Péril en ta demeure
Quand les montagnes et les lacs,
les nuages et les rivières
Ne t’adressent plus la parole,
Quand les gens d’une vallée vomissent
les gens de l’autre vallée
Sois-en sûr,
Il y a péril en ta demeure,
Quand les mers se renfrognent
et te boudent,
Quand les routes raidissent leurs pentes
Et que les fossés sont inhospitaliers,
Sois-en sûr,
Il y a péril en ta demeure,
Quand les villages répudient leurs cheminées
et repoussent les fontaines,
Et que les villes ne sont que dortoirs
et tunnels de peur
Sois-en sûr,
Il y a péril en ta demeure,
Quand les ciels d’été et les ciels d’hiver
se confondent,
et que les ponts n’enjambent plus
les rivières et les routes,
Sois-en sûr,
il y a péril en ta demeure.
Quand les brouillards
au petit matin
s’étripent entre eux
Pour savoir ce qui est caché
dans le ventre ennemi
Et n’y trouvent que soleil de mort,
Sois en sûr,
il y a péril en ta demeure.
(Extrait de la série "Chansons idiotes ou insensées d'un fantôme bègue")
xxx