Au petit bonheur du 6 avril 2018
A l'orée du printemps, les peintres se montrent. Il en est profusion mais aucune loi n'oblige à parler de tous. Et vivent les préférences! Des miennes, j'en ai fait un bouquet pour ce prochain 6 avril 2018. Il vaut ce qu'il faut... Un bouquet...peut-être un tantinet explosif, au vu sa composition. Alors? tu le montres ton bouquet...Patience d'abord, je pars en cueillette à... Bages, Céret, Le Boulou, Perpignan.
CASA CARRERE
BAGES, la cité des Aspres. Après dix ans de bons et loyaux services, on inaugure à la Casa Carrère, une nouvelle décade structurée en deux temps annuels: la (dite) Sant Jordi et -mais en été- "Festi'Bages". Sant Jordi 2018 aura une signature féminine: CAROLINE CAVALIER. Elle arrive précédée d'une belle réputation, d'Opoul-Périllos à Collioure, de Canet (Hopsices) à Saint-Feliu d'Avall (où elle a fixé son atelier)...Elle joue dans la triple catagorie: Peinture, Sculpture, Fresque-Monument et pianote le numérique...On la regarde et suit avec plaisir, immergée dans la mouvance "figuration libre" mais affirmant sa singularité qui est celle d'un humour jamais emprunté ou opportuniste. Elle taquine en outre la vidéo. Autre particularité: elle ne traîne pas avec elle des éléments de langage de star, d'autant qu'elle est taiseuse et ne se perd pas en bavardages. Cette autonomie se respecte. Privilège rare: elle a pu travailler dans le lieu même où elle nous donne à voir ses oeuvres. Casa Carrère, cette drôle de maison à façade de pierres. On ne peut la manquer quelque soit le bout de route par lequel on accède à Bages. A 18 h
ODILE OMS
CERET. Qui ne sait où perche Céret? Qui ne connaît ses résonances artistiques planétaires? Qui peut encore ignorer que s'y tient depuis déjà plusieurs baux, un bastion de la Modernité -peut-être le seul, depuis que l'Institution s'est agenouillée pour baiser l'anneau des cardinaux du balayez-nous des scories qui restent des sixties et seventies. Il vous suffit, une fois rendus dans la capitale du Vallespir, de vous diriger vers la place du Barri, passez un portail d'accès à la vieille cité, et sur votre droite, jouxtant la Médiathèque Ludovic Massé, vous lire galerie Odile Oms. C'est là, rue du Commerce. Pénétrez-y: un événement vous y attend. Un ensemble d'oeuvres d'un des maîtres incontestés de la peinture méridionale, le néfiachois globe-trotter ROGER-COSME ESTEVE, prince du "seny" et de la "rauxa". Vous le connaissez, alors vous y serez ce vendredi 6 avril, mais n'oubliez pas d'inviter quelqu'un qui n'a jamais rien vu de lui, mais qui désespère dans l'attente de rencontrer quelqu'un qui dans son expression présente de l'attaque et de la défense. Jusqu'au 18 mai. En marge du vernissage à partir 18 h sera présenté un livre de JEAN-MICHEL COLLET avec le peintre, publié par VOIX édition.
E.D.A.
LE BOULOU. Quand Casanova, fuyard d'Espagne, s'y arrêta pour déjeuner, quand Sirine, le futur Wladimir Nabokov y déposa sa valise pour chasser le papillon avant de déguerpir parce que, une fille du pays, la tramontane, envoyât paître ses filets, quand Dominique Fernandez, le grand amoureux de Vienne et de Séville, préférant les bords du Tech, à ceux du Danube ou du Quadalquivir, s'y met au vert, la cité imaginait-elle qu'elle pourrait se doter d'un Espace des Arts, cet E.D.A. qui depuis des années maintenant s'est rangé du côté de l'exposition-promotion d'un art de qualité, qu'il soit ou pas du cru ou pas. Et, ce 6 avril, quoi? Salles et cimaises au service d'une artiste peu connue qui mérite d'être connue -ce n'est pas une formule facile ni un cachet marketing. Un artiste qui se montre et qui se cache, dont on ne sait à vrai dire si c'est la lune ou le soleil qui l'éclipse. Une artiste qui ne parade pas, qui n'attend pas la louange...mais qui nous retient quand elle se livre à corps et coeur nus, qu'elle expérimente, qu'elle revendique. C'est BRIGITTE CAILLEAU. Un peintre avec des secrets de communication. Créative et pédagogique. Elle partage son lieu d'exposition avec NATHALIE MAUREL. Vernissage à 18 h. Exposition visible E.D.A, place des écoles, jusqu'au 5 mai.
TORCATIS
PERPIGNAN. Soyons précis: dans l'un des endroits culturels les plus accueillants et dynamiques, nous disons: la Librairie Coste Torcatis, de cette rue Mailly entrée dans légende piétonne puisqu'elle fut la première voie urbaine déclarée piétonne. C'est ainsi, Torcatis, c'est plus qu'une boutique, c'est comme un centre culturel. Evénement donc que ce prochain 6 avril avec une pléiade de propositions, au coeur desquelles rayonne le photographe JACQUES SAÏS, en couple avec un plasticien et trois poètes. Le plasticien: JOSEPH MAURESO avec lequel il compose "LA CAPTURE DE CE QUI S'OFFRE". Travail dont l'originalité est de faire vaciller nos ordinaires théories du regard. En couple aussi avec les poètes SERGE BONNERY "Bord de fleuve, le sor", ALAIN FREIXE "L'effaré de la chesnaie", DIDIER MANYAC "Les terres mouillées", tous livres d'artistes sortant dans la collection "Les Cahiers du Museur" d'Alain Freixe. Ce dernier a fait appel au peintre Mauréso pour son texte "Quand le chien fuit". Une pluie inédite d'ouvrages d'artistes. Présence souhaitée le vendredi 6 avril à 18 h. Exposition jusqu'au 28 avril.
Alors, le bouquet, comment vous le trouvez? On pourrait l'appeler bonheur, hein!
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