Il faut s'y résoudre. Ce sont les Comelades et pas seulement depuis hier qui règnent dans l'ancien (et très lointain, lointain,lointain) royaume de Majorque. Les Comelades, entendez bien Eliane et Pascal. La mère et son fils -cadet- pour être exact. Tous deux  mais séparément élèvent dans des dominions différents et maintiennent au plus haut la création catalane. La maman dans la cuisine, le fiston dans la musique. A chacun sa partition, car les deux exhalent à qui leur fait confiance des "contentements" de convivialité et de fête. Les livres d'Eliane Comelade (ou Thibaut Comelade) ne se comptent plus, ni les voisinages de palais entretenus avec des grands de l'écriture tout court. Un rappel suffira: Manuel Vasquez Montalban. Son oeuvre est tellement monumentale et collective que l'on vient de juger injurieux de ne pas lui octroyer la Creu de Sant Jordi -la très haut distinction de reconnaissance par la Generalitat de CatalunyaCatalunya. Il en aura fallu du temps à ces fines fourchettes mais encore plus lestes couteaux de la catalanité pour s'accorder sur ses mérites, ses trouvailles, ses relances et son nom. Hasard du calendrier, maman Eliane se voit décorée la semaine même où le petit Pascal -et, oh! il a grandi depuis...et bien grandi, le petit, vise sa discographie et ce magnifique "Discobole" réalisé par son ami Jean Casagran..Alors quoi le petit Pascal? -Et bien, il sort son dernier opus à Céret ce 26 avril chez Maria Dos. Cet opus fait partie d'un dominion particulier exploré par l'infatigable Pascal Comelade que bien peu de gens réduisent aujourd'hui encore ces "quelques gamineries orchestrales" comme nous en avons de nos oreilles, oui de nos propres oreilles, recueilli la sentence. Ce dominion est transversal, c'est celui d'une collaboration avec d'autres représentants de la création et des "leaders" dans leur propre domaine. Ainsi le poète performer scénique Enric Casassas (complice de très longue date en fait) et le plasticien installateur Perejaume. Ce travail à trois, évitons de le nommer en trio, il va bien au-delà de ce genre de tarte à la crème ou bunyeta de saison. Que l'on gard en mémoire l'une des  plus récentes collaborations de l'auteur de L'Argot du bruit  avec le poète Jordi Pere Cerdà et le peintre Patrick Loste. Voilà, nos deux Comelade, ce sont des bosseurs. Telle mère, tel fils. Elle, elle nous entraîne par les papilles -et pas uniquement celles de l'érudition- vers le moyen-âge et nous fait faire (langues et lèvres en goguette de saveurs) le tour des pays Catalans et de la Méditerranée. Lui, seul ou avec son bataclam amical, il fait un pont entre les vibrations et les mélodies d'hier et celles d'aujourd'hui en nous ouvrant les fenêtres par où arrivent notes, rythmes, joies et... nostalgies à venir. De Perpignan à Vernet les Bains, de Vernet les Bains à Céret, de Montpellier à Barcelone, et de Barcelone à Tokyo, en passant par Paris, s'écrit la saga des bienfaits de la dynastie Comelade. Qui pourrait se plaindre du Comelade's Kingdom? Seuls, peut-être celles et ceux, que le sort a privé des "desserts" de la vie: la gastronomie et la musique.
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