El miedo
Je suis content. La bouteille à la mer que j'ai jetée dans la mer, pardon dans le "vebbe" a été ramassée par quelqu'un , un certain Lucien ou Lucain, je ne sais plus, ça va si vite. Et ce Monsieur Cien ou Cain je tiens à le remercier vivement, aussi vivement qu'une truite qui ne veut pas se laisser prendre. Merci pour sa traduction. Je ne la discuterai pas n'étant pas en mesure de le faire d'autant que je l'ai déjà adressée (il me fallait tenir le délai!) au désespéré qui m'avait, par un coup de fil d'après-minuit, mis par ses insistances presqu'en demeure de le faire, exercice pensum que j'étais parvenu à déjouer toutefois, m'en déchargeant sur quelque virtuel ami guettant, j'avais un peu misé là-dessus, mes apparitions sur son écran. Telle était mon intention et ma spéculation. Et ça a marché sur des roulettes! Vous me direz des roulettes dans le "vebbe" est-ce bien utile? Bof, on sait jamais! vous! répondrais-je. La traduction, il ne fait point de doute que vous l'aurez lue ailleurs mais je la répète pour le fun de la camaraderie qu'il ne faut jamais casser, perdre de vue ou laisser s'attiédir. "La peur est naturelle chez le prudent, la vaincre chez le courageux". Camaraderie avec mon traducteur prompt et bénévole, et camaraderie avec cet inconnu (si son appel avait été anonyme, l'expression de sa gratitude ne le fut pas puisqu'il l'a accompagnée de "Best regards Cliff Meadow") qui,avant-hier soir ou quelque chose comme ça, fit voler en éclats mon sommeil et transformé en fumée un rêve qui n'avait pas encore eu le temps d'être très bien troussé. Cliff est devenu un camarade, d'une part en se croyant obligé de rectifier la traduction devant laquelle il avait décliné tout entrain et toute compétence: voyez-vous, et pour ma part je m'aperçus clairement, à ce moment là (car il était 11 h du matin), qu'il n'ignorait rien de la langue que l'on disait de Molière mais que l'on devrait dire de Patrick Modiano (lisez-le et vous comprendrez le sous-entendu), il m'écrit je dirai moi "La peur est naturelle chez le prudent, la vaincre, l'est, chez le preux." Passons, en matière de poésie, la rime, comme le rythme sont casse-gueule et il y a toujours plus Raminagrobis que soi. Cliff, d'autre part, est devenu un camarade parce qu'il me déverse depuis ma "bonne action" des tonnes de culture. Ainsi, ai-je appris que ce Don Alonso Ercilla y Zúñiga fut un maître de l'épopée du siècle d'or espagnol, un maître auquel on porte de nos jours encore quelque attention, et que son oeuvre monument s'appelle La Araucana, elle raconte en vers et en chants la conquête du Chili par les Espagnols, conquête qui se fit au détriment sanglant des Auracans (lesquels sous le nom de Mapuches sont toujours en résistance en 2013). Une chanson de geste qui qui connut un grand succès éditorial et qui eut même une édition dans son original castillan à Perpignan, en 1596, chez Sampso Arbus "El miedo es natural en el prudente,/ y el vencerlo en el valiente". Ces deux vers (qui étaient ceux soumis au passage au français) sont, merci Cliff Meadow, les deux derniers vers de la première strophe du "Canto VII" de "La Araucana". J'ai accepté de déjeûner un de ces prochains jours avec Cliff pour en apprendre encore plus: il paraît que le poème de ce Don Ercilla, soldat et écrivain, c'est une mine, et lui, je le découvre à présent, c'est un puits de science qui s'amuse de tout et de tous. Amusons-nous ensemble!
Max Frega Plats