824: "A Monsieur François Campagne chez Mme Bruguère, rue du Thaur, N° 44 Toulouse" (...)"délivré des soucis du baccalauréat dont à même de te livrer tout entier à l'étude du droit". En 1827 nous prraned une lettre du 17 mars il est installé comme avocat à Perpignan.
     Dans cette amitié n'y aurair-il pas eu un autre lien, tout simplement musical?  Le capitaine Fraiche pratiquait-il quelque instrument? Guitare, ou/et  violon?  Questions sans réponses. En tout cas, par sa proximité avec l'officier perpignanais, il ne pouvait méconnaître que la musique de chambre était la passion hors uniforme de Fossa? Comment aurait-il pu ignorer qu'il en composait, qu'il en jouait. Peut-on imaginer qu'il n'ait jamais eu l'occasion de l'ententre in vivo jouer une des pièces? Mais on ne sait rien d'une éventualité de séances ou de conversations musicales. Mais  serait-ce véritablement fracturer la réalité historique  que de l''imaginer?
    Si l'on pose la question de l'héritage musical de François de Fossa (Matanya Ophee fut le premier), et très précisément du "destin" post-mortem des manuscrits des partitions se son ami et collègue, Jean-François Fraîche est peut-être celui qui aiderait à en résoudre l'énigme, à trouver une bonne raison à son absence. On ne peut pas croire qu'il n'ait  laissé aucune trace de sa musique éditée ou autographe, sienne et ou d'autres compositeurs. Si dans l'inventaire après décès, sont citées trois guitares et d'une harpolyre, montrant de façon on ne peut plus objective que nous somme chez un musicien, dans la bibliothèque (" Environ trois cents cinquante volumes reliés et brochés" est-il noté)  il n'est fait aucun état explicite de quelque littérature musicale que ce soit. Même pas un exemplaire de la "Méthode de la Guitare" de son ami Aguado qu'il avait traduite, améliorée et annotée...A moins qu'elle garde le silence dans ce final de l'inventaire "et autres ouvrages ne méritant description prisée cent cinquante francs". Faudrait-il en déduire, que cette littérature avait été déjà "placée" en d'autres lieues, sous "protection", confiée à d'autres personnes mais pouir quelles raisons? La réalité est ce trou, ce vide musical comme après un tour de passe-passe, tours qui ne sont jamais accidentels...
    Le capitaine Fraîche, comme les notaires Lavocat et Fremeyn, comme "M Eugène Gerasine Colin, commissaire priseur place St André des Arts n°30" à qui fut  confiée la prisée des "objets mobiliers"en avaient-ils eus l'explication de la bouche même de la veuve Marguerite Sophie de Fossa?  
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