Je sais, Manu
Je sais, Manu, que je ne sais pas... Mais si je coupe pour raccourcir j'ai peur de me blesser, de m'amputer. Si je me concentre j'ai peur de ne pas savoir m'arrêter à temps et de prendre tout le jus sur la figure ou la chemise. Si je me dégrossis j'ai peur que ma transparence n'intéresse personne . Je sais, Manu, je ne sais pas faire comme font les autres, ceux qui excellent et qui savent faire briller et la forme et le fond, les chaussures et les crânes, ceux qui ont du génie à revendre et qui, s'il était bien réparti, pourrait réjouir la plupart des miséreux qui me ressemblent... Je me lance, je tape, je déblatère, je continue, je gonfle et j'étale, je me crève et, quand je m'arrête, ce n'est pas pour une pause café ou pour reprendre mon souffle, et ensuite revenir sur mon clavier, si je m'arrête c'est pour me tirer (bye! bye! la maisonnée!): je sais, Manu, que je ne sais pas!
Gégé Matuvu