Duo CHATELAIN pour FOSSA
Et bien, non, ce n'est pas encore la fin de François de Fossa. Les vibrations des cordes de ce guitariste tiennent bon et gagnent en interprètes comme en public. Notamment, dans son département natal des Pyrénées-Orientales. Què, département natal? Mais ce gars, à consulter les fiches qui le concernent et qui errent à travers la websphère, vit le jour à Perpignan, le 31 août 1775, et en ce temps -agite un peu les numéros de ta mémoire somnolente- il n'y avait point de... département des P.O. mais une province de... Roussillon. Le département sera accouché plus tard par loi du 22 décembre 1789 et à cette date, François avait déjà 14 ans. Bon, passons, ne pinaillons pas au nom de l'exactitude historique. D'ailleurs qu'est-ce que ça change à la réalité d'aujourd'hui, à l'engouement de nos contemporains pour ce...comment dire...maître préromantique, tout en discrétion et en conscience. Éloigné des salons. Mûrissant art et technique, composition et pratique à l'ombre des casernes de Mexique, d'Espagne et de France, puisque notre ci-devant portait l'habit militaire avec quelques galons. Tellement en discrétion, qu'il serait au fin fond des oubliettes (des autodidactes, des amateurs, des invisibles et, naturellement, des inaudibles) si un certain Matanya Ophee-musicologue bienfaiteur d'outre-Atlantique- ne l'avait découvert et donné vie à son corps en partitions, les ouvrant au fil des ans sur nombre de pupitres solo, duo, trio ou quatuor. De précieuses partitions nouvellement imprimées (et dont la récollection n'est sans doute pas terminée). Bon, oui! Mais encore: Du neuf -ou la rengaine? N'est-ce pas une fois encore le même couplet François de Fossa? Bien que l'on incline dans la communauté locale à le prénommer François de Paule. Ce qui n'est pas une erreur, au vu de l'état-civil mais qui n'apparaît guère dans l'usage épistolier familial ou administratif que le page comme le Chef d'Escadron Fossa faisait de son prénom. Soit, soit...mais cela ce n'est que de la broutille biographique, de la digression anecdotique. C'est le musicien qui nous intéresse. N'est-ce pas ce musicien qui était annoncé en ouverture de ce texte qui bascule dans le laïus mal vertébré? Oui, toujours le même couplet... et que je te mette en exergue "le Haydn de la guitare", comme si c'était une Victoire de la musique, un Grammy Award mais dont on ignore la source...et que je te le flanque d'un côté de ce Dionisio Aguado - son "amigo" dont il traduisit une "Méthode de Guitare" et de ce Fernando Sor qu'il connut et admira à le considérer "presqu'inimitable". Comme s'il était encore nécessaire de lui greffer ses deux grandes ailes hispaniques pour que notre compositeur perpignanais prenne la bonne hauteur pour nous scotcher de respect? Fossa n'a nul besoin d'ailes ni de béquilles, mais d'interprètes qui l'honorent. Chaque jour plus nombreux et nombreuses. En provenance d'écoles ou héritiers de traditions différentes mais qui trouvent dans l'écriture de Fossa ces attraits et ces difficultés auxquelles tout virtuose cherche à s'affronter? Les noms d'Alexandre Lagoya et Ida Presti ne vous disent-ils rien? Ah, si! Leur présence radiophonique ne vous a-t-elle pas, enfant, adolescent, quelque peu éduqué l'oreille aux subtilités des sons de guitare? C'est sûr! Souvenirs! Souvenirs? Mais, ils ne purent jouer du Fossa... puisqu'ils ne le connaissaient pas. Ce n'est pas le cas de certains de leurs élèves . Ce n'est pas le cas, par exemple, du Duo Chatelain qui va rendre Hommage à François de Fossa à la Maison de l'Etudiant de l'UPVD (Université de Perpignan) ce prochain mardi 22 mars 2016 à partir de 20 h 30. Un concert qui s'inscrit dans le Cycle Guitares du Monde. L'entrée en sera libre et gratuite. Le duo formé par Sophie et Yves Chatelain, deux solides professeurs de musique et interprètes au riche et couronné répertoire, date de 1980. Leur incursion digitale en terre sonore de François de Fossa est attendue comme un grand événement.
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