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1 novembre 2016

A moi, comte, deux mots!

Le "Haydn de la guitare" -comme on disait à Madrid et le "Maître de Perpignan" -comme on dit en Italie- François de Fossa a laissé quelques pièces superbes, lesquelles appartiennent aujourd'hui à notre conscience collective, grâce à leur restitution éditoriale et critique de Matanya Ophee et des Editions Orphée, grâce bien sûr à l'interprétation, à l'enregistrement et à la diffusion (depuis 1985) de son travail de composition (l'interprétation étant la sublimation de la composition). Il est une oeuvre de de Fossa, parmi ses oeuvres majeures, dans leur écriture -selon les spécialistes- comme dans leur "gravure" contemporaine -toujours selon les attentifs à la réalisation bien faite- qui nous retiendra ici, plus pour des raisons anecdotiques que musicologiques. Cette s'appelle: 

Trois  Quatuors/ Pour deux Guitares, Violon & Basse / Avec une partie d'Alto / Pour remplacer au besoin la 2e. Guitare / Composes / et dedies / Par F. De Fossa / A Mr. le Comte de Montboissier.

Et ce sur quoi nous voulons nous pencher c'est sur le dédicataire de l'oeuvre."'Mr. le Comte de Montboissier".

Ces Trois quatuors furent édités du vivant de l'auteur et dans une période semble-t-il plutôt féconde du musicien d'origine perpignanaise, ancien émigré post-1793, mais alors chef de Bataillon du 23 e Régiment d'Infanterie de Ligne. Edités très exactement chez Richault à Paris (boulevard Poissonnière, n°26) en 1825. ou  "around" ou "after" comme le pense Matanya Ophee, à qui on doit la découverte contemporaine du compositeur-guitariste. Cette oeuvre a été étudiée et publiée par Magarita Mazo, musicologue d'origine russe. Partant de l'hypothèse de la date 1825, elle estime . 

« This could indicate that the Mss.originate from the years just prior to the Paris publication, i.e.,c.1821-25, when the composer was stationned in Strasbourg and Paris. »

Mazo n'a pas manqué  de  souligner que le dit Montboissier était le colonel du régiment dans lequel servait de Fossa. Ce qui établit, aussitôt, un lien particulier entre le subalterne et son supérieur. Sympathie nobiliaire? Respect? Amitié? Reconnaissance? Geste courtisan? Précisons que Montboissier n'est pas la seule personne (de rang ou pas), à laquelle  notre compositeur ait dédié une de ses partitions, sinon expressément écrit. Dans le catalogue des oeuvres à ce jour réunies et éditées par les Éditions Orphée, on relève Mesdemoiselles Rosalie Henin,  Sophie Vautrin (1800-1872), Mme Joséphine Villard..., MM. Narciso Paz (ca. 1750-XIX), Antoine Meissonnier (1783-1831), Jean-François Salmon (1786-1831), Dionisio Aguado (1784-1849), Ramon Carnicer (1789-1855), Heinrich Moritz Baxmann (1784-1829), Le Chevalier Hypolite Foulques de Villaret (1788-1865)...Autant de personnalités dont on peut imaginer qu'elles appartiennent au (x) cercle (s) proches de ses relations.

Cette belle oeuvre des Trois quatuors Op. 19 existe -immense plaisir- dans un très beau CD Stradivarius de 2004, et offert au public mondial par quatre jeunes et talentueux  musiciens italiens Matteo Mela, guitare, Lorenzo Micheli, guitare, (deux guitaristes qui, si notre mémoire ne flanche pas, furent présents au Ier hommage international à de François Fossa le 25 juin 2005 à Palau del Vidre),  Ivan Rabaglia, violon et Enrico Bronzi, violoncelle. Les quatuors furent enregistrés les 27-29 octobre 2003 dans la "Chiesa di Nostra Signora Assunta", en Italie à Villa Viani (Imperia). Revenons à l'anecdote, au pittoresque biographique, à un domaine moins professionnel: Quand et dans quelles circonstance notre musicien et "M. le Comte" son colonel ont pu se connaître pour la première fois. Les circonstances ont-elles pu avoir un caractère extra-militaire?  Rien de bien précis pour confirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse. Ce que l'on peut remarquer, à la suite un vagabondage internautique, c'est qu'un Marquis de Montboissier (le ci-devant appelé Philippe Claude de Montboissier-Beaufort-Canillac) né en 1712 et décédé en 1797, présente comme signes particuliers de sa vie en active: d'avoir été Gouverneur de Bellegarde en  Roussillon...Ce Montboissier a traîné ses guêtres dans le pays  pendant plusieurs années, jusqu'au moins  l'année 1789 puisque l'annuaire de l'état militaire du royaume  indique: "Bellegarde: Comte de Montboisier, Gouverneur." Soit, mais quel serait le lien de ce Marquis avec le Comte homonyme? Sans doute, comme chez tous les grands, un air de famille: oncle, cousin...plus peut-être mais faudrait alors affiner et effeuiller les arbres généalogiques.

1789: C'est l'année de la Révolution. François de Fossa aura 14 ans. Peut-être pince-t-il à se moment là les cordes d'une guitare, mais il ignore ce que Destin lui réserve comme existence prochaine. Le nom de Montboissier est-il connu dans sa famille? Ce n'est pas improbable. Mais, outre ce Marquis, on repère une deuxième trace d'un Montboissier dans le pays. C'est l'état militaire qui nous la fournit mais, cette fois-ci, trente ans plus tard, en 1821 et 1822. Que nous livre ce document? Et bien que le 19 è Régiment d'Infanterie de Ligne (ex-première Légion de la Gironde) se trouve ( où ça?) à...Perpignan et que son lieutenant- colonel s'appelle (tenez-vous bien!) " M. Le Cte de Montboissier Beaufort de Cannillac (Ch. Marie. Ph)". Nom presqu'ausi long que l'Ancien régime. Cette même année 1822, le 3 è Régiment qui compte dans ses rangs "M. de Fossa (F de P. J. R.)" comme l'un de ses capitaines est lui à... Strasbourg, ville qui pour diverses raisons restera dans son coeur. Notre capitaine est âgé de 47 ans et vieux garçon. Mais qui est le nouveau Comte? Est-ce ou n'est-ce pas le "fameux" dédicataire?  La web prospection débouche sur la proposition d'un Charles Maurice (et non Marie) Philippe de Montboissier Beaufort-Canillac (avec un simple n) né à Amiens le 14 janvier 1794 et décédé le 9 septembre 1872, omme en fait foi via Leonor une pièce manuscrite (faire-part de décès) de son dossier Légion d'Honneur -dont il était Officier- au château de Chantemesle près Logron en  Eure et Loire. Détail à ne pas déconsidérer: L'avis de décès qui énumère une assez longue liste de parents (les derniers étant "le Comte et la Comtesse de Montboissier Beaufort Canillac") en fait un Marquis

Le Charles Maurice Philippe d'Amiens avait 19 ans de moins que le François de Perpignan, celui qu'il aura bientôt sous ordres. Mais quand? Que nous dit le (précieux) annuaire de l' état militaire pour l'année 1823. D'abord que le 19 e Régiment  dont notre Comte est le lieutenant-colonel se trouve alors en Auvergne, à Clermont-Ferrand et ensuite que Montboissier a été promu Colonel le 7 février 1823.  Il nous dit aussi que le 3e régiment celui du Capitaine François est à... Strasbourg. Mais l'annuaire de 1824 ignore les deux noms. C'est qu'au cours d'une année, d'une impression à l'autre de l'annuaire, il s'en passe des choses. On sait par exemple que de Fossa a rejoint l'expédition des Cent Mille Fils de Saint-Louis, dépêché pour remettre les fesses de Ferdinand VII sur le trône d'Espagne, et qu'il assure entre autres le commandement des places de Bellegarde, sur la frontière franco-espagnole et de Molins de Rey, près de Barcelone...Le capitaine se trouvait depuis début novembre 1822 dans sa ville natale, auprès de sa soeur Thérèse souffrante qui décéda d'un cancer le 16 janvier 1823. On sait aussi (recherche obstinée dans les couloirs de l'Internet) que le 10 février 1824 fut célébré-revenons à notre Comte, le mariage de : 

"Charles Maurice Philippe de Montboissier Beaufort de Canillac avec Bernarde-Caroline-Louise-Stéphanie Prévost De Chantemesle, née le 25 Aout 1803, fille de Feu Etienne-François Prévost de Chantemesle et de Marie- Alexandrine-Françoise-Charlotte Choulx de Bussy".

Deux faits (mort et mariage) sans autre lien que d'être pour notre investigation des repères. Pour son mariage, Montboissier était déjà Colonel. A son retour en France, après ses activités  en Catalogne et à Madrid, Fossa est mieux galonné que lorsqu'il était parti, promu en effet Chef de Bataillon le 18 septembre 1823, époque où il commandait la place de Molins del Rey. En 1825, selon l'annuaire de l'année correspondante, Fossa appartient au 23 è régiment d'infanterie de ligne, sous les ordres du colonel est Barthomivat de Balesse (G.J). Comme on le voit la rencontre du Colonel et du Chef de Bataillon, sous le signe de l'uniforme et peut-être du papier à musique, tarde.

 Le 4 janvier 1825,  cette Guerre d'Espagne est finie. Le régiment de Fossa rentre en France, en passant par son dépôt à Tarbes.  Faisant plus tard les comptes, Fossa constate qu'il a demeuré outre-Pyrénées 1 an, 8 mois, 15 jours. Le voici maintenant à Tours, c'est le 31 janvier. Dans une lettre à son neveu et filleul François Campagne, il écrit: "J'ai trouvé à Tours une belle épitre de M. Le Gal Comte Meunadier, chef d'état major général de l'armée d'Espagne, qui m'annonce que je suis nommé chev(ali) er de Saint Ferdinand de 2eme classe". Cette lettre est du 11 février 1825. Cependant le 24 avril, toujours à son neveu mais cette fois-ci d'Angers il lui confie son  amertume "J'ai du guignon pour cette malheureuse croix d'Espagne. Elle m'a été enlevée deux fois par intrigue et lorsqu'enfin elle m'a été accordée je ne sais quel démon m'empêcheencore d'en jouir. Je n'ai pas encore reçu l'autorisation du roi pour cette décoration étrangère, et comme je suis le seul dans ce cas des officiers supérieurs qui ont fait la dernière campagne, j'ai l'air de faire à moi seul une exception qui ne m'est pas du tout favorable." Mais c'est à partir de Tours que le Comte et le Chef de Bataillon entament le même tour de France des places militaires.  Le comte de Montboissier a-t-il fait -comme de Fossa- la campagne d'Espagne? Une hypothèse aurait été que les deux hommes y auraient pu ainsi faire connaissance, sous le signe de  "l'un: et bien, je suis de Perpignan; l'autre: ah, bon, je connais Perpignan". Mais rien pour l'étayer. Hypothèse à laisser sur le bord de la route des explorations.

Ce qui, en revanche, est établi c'est que c'est en cette année 1825 que les deux hommes se voient servir dans le même régiment,  qui stationne alors avec état-major, trois bataillons et dépôt à ...Tours. M. le Cte de Montboissier Beaufort de Canillac (Charles. Maur. Ph.) en est le colonel et M. de Fossa (F.de P. J. R.), l'un des trois chefs de bataillon. Il faudra  attendre 1831 pour que le nom de colonel Hermann se substitue à celui de colonel Montboissier à la tête du régiment. Il est à Marseille avec état-major et quatre bataillons. Ce nouveau colonel est vraisemblablement le lieutenant-colonel Hermann du 17 ème Régiment de la deuxième brigade de la troisième division qui, en 1830, comme Montboissier avait participé à la dite expédition d'Afrique. Montboissier a donc participé à la conquête d'Alger. Et notre François, est-il avec lui sur la côte nord-africaine ou est-il resté dans les Alpilles, dans les hautes Alpes, à Gap précisément ainsi qu'on l'induit d'une lettre du même Fossa, datée du 6 mai 1831 (donc un an après l' « embarquement ») et adressée au Ministre de la Guerre et dont l'objet est une compensation, nous apprenons qu'au début du mois d'août 1830, il se trouvait à Gap, et en conséquence il faisait partie du corps du troisième bataillon. Voici ce qu'il écrit :

"Je ne crains pas d'affirmer que cette compensation retombera sur un officier supérieur qui croit avoir acquis quelques droits à la bienveillance du gouvernement actuel par son empressement à concourir à l'établissement du nouvel ordre des choses dans les premiers jours du mois d'août 1830. Ma conduite ferme, franche et loyale à Gap, dans cette occasion délicate, fut appréciée par le nouveau préfet M. Raynaud envoyé à cette époque dans le département des hautes Alpes. Elle le fut également par M. L'Inspecteur général Baron Gency: l'un et l'autre ont dû vous en rendre compte. Je suis assuré que M. L'Inspecteur général comte Heudelet, que j'ai prié de prendre de nouveaux renseignements à ce sujet, ne pourra que confirmer les précédents rapports".

Cette lettre fait tomber l'hypothèse de son embarquement à Toulon 11/ 16 mai 1830 et de son débarquement le 14 juin 1830 dans la Baie pour Siddi Ferruch... Mais 1830 est une date également très importante puisque c'est celle de  Révolution (dite) de Juillet avec  "Les 3 trois Glorieuses", les journées des 27, 28, 29 juillet. Avec l'abdication de Charles X, l'arrivée sur le trône de Louis Philippe Ier. Charte constitutionnelle du 14 août. Serment des fonctionnaires publics  du 31 août. Des officiers supérieurs ne prêteront pas serment à ce dernier. Montboissier, que l'on ne retrouve plus sur l'annuaire dès 1831, fut (peut-être) de ceux-là, ou démissionna-t-il simplement.. Pour sa part le Major Fossa  y aurait consenti puisqu'il parle de son "empressement à concourir à l'établissement du nouvel ordre des choses". Mais, opportunisme ou pas, c'est là une toute autre histoire... Ce que nous devons retenir (comme nous le voyons sur l'état militaire de 1830) c'est que le 23e régiment,  son état major-, le Ier et 2 Bat, participent à cette (euphémique) expédition d'Afrique, et que le 3e bataillon et Fossa sont bien à Gap, . Cet état qui confirme que  le comte de Montboissier en est bien le Colonel, et François de Fossa son Major   fait même apparaître un autre...Montboissier.  C'est Montboissier Beaufort de Canillac (H.H.A.), lieutenant depuis le 20 décembre 1826. Allons bon... mais celui-là qui est-ce au juste, un usurpateur? une erreur typographique? Que nenni. D'abord, éclaircissons les trois initiales en parenthèse (plongée dans la websphère plus fiable (hum!hum!hum!) qu'une boule de cristal: Héraclius Hugues Augustin. Que savons-nous de lui? La pêche web permet de préciser - à qui attend nos précisions-: né à Soisson le Ier mars 1803, frère cadet de Charles Maurice Philippe, nommé le Ier octobre 1822 sous- lieutenant dans le 26 ème régiment de ligne, campagnes de 1823 et 1824 en Catalogne et en Espagne (rappel: comme François de Fossa), passé le 20 décembre 1826 lieutenant au 23° régiment d'infanterie à... Tours, et dont (deuxième rappel) « M. le Cte de Montboissier Beaufort de Canillac (Charles. Mau. Ph), est le colonel et « M. de Fossa (F.de. P. J.R.) », l'un des 3 chefs de bataillon. François de Fossa a donc connu deux frères de Montboissier: Charles Maurice Philippe, l'aîné  et Héraclius Hugues Augustin, son cadet;  il a  19 ans de plus que le premier et 28 de plus que le second, avec un regard qui sait fraternel pour l'un et paternel pour l'autre, malgré magré la rigueur hiérarchique...

Au vu de cette "concurrence" de Montboissier (s), la question peut alors être posée pour savoir quel est le véritable destinataire des Trois quatuors Op. 19,   Il est assez probable (avec Matanya Ophee, Margarita Mazo...) que le dédicataire ait été un mélomane, voire un musicien lui-même. Mais, si, vite, lequel? Le savoir, si on parvient à le savoir, n'ajoutera ni retranchera rien  au chef-d'oeuvre du "Maître de Perpignan" et "Haydn de la Guitare" (reconnu comme tel à Madrid en 1808 ). Se basant  sur le double fait que Richault imprima la partition "around 1825" et que Montboissier «was the commander of the 23ème Regiment de Ligne from 1825 to 1831 and thus, de Fossa's comanding officer at the time these works where published » Maragarita Mazo estime  « This could indicate that the Mss.originate from the years just prior to the Paris publication,i.e.,c.1821-25, when the composer was stationned in Strasbourg and Paris." Mais la musicologue ne s'engage sur aucun prénom.  Ni Charles Maurice Philippe, ni Héraclius Hugues Augustin...Le titre rappelé est bien celui de Comte ("Count"), mais le trouble s'est installé avec le faire part de décès de Charles Maurice Philippe qui l fait très explicitement Marquis. Vers qui nous conduirait cette discrimination nobiliaire, vers le Colonel ou vers son frère le Lieutenant?

Il n'est pas invraisemblable que de Fossa ait dédié l'oeuvre à son Colonel qu'il l'ait fait en remerciement par exemple de ce que grâce a lui, à son intervention bienveillante,  il avait pu devenir Major. En effet le 30 mai 1827, de Fossa écrit au Comte de Montboissier: "Le Major Lucio et moi nous nous sentons plus spécialement portés par nos goûts, lui aux fonctions de chef de bataillon, moi à celles de Major" et il lui demande de favoriser la permutation des responsabilités.  Ce qu'il semble avoir fait, puis que le Ministère y donne le 21 juillet une réponse favorable.  Le Major de Fossa a pu exprimé en conséquence sa reconnaissance et sa gratitude à son supérieur par cette dédicace. Nous sommes au début du deuxième semestre 1827, cette date se rapprochant du "around 1825" de l'édition. Où et quand l'oeuvre fut-elle composée? Strasbourg et Paris,  avance Margarita Mazo. Peut-être, quoique...Mais François de Fossa quitte Strasbourg à la fin du mois d'octobre 1822 pour... Perpignan, puis le 20 avril 1823 quitte avec l'Armées des Pyrénées le  Roussillon pour la Catalogne et l'Espagne d'où il revient en France très exactement (c'est lui même qui en donne la date) le 3 janvier 1825. Alors, ne devrait-on pas ajouter Madrid, à la double hypothèse de Mazo ?

  L'état militaire pour 1822 donne le Comte de Monboissier, lieutenant colonel (depuis 1814)  du 19 ème régiment du Chevalier de Massol et se trouve à... Perpignan. Aurait-il pu y avoir une rencontre des deux hommes à Perpignan? Se sont-ils connus pendant la Campagne d'Espagne dite des Cent Mille Fils de Saint-Louis? Les interrogations demeurent. Dans le cas du oui à la première interrogation, il est bon de rappeler que lors du mariage de Charles Maurice Philippe 10 février 1824, Fossa est alors à Madrid. Les trois quatuors pourraient-ils être vus comme un hommage, cadeau de mariage rétrospectif fait à son Colonel? Mais selon la notice biographique  relative à son frère cadet, Héraclius Hugues Augustin a lui fait la campagne d'Espagne et sera lui aussi dans le même régiment que de Fossa. De sorte que à partir de 1825 et pour plusieurs années les Montboissier et Fossa servent sous le même uniforme: Colonel Montboissier, Chef de Bataillon Fossa, sous-lieutenant Montboissier. Ils sont à Tours. Le frère du colonel se verra promu lieutenant le 20 décembre 1826. Cette promotion méritait-elle d'être fêtée? La dédicace des trois quatuors s'adresse-t-elle à H.H.A et non à Ch. Mau. Ph. Leur régiment est alors à Tours. On ne peut s'autoriser cependant à négliger un fait capital, celui d'une période de bonheur familial et musical  que connaît le Chef de Bataillon, puisqu'il contracte une union conjugale avec Sophie Vautrin, à Strasbourg, le 29 décembre 1825 à, épouse qui lui donne deux enfants dans les deux années qui suivent: Victor et  Cécile, et qu'il voit ses compositions musicales recherchées par des éditeurs parisiens (Richault, bien sûr, mais également Meissonnier). Climat de bonheur qui a pu le montrer "généreux" envers son supérieur hiérarchique, ou envers d'autres collègues militaires de même grade ou inférieur. Pourquoi ne pas supposer également  que les trois quatuors  constituent le "cadeau" que le Major offrit à son Colonel lorsque ce dernier quitta le 23 eme régiment d'infanterie de ligne, sans doute? 

Nous pouvons avoir l'impression au stade présent de notre développement que nous n'avons guère avancé dans notre éclaircissement du dédicataire de l'oeuvre. Et comme nos éventuels lecteurs nous en sommes très attristés, à ceci près, malgré tout que -comme le dit une expression populaire- si ce n'est lui, c'est donc son frère.

 

xxx

 

 

 

 

 

 

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