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Met Barran
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29 mars 2009

De Méloux, Miluc et ISABLLE OLIVE

Gérard Méloux est sans doute l'un des musiciens les plus actifs de la région de Perpignan. Un sorte d'incontournable! Sa guitare, son oud et autres instruments qu'il expérimente pour voir comment ça sonne, ou parce qu'il a entendu que ça sonnait pas mal. Un musicien porté par la disponibilité renouvelée de l'oreille et la fidélité en amitié maintenue. Mais si Méloux fait compagnonnage avec des valeurs sûres (Bellsolà, Figuères, Comelade), il sait aussi saisir l'opportunité d'une nouvelle aventure. Comme celle, par exemple, actuellement engagée avec la chanteuse comédienne Isabelle Olive dont la création L'Ombellie a remporté un vif succès dans le joli théâtre d'Alénya. Gérard Méloux, effet de sa discrétion, de l'ombre des seconds ou troisièmes plans, n'est guère sollicité par les média alors qu'il a tellement à raconter sur son métier et la situation de l'artiste "délocalisé". Comme Méloux, Miluc Blanc est un oublié  de ces mêmes média. Mais lui, dira-t-on c'est l'homme de l'ombre, c'est-à-dire le deus ès machina de la lumière. Son rôle est d'éclairer. Des visages, des personnages, des situations. Sans ses mathématiques magiques de la lumière, la fiction serait moins fiction, le personnage moins crédible, les musiciens moins comparses (de simples accompagnateurs), et la comédienne chanteuse moins physique et vivante, moins malicieuse ou dramatique... Miluc est un photographe sans appareil, mais mille fois photographe puisqu'il joue avec le muscle- même de tout photographie the light. Dans L'Ombellie, il fallait voir ce moment de grâce photo-scénographiquephoto-scénographique, qui saisit Isabelle Olive à genoux, tirant de l'étui d'une guitare posée devant elle, une poupée, oui née du ventre d'une guitare, cette beauté fragile, poupée d'abord dévoilée puis corrompue en marionnette, dans le trilogue du dit, du lumineux et du musical. Remarquable tableau-séquencetableau-séquence, où se résume toutes les métaphores du spectacle: femme et féminité(s), révolte et tendresse(s), parapet du réel et vertige(s) de la transgression, allers et retours d'un coeur de femme devenu voix pour s'exprimer, rendre hommage, nous surprendre, nous amuser, nous séduire et nous clouer au pilori de quelque périlleux phantasme. Isabelle Olive aime l'espace, elle en joue, le traverse, le domine, y bondit ou s'y allonge comme dans un pré verdoyant où toutes les fleurs sont des chansons. Isabelle Olive aime la langue, ses bons et ses mauvais tours. Elle s'approprie William Scheller -connivence des subtilités- comme Brigitte Fontaine -et sa rage des espiègleries- et hisse ses propres compositions -sonatines ou phrases de ballade- à un bonne hauteur de dignité. Merci à elle et à son cadeau d'art frais et populaire, dense et bien mesuré, dont il ne faut naturellement pas retrancher le bel accordéonniste Bruno Codina Bosch qui n'en est pas à sa première exhibition avec l'artiste rayonnante de sincérité dans le travail et de bonheur au joyeux verdict de l'applaudimètre .

XXX

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