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Met Barran
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21 octobre 2008

LES CULTURES SELON APPIAH

Communiquées par Félix DALIQUANTE (Béziers-NordBéziers-Nord) une série de citations empruntées à M. KWAME ANTHONY APPIAH*- "parce qu'elles font du bien". En effet, ce qui vaut pour le monde doit valoir aussi pour notre strapontin géographique, pyrénéo-méditerranéen.

"Les cultures sont faites de continuité et de changements, et l'identité d'une société peut survivre à ces changements. Les sociétés qui n'évoluent pas ne sont pas authentiques. Elles sont tout simplement mortes".

"Les cultures vivantes ne passent pas d'un état de pureté à un état de contamination. Elles évoluent progressivement d'un syncrétisme à un autre syncrétisme, un processus qui se produit généralement en marge des règles et des dirigeants, dans la conversation qui s'établit de part et d'autre des frontières culturelles".

"Nul doute qu'il peut y avoir une utopie facile et fallacieuse du "mélange" comme il en existe une de la "pureté" et de l'"authenticité". Pourtant la vérité humaine est du côté de la contamination."

"Ils [les cosmopolistes] ont la modestie de penser qu'ils peuvent apprendre des étrangers; et l'immodestie de penser que les étrangers peuvent apprendre d'eux."

La "contamination" est vue par APPIAH comme le contre-idéal de la "pureté culturelle" soutenue par les partisans de la culture authentique. C'est par le terme de "contamination" qu'étaient qualifiées les pièces de l'écrivain Térence (début ICI° siècle avant J.-.C.) par les lettrés de Rome parce que ses oeuvres s'inspiraient très librement d'anciennes pièces grecques. C'est, d'ailleurs, dans une pièce de notre Publius Terentius Afer, pièce au titre imprononçable si l'on ne prend pas la précaution d'inspirer très fortement avant de le dire -ou de l'écrire: "HEAUTONTIMOROUMENOS"** que l'on trouve cette règle d'or du cosmopolitisme selon APPIAH: Je suis humain et rien de ce qui est humain ne m'est étranger ("Humo sun : humani nil a me alienum puto").

* Philosophe anglo-ghanéen. Les citations sont empruntées à la version française d'un texte (publié par le New York Times) paru dans Courrier international du 27 avril 2006.

**  Ce terme signifierait (faisons crédit aux spécialistes): le bourreau de soi-même.

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