Que devient Pierre Lebelâge?
Il roule, il roule sa bosse, à son rythme. Mais, parti du bon pied, il poursuit dans la bonne direction : là où l’on peut tutoyer Messires Brassens et Ferrat. Là où sont souveraines également Francesca Solleville et Anne Sylvestre qui l’ont encouragé et ne cessent de lui prodiguer de bons conseils…maternels autant qu’artistiques.
Découvert en 2010 par le regretté Allain Leprest (1954-2011), P. Lebelâge, chanteur né à Perpignan, musicien guitariste passé progressivement à l’écriture des textes, participe en 2011 sur la place d’Antraigues s/Volane à un Hommage à Jean Ferrat (1930-2010) avec Francesca Solleville, Allain Leprest (qui décèdera, hélàs, le 15 août), c’est son premier vrai bain public. Il est invité le 12 novembre de la même année au Café- Théâtre « L’Esprit Frappeur »à Lutry en Suisse –un festival qui fut salué à sa naissance par Julos Beaucarne. Il est en bonne compagnie et assure les premières parties d’auteurs compositeurs interprète qu’il aime.
En juin 2012, il se fait remarquer à Paris, à l’Européen en concert avec Bernard Joyet. Il est, par ailleurs, une des révélations du Festival de Barjac 2012 « De la journée d’hier (Ier août) , je retiendrai la découverte de Pierre Le Bel Age… Je ne sais si c’est son vrai nom ou un pseudo, mais il lui va bien ! Un bel artiste, jeune et attachant, simple et bourré de talent. Il a de toute évidence la chanson dans le sang, il sait intuitivement comment l’écrire, comment y mettre la bonne musique, et comment la chanter à la guitare sans trop se prendre la tête, et pour une première présentation, c’était très honnête » note sur un blog un certain François.
A Aizac (07) en août, il confirme son ascension, son nom se répand avec les meilleurs qualificatifs dans le monde l’autre chanson, cette dont on voit bien peu souvent le nez sur les écrans de télévision. En novembre 2012, il revient à l’Européen pour assurer cette fois-ci la première partie de Nathalie Miravette. Bon accueil !
Dans un style, qui lui est tout personnel, il trace sa voie et conquiert un public qui l’applaudit de plus en plus spontanément. Brassens, sans doute, Bobby Lapointe, aussi. Une nouvelle voix du sud. Douce, ensoleillée, piquante…comme si de rien n’était.
Les 10 et 11 juin 2013, il passe au Pot éthique, un bar associatif de la rue St Jacques à Mazamet. Le 2 août 2013, voici Lebelâge sur la scène -et sous chapiteau- au rafraîchissent Festival « Chansons de Paroles » à Barjac, aux confins du Gard et de l’Ardèche. Le 12 octobre dernier, il est à l’affiche du « Festival de Travers » (FestHilaire) de St Hilaire St Mesmin (près d’Orléans), il fait la première partie de Valerian Renault.
«(Il) chante avec sa guitare et un doux accent du sud, des textes poétiques de haute volée. Des chansons simplement belles qu'offre cette pépite musicale » a écrit un jour La Dépêche du Midi)
Cette perle rare de la chanson, a-t-il été écrit, fait «des chansons qui, est c’est rare, gardent des pépites de sens à chaque réécoute. » S’il n’a pas encore la place qui lui est due sur la scène de la chanson française qu’il sert avec fougue et constance, Pierre Lebelâge a ses premiers titres de bonne reconnaissance : il est photographié par Rémi Le Bret, Chloé Jacquet ou Chantal Bou Hanna, filmé par Philippe Hanula, interviewé (longuement) par Dominique Citerne… et défendu par un site comme http://www.nosenchanteurs.eu/
C’est clair et durable, Pierre Lebelâge a des admiratrices enthousiastes. Comme cette Catherine Cour : « pas de chansons d’amours contrariées, pas de récits familiaux : on part tout de suite pour une heure d’humour fin et subtil, avec de beaux textes, ciselés, dans le genre de ceux où on ne peut pas changer un mot, tant ils sont bien choisis et collés sur une musique qui semble « évidente », mais dont je crains fort que ceux qui voudront s’y risquer ne galèrent pas mal avant de trouver les accords exacts… »
Elle note, autre part : «... Le regard de ce jeune homme sur le monde qui l’entoure est fraternel, décalé, malicieux, tendre. Les mots qu’il trouve pour nous faire partager sa vision sont impressionnants de maturité et d’humour...
Un autre satisfecit, ailleurs : « Un micro trottoir auprès de quelques spectateurs s’attardant pour prolonger la soirée réunit les suffrages, sur les qualités de son écriture, ses tableaux sociaux drolatiques, ses portraits tendres ou acidulés, selon qu’on est sa Mamadou métisse, ou un raciste à pastis. »
« Je vous propose de découvrir quelqu’un qui, j’en suis sûr, fera son chemin un jour dans ce joli métier de la chanson./ Il s’agit de Pierre Lebelâge, ah le joli nom… »
avait écrit Allain Leprest 1), peu de temps avant sa mort. Des mots qui devraient servir d’exergue au premier album du Pierre Lebelâge, qui est attendu chez Label Tacet, à Toulouse, ville où réside aujourd’hui le chanteur perpignanais. L’ascension, comme on le constate, se poursuit et la diffusion de ce premier album, qui porterait le titre de « Babel » pourrait marquer une élévation considérable.
En attendant cet événement (11 créations et le concours musical à la guitare de Thierry Garcia), sachez que le chanteur est programmé à Toulouse « Chez ta mère », le Café associatif & culturel de la rue des Trois Piliers, les 30 novembre et Ier décembre 2013 à 20 h et le vendredi 13 décembre 2013 à 20 hà Ivry sur Seine (94), au Théâtre Antoine Vitez en première partie de Milissmell.
Parmi les titres du présent répertoire de Pierre Lebelâge (dont une bonne partie devraient figurer sur son CD): « Con comme la hune », « Pas demain la vieille », « La dame aux caméléons, « Quelle mouche a piqué mémé », « Méditations métaphysiques d’une dame pipi 2», « Je déménage », « La tour de Babel 3», « Ma Métisse », « Chiffons »… De la belle ouvrage accomplie, depuis son concert « Talents d’ici » (ElMediator, Perpignan 4) avec la chanson le Cas Sandra qui lui gagna ses premiers admirateurs.
Pierre Lebelâge ne rêve que d’une chose continuer à chanter, chanter, écruire, composer et chanter. Lebelavenir !
Le Furet siffleur
1) Pierre Lebelâge a participé au Coffret : « Connaît- on encore Leprest ? » avec, entre autres J.L. Foulquier, C. Lemesle, A. Sylvestre et Sanseverino.
2) Exemple de méditation : Les médias nous carottent aux petits oignons.
3) « C’est un sacré bordel / Dans la tour de Babel / Enrage un vieux rabbin / qui en perd son latin / Gueule un imam furieux / Qui en perd son hébreu / Jure l’abbé abêti / Qui en perd l’appétit / Mais comme dit ma mémé / Bon Dieu, Allah, Yahvé / V’là une éternité / Nom de Dieu, montre en main / Qu’on trouve pas mieux pour tuer le temps entre voisins. »
4) Encore insuffisamment connu chez lui, Pierre Lebelâge s’est produit quelquefois à Elne, dans les locaux de l’If, siège du Cercle des Authentiques Cabochards et de la revue La Licorne d’Hanibal.