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Met Barran
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26 août 2011

motmotière

 

Deux chenets me semblent évoquer les belles flambées d’antan. Amateur d’histoires au coin du feu, Je m’approche deux et les caresse d’une main de brocanteur. Ils se taisent. Ma main leur rappelle-t-elle celle de quelque brocanteur qui les a menés ici. Je remarque alors qu’ils sont dépareillés. Ils ne sont pas du même siècle. Leurs histoires ne sont donc pas toutes les mêmes. Mais comment le saurais-je, puisque les deux chenets se sont tus, n'ont rien voulu me dire puisque je ne leur avais pas allumé de feu.

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A la manière de Boris : Une icône, un conard. Je me souviens avec reconnaissance de son « Un maréchal, des maraîchers ».

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Et Sigmund Freud dans tout ça? Il devint une multinationale ?

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Si quelqu'un se moque de toi, ne va pas chercher midi à quatorze heures, il a une très bonne raison, et il est préférable que tu ne la connaisses pas ni par le bout qui la commence ni par le bout qui la termine. Aucune moquerie n'est sans raison.

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Fernand Pelloutier, ce nom ne vous rappelle-t-il rien ? La rue, où j’habite. -Mais encore… Alors, là...je suis sec!

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Mes portraits satiriques ne tiennent jamais.- Ce n’est pas à cause de tes crayons, c’est que tu ne leur donnes pas assez de colle ?

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Serais-je désobligeant envers Guignol en vous disant que nombre de nos émissions sur écran plat -ou ventru- relèvent du grand guignolesque !

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Le scanner du romanesque ne révèle pas toutes les fêlures de l'auteur ou de ses personnages. Le roman incline à noyer tous les petits poissons au nom de l’art.

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Nous avons besoin de chansonnettes comme le fade a besoin d’une pincée de paprika.

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Si j’étais vitrail le soleil darderait mon corps et répandrait des gouttes du sang de mon corps au pied de l’autel, au point exact où tu t’agenouilles. Mais je ne suis pas vitrail et il est minuit passé.

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Un vieux général disait à un vieux soldat. [C’était peu de temps après qu'il n’y eut plus de guerres.Un vieux général disait donc à un vieux soldat : Embrassons-nous! Nous avons fait les mêmes guerres. Nos ennemis étaient les mêmes. Sans doute, certes, bien sûr répondit le vieux soldat: Embrassons-nous! Mais rappelez-vous: Vous êtes devenus général, je suis resté soldat.

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Quand on s'est mouillé, je sais bien que l’on a fait des bêtises. Mais quand on s'est seulement trempé, est-ce la même chose- interrogea-t-il assez naïvement.

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Je passais en revue mes défunts. Certains me souriaient mais je n’osais pas les saluer pour ne pas déplaire aux autres. Je tins bon. Je faisais mon métier comme je m’étais engagé à le faire: ne rien laisser percer de sentimental.

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Dans le silence ensoleillé de la roche effritée du muret deux petits lézards jouent. Je les vois heureux et - à compter leurs entrées et sorties- increvables. La comédie du petit monde animal me plaît.

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 Enfin, sorti de son pot. Il pourrait maintenant visiter d’autres terres. Il verrait des terres ocres et les terres grises. Il les comparerait. Et, gaillardement, il en tirerait des conclusions sur les mérites des floraisons, hors pot et à l’air libre.

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La motmotière, c’est une sorte de bonbonnière, me dit Richard. J’en tire les mots les plus exquis. Je les ai amassés depuis toujours et à présent, avec parcimonie, j’en savoure un par-ci et un par-là. Jamais deux en même temps ou à la suite. Voudrais-tu en goûter un, tiens ces petits verts ? Et, pour moi, il tire de sa motmotière trois mots qui ravissent aussitôt ma langue et mon palais. Sagaie, arquebuse et  bélier. Vous auriez du voir la délicatesse avec laquelle Richard dévissa le couvercle. La finesse du mouvement de deux doigts qui se faufilent parmi la réserve des mots exquis pour n'en saisir trois que trois. Trois mots, parce Richard n'ignore pas mon chiffre fétiche, trois mots pour m'être agréable, et me faire connaître les secrets et les heurs de sa motmotière. Richard s'émerveillait de me voir libérer du léger voile de papier qui les enveloppait les trois verts exquis et de les porter sur le bout de ma langue pour que de mes lèvres coulent d'aise les sonorités sagaie, arquebuse, bélier. Richard est ravi.  Je savais, dit-il, que nous partagions ce même plaisir langage, toi le sédentaire, et moi le nomade. Soudain son visage se figea. Le regard, assombri par une peine que j'interprétais comme une peine métaphysique, il observait sa motmotière. Voyez-vous Patrice, ce serait magnifique, si ma motmotière ne s’amenuisait pas de jour en jour -je ne trouve plus mes mots, je veux dire des mots exquis, des mots bleus. Je vous en ai offerts trois, ne faut-il pas que je vous aime plus qu’il n’y paraît lorsque nous nous rencontrons au grandjour. Il prit le couvercle et referma sa motmotière. Je lui offris mon épaule, il y reposa sa tête. J'avais encore en bouche l'exquisité de sagaie, arquebuse et bélier.

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