Christophe Massé, il est bon de le porter à la connaissance de celles et ceux qui, en littérature, ne s'intéressent, chez nous, qu'à l'actualité littéraire d'un Cali ou d'un Musso (nous éloignons volontairement Houellebecq) est aussi écrivain et vient de voir son dernier ouvrage publié. Son titre "Sur la Terre des Cardinaux".  Ne nous laissez induire en erreur sur des chemins de pèlerinage qui ne sont pas ceux de l'auteur. Christophe Massé, Massé The Third ( à la suite de Ludovic et Claude) est tombé dans le plus tendre de son âge en grâce artistique. Double: littéraire et picturale. Belle manière d'entrer dans une conscience du monde par le verbe et la touche de couleur. Il n'a cessé, d'apprentissage en épanouissement, de la développer, approfondir, diversifier,... se moquant d'un quelconque territoire conceptuel (et national complète l'écho) à investir en priorité. La liberté, la respiration à pleins poumons.

Le peintre, depuis plusieurs années établi en Aquitaine où il se consacre à la défense des arts et des livres, s'est rappelé, l'an dernier, au public de son département natal, par une exposition en solo à Thuir et une autre croisée avec Joseph Mauréso à Ille-sur-Têt, et en faisant une entrée remarquée dans le catalogue Rigaud de l'exposition Raoul Dufy à Perpignan, y prenant la défense de son père, ami du peintre. Christophe Massé plasticien, on ne devrait pas trop tarder à ce qui peut s'entendre ici ou l) à le retrouver sur des cimaises locales.

L'écrivain -dont la plume a signé une trentaine de titres-est plus secret, intime. Il faut aller le chercher (comme nous le dit l'un de ses anciens proches) mais il ne se donne tout à fait qu'à quelques frères d'armes et de quête. Poète, romancier, essayiste, épistolier, diariste. Son étoffe est celle du Lazarillo de Tormes ou d'un Lucky Luke, un cousin de proche degré d'un Rimbaud ou d'un Kérouac... Toujours (souvent, souvent!) en marche, on the road, d'un lieu à l'autre, arpenteur d'un possible. Vite dit: On le croit à Formentera, il est en Lituanie. Et il en revient des récits et des images plein les poches. Un picaro punk du XXI° s, épris d'amour de la vie, et de rencontres humaines (l'exact contraire de "mondaines"), qui promène un miroir à travers le monde qui n'est pas (toi, près du poêle, tais-toi)  à son beau fixe, et à l'intérieur de lui-même: balançant entre appétit et lassitude, entre doute et enthousiasme...

Miroir de raison et d'émotion, cette raison qui, écornée, peut porter à la colère et à ses néfastes brûlures; cette émotion qui peut être éblouissement et ravissement. Miroir sur lequel la saison ou le lieu, l'ami ou l'adversaire, la résidence ou l'exil,  projette son image. Un long récit, des images: sentiments gravés. Comme un monument sur un parcours... "Sur la Terre des Cardinaux" (300 pages) est un livre qui a de l'attaque et de la défense (pour plagier Nougaro), courageusement édité par VoixEditions de Richard Meier (Mas d'Avll-Elne). C'est le sixième titre de Christophe Massé sur le catalogue aux noms prestigieux de cet éditeur.  Le slivres précédents sont Vie Sordide (1981), L’Écorce des Sentiments (1992), Un jour les tortues ne reviendront plus à Zante (2001), Formentera song (2006), Sous Les Yeux Horribles des Pontons (2008)

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Julien Cabeton

LaLuette, galerie d'Art à Bordeaux  (chère au coeur de Christophe Massé),  présente en ce mois d'avril une exposition de dessins et peintures de Julien Cabaton. Ce peintre singulier pratique aussi bien l'abstrait que le figuratif. Il travaille principalement les natures mortes et les portraits. Il aime diversifier les techniques, le couteau, la peinture acrylique, l’huile, l'éponge. Son actuel accrochage a pour thème Eponges. Julien Cabaton exprime à travers ses œuvres son imagination, sa mémoire, sa solitude et ses sentiments.

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VUPP...vous avez dit VUPP

Puisque nous sommes à...Bordeaux restons-y encore quelques minutes pour faire savoir que le quatrième numéro de VUPP est sorti, disponible sur le net en librairie. Mais allez vous dire qu'est-ce que ce VUPP...j'ai du moi aussi interroher le champollion de nos sigles et je suis en mesure de vous dire que cela signifierait "vu à travers les fissures des murailles". Je sais, ça ne vous fait guère progresser. Alors sachez qu'à l'origine ces quatre lettres désignait un atelier de recherche (high tech des neurones-pourrait-on dire ) de l'Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux. Une initiative à laquelle avait participé un "passant" de l'école d'Art de Perpignan, Jean Calens, devenu artiste penseur et enseignant à l'école de Bordeaux. Entre 2015 et 2017 furent édités  trois Cahiers du VUPP. L'atelier (résidences, travail in situ...) s'est transformé en association dont ce 4ème cahier est sa première publication avec ouverture à de nombreux contributeurs sur des sujets divers inspirés ou revisités par la théorie critique (par exemple d'un Adorno ou d'un Benjamin). Le présent sommaire est très fourni . Sous le titre "Carl Einstein et la Guerre d'espagne", on a l'occasion de lire dans une traduction de l'espagnol en français par la roussillonnaise Marie-Jeanne Irmann de l’entretien de Carl Einstein (1856-1940) avec le journaliste Sebastia Gasch, imprimé en 1938 dans la revue Barcelonaise Meridià (consacrée à l’art, la politique et la littérature)

Voici un fragment de cet entretien (...)" Pour commencer, voulez-vous nous dire quelques mots sur Miro et Dali, deux peintres catalans  renommés ?-Miro est un peintre très catalan surtout pour les couleurs de ses toiles, un catalan primaire mais  quelquefois  il  rate  son  coup  pour  avoir  produit  des  œuvres  qui  sont  plus  des  projets  de  peinture que des tableaux. C’est que le rêve est trop  limité.  Surtout  devant  la  violence  des  faits  actuels.  Devant  la  concurrence  sérieuse  de  ces  faits, les peintres comme lui perdent souvent la partie. Cependant, Miro est le jeune qui a le plus de talents de sa génération.- Et Dali ?- Carte postale de 1860, répond rapidement Einstein. Dali et les siens explorent des antiquités  idéologiques,  comme  Freud  ce  vieux romantique. Ils font une peinture pédante, d’un académisme  faussement  révolutionnaire,  qui exploite  une  constellation.  Évidemment,  une révolte strictement esthétique est insuffisante. Ils cherchent la nouveauté, autrement archaïque, et ils finissent par se limiter eux-mêmes, continuellement. Dali fait toujours du Dali" (...)

VUPP dans sa dernière livraison est coordonné par Jean Calens et bénéficie de la création graphique de son fils Oriol Calens.

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